Décharge 2010: Entreprise commune Piles à combustible et Hydrogène
OBJECTIF : présentation du rapport de la Cour des Comptes de l'Union européenne sur les comptes annuels de l'entreprise commune « Piles à combustible et Hydrogène », accompagné des réponses de l'entreprise commune.
CONTENU : conformément aux tâches et objectifs conférés à la Cour des comptes par le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, celle-ci fournit dans le cadre de la procédure de décharge, tant au Parlement européen qu'au Conseil, une déclaration d'assurance concernant la fiabilité des comptes, ainsi que la légalité et la régularité des opérations sous-jacentes de chaque institution, organe ou agence de l'UE, sur base d'un audit externe indépendant.
Cet audit a également porté sur les comptes annuels de l'entreprise commune « Piles à combustible et Hydrogène ».
Á l'issue de cet audit, la Cour estime que les comptes annuels de l'entreprise commune « Piles à combustible et Hydrogène » présentent fidèlement la situation financière de celle-ci au 31 décembre 2010, ainsi que les résultats de ses opérations et les flux de trésorerie pour l'exercice clos à cette date, conformément aux dispositions de son règlement financier.
Elle estime également que les opérations sous-jacentes aux comptes annuels de l'entreprise relatifs à l'exercice clos le 31 décembre 2010 sont légales et régulières dans tous leurs aspects significatifs.
Le rapport confirme encore que la contribution de l'UE à lentreprise commune, qui couvre les frais de fonctionnement et les activités de recherche, sélève à 470 millions EUR, à prélever sur le budget du 7ème programme-cadre de recherche ; la part de ce montant affectée aux dépenses de fonctionnement ne peut excéder 20 millions EUR. Le groupement industriel prend en charge 50% des dépenses de fonctionnement (soit 10 millions EUR au maximum) et finance les activités de recherche par des contributions en nature dune valeur au moins équivalente à la contribution financière de lUE.
Le rapport comporte parallèlement une série d'observations sur la gestion budgétaire et financière de l'entreprise commune, accompagnées des réponses de cette dernière. Les principales observations peuvent se résumer comme suit :
Observations de la Cour :
- Autonomie financière retardée : la Cour estime que le délai de 28 mois entre la date dentrée en vigueur du règlement du Conseil et lobtention de lautonomie financière le 15 novembre 2010 est excessif En raison de cette autonomie financière tardive, tous les paiements opérationnels en faveur des bénéficiaires ont été effectués au cours des six dernières semaines de 2010 ;
- Systèmes de contrôle interne : fin 2010, les processus opérationnels sous-jacents navaient pas encore été formalisés ni validés par le comptable, ce qui est contraire à la réglementation financière de lentreprise commune. Lexamen partiel des contrôles informatiques a montré que lentreprise commune dispose, compte tenu de sa taille et de sa mission, dun niveau de gouvernance et de pratique informatique approprié mais que la formalisation des politiques et des procédures de contrôle accuse toutefois un retard dans certains domaines ;
- Absence daccord de siège : un accord de siège doit être conclu entre celle-ci et la Belgique en ce qui concerne les bureaux, les privilèges et immunités et les autres éléments à fournir par ce pays. Or, aucun accord de ce type navait été conclu fin 2010.
Réponses de l'entreprise commune :
- Exécution budgétaire : lentreprise commune indique partager lavis de la Cour. Cependant, elle précise quelle a pris toutes les mesures nécessaires en vue de son autonomie (par exemple, un rapport dévaluation de létat de préparation prouvant le respect des critères de lautonomie a été présenté à la Commission dans les délais), et, dès lors, loctroi tardif de lautonomie a résulté dévénements indépendants de sa volonté. Si les paiements opérationnels pour 2010 nont été effectués quau cours des dernières semaines de 2010, ce nest pas en conséquence de cette autonomie financière tardive, mais parce que les conditions opérationnelles et financières pour réaliser ces paiements nétaient pas réunies quà ce moment-là ;
- Audits : la Commission et lentreprise commune ont pris des mesures pour garantir que les rôles respectifs du service daudit interne (SAI) de la Commission et de la fonction daudit interne (FAI) de lentreprise interne soient clairement définis. Lentreprise commune estime quil nest pas nécessaire de modifier son règlement financier. Néanmoins, lorsque le processus de révision du règlement financier cadre, actuellement en cours, sera terminé, elle évaluera sil est nécessaire et approprié de modifier son propre règlement financier sur ces aspects ;
- Siège : lentreprise commune a de nouveau contacté les autorités belges au début de juin 2011 pour finaliser un texte acceptable sur la base de la proposition belge et des commentaires de la Commission.
Enfin, le rapport de la Cour des comptes reprend un résumé des activités de l'entreprise commune en 2010. Les tâches principales de cette entreprise commune ont consisté à :
- revoir le plan de mise en uvre pluriannuel lancée en novembre 2010, l'accent étant mis sur lactualisation des objectifs et priorités du programme ;
- létablissement de priorités en matière de R&D et de sélection des thèmes pour les appels à propositions en 2010 avec un financement de lentreprise commune dun montant indicatif de 89,1 millions EUR ;
- la publication dun lappel à propositions 2010, en juin et lévaluation de la liste des projets ;
- le développement de la coopération internationale avec les partenaires principaux (États-Unis, Japon et Corée) ;
- léchange dinformations avec les États membres et les pays associés (sessions dinformation) ;
- la coopération avec les régions d'Europe (via HyRaMP) et le Centre commun de recherche (CCR) dans le cadre de projets et de programmes.