Instrument de financement de la coopération au développement: mesures d'accompagnement du secteur de la banane
OBJECTIF : modifier le règlement (CE) n° 1905/2006 établissant un instrument de financement de la coopération au développement, en vue de soutenir les principaux pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) exportateurs de bananes.
ACTE LÉGISLATIF : Règlement (UE) n° 1341/2011 du Parlement européen et du Conseil modifiant le règlement (CE) n° 1905/2006 portant établissement dun instrument de financement de la coopération au développement.
CONTEXTE : sachant que la politique de lUnion dans le domaine du développement a pour but la réduction et, à terme, léradication de la pauvreté, celle-ci sest engagée à favoriser lintégration harmonieuse et graduelle des pays en développement dans léconomie mondiale en vue de parvenir à un développement durable.
Toutefois pour y parvenir, les principaux pays ACP exportateurs de bananes peuvent être confrontés à des défis dans un contexte dévolution des accords commerciaux, notamment la libéralisation du tarif de la «nation la plus favorisée» (NPF) dans le cadre de lOMC et des accords bilatéraux et régionaux conclus, ou en voie de conclusion, entre lUnion et des pays dAmérique latine. Par conséquent, un programme de mesures daccompagnement des pays ACP dans le secteur de la banane (le «programme MAB») devrait être ajouté au règlement (CE) n° 1905/2006 du Parlement européen et du Conseil, dans le cadre de la coopération au développement pour aider ces pays à sadapter au processus de libéralisation du marché de la banane de lUnion dans le cadre de lOMC.
Cest lobjet de la présente révision de règlement.
CONTENU : avec le présent règlement modificatif, adopté à lissue dun accord obtenu en conciliation, il est prévu de faire bénéficier un certain nombre de pays ACP ci-après, fournisseurs de bananes, dun programme de mesures daccompagnement dans le secteur de la banane.
Pays concernés : les pays éligibles sont les suivants :
- Belize,
- Cameroun,
- Côte dIvoire,
- Dominique,
- République dominicaine,
- Ghana,
- Jamaïque,
- Sainte-Lucie,
- Saint-Vincent-et-les-Grenadines,
- Suriname.
Objectifs du MAB : les mesures dassistance financière à adopter dans le cadre du programme MAB visent à améliorer le niveau de vie et les conditions de vie des populations établies dans les zones de culture bananière et vivant des chaînes de valeur du secteur de la banane, spécialement des petits agriculteurs et des petites entités, ainsi quà assurer le respect des normes de santé et de sécurité au travail, et des normes environnementales, notamment de celles relatives à lutilisation et à lexposition aux pesticides.
Plus spécifiquement, laide de lUnion visera à :
- favoriser le processus dadaptation à la suite de la libéralisation du marché de la banane de lUnion dans le cadre de lOMC;
- lutter contre la pauvreté en améliorant le niveau de vie et les conditions de vie des agriculteurs et des personnes concernées.
Ces mesures visent donc à soutenir ladaptation et à inclure, si nécessaire, la réorganisation des secteurs tributaires des exportations de bananes vers lUnion européenne par une aide budgétaire sectorielle ou des interventions spécifiques à des projets.
Domaines de coopération : laide de lUnion tiendra compte des politiques et stratégies dadaptation des pays concernés, de même que de leur environnement régional (en termes de proximité avec des régions ultrapériphériques de lUnion et des pays et territoires doutre-mer) et portera sur un ou plusieurs des domaines de coopération suivants:
- prise en compte des effets de portée générale du processus dadaptation, en particulier dans les communautés locales et dans les groupes les plus vulnérables au sein de ces communautés, liés, sans y être limités, à lemploi et aux services sociaux, à lexploitation des sols et à la restauration de lenvironnement;
- promotion de la diversification économique des zones tributaires de la banane;
- amélioration de la compétitivité du secteur de lexportation de bananes, dans les cas où une telle démarche est durable.
Mise en uvre de laide : laide de lUnion sera mise en uvre par lintermédiaire des programmes géographiques et thématiques tels que prévus dans le cadre de lICD. La Commission adoptera en particulier des stratégies dassistance pluriannuelles en veillant à compléter les documents de stratégie géographique des pays concernés. Des dispositions sont prévues pour définir les critères et le cadre applicables aux stratégies dassistance pluriannuelles à prévoir pour chaque pays concerné.
Conditionnalité du programme et aspect temporaire de la mesure : le programme MAB accompagnera le processus dadaptation dans les pays ACP qui ont exporté des volumes importants de bananes vers lUnion au cours des dernières années et qui sont susceptibles dêtre touchés par la libéralisation des échanges dans le cadre de laccord de Genève sur le commerce des bananes et à la suite des accords bilatéraux et régionaux conclus, ou en voie de conclusion, entre lUnion et certains pays dAmérique latine.
Le programme MAB est conforme aux obligations internationales de lUnion dans le cadre de lOMC, et revêt par conséquent une nature temporaire, dune durée de trois ans (2011-2013).
Des dispositions sont ainsi prévues pour fixer les critères doctroi de laide : laide sera octroyée en fonction des 3 critères principaux suivants :
- volume des échanges de bananes avec lUnion : selon ce critère, des importations plus élevées dans lUnion en provenance du pays ACP concerné auront des effets positifs sur laffectation ;
- limportance des exportations de bananes vers lUnion dans léconomie : ce critère sera mesuré en prenant la valeur des importations de bananes de lUnion en provenance de chaque pays bénéficiaire éligible en pourcentage du revenu national brut (RNB) du pays au cours des 3 années antérieures à 2010 ;
- le niveau de développement : selon ce critère, des niveaux plus faibles de développement tels que déterminés par lindicateur de développement humain (IDH) des Nations unies dans le pays ACP concerné auront des effets positifs sur laffectation.
Affectations indicatives de laide par pays : dans une déclaration unilatérale annexée au règlement, la Commission confirme que, pour déterminer les affectations indicatives par pays, elle appliquera, d'une manière objective et uniforme, une méthode tenant compte de l'importance du secteur de la banane dans chaque pays bénéficiaire éligible et de la situation réelle du pays concerné en matière de développement (voir critères doctroi de laide ci-avant). En tout état de cause, le niveau de développement relatif sera pris en compte pour moduler les affectations en faveur des pays qui enregistrent des niveaux de développement plus faibles.
Dispositions financières : le MAB sera doté dune enveloppe financière de 190 millions EUR jusque 2013.
Cohérence et complémentarité : la Commission veillera à la coordination effective de ce programme avec les programmes indicatifs régionaux et nationaux en uvre dans les pays bénéficiaires, en particulier en ce qui concerne la réalisation des objectifs en matière économique, agricole, sociale et environnementale.
ENTRÉE EN VIGUEUR : 31.12.2011.
ACTES DÉLÉGUÉS : un certain nombre de modifications ont fait lobjet dintenses discussions dans le cadre du comité de conciliation sur la question de l'étendue des pouvoirs conférés à la Commission dans le cadre de la mise en uvre du présent programme. Á cet égard, une déclaration bilatérale a été insérée dans le règlement modifié précisant globalement, quà compter de la prochaine période de programmation les futurs instruments de financement de l'aide extérieure devront faire appel aux actes délégués afin de permettre une gestion plus flexible des politiques pendant la période de financement, tout en respectant les prérogatives des deux autorités législatives (Parlement et Conseil). La Commission précise notamment, que dans un souci damélioration du contrôle démocratique de l'aide extérieure, il sera recouru -pour la prochaine période de programmation- aux actes délégués, conformément à l'article 290 du traité, pour certains aspects des programmes, ce qui non seulement mettra les co-législateurs sur un pied d'égalité mais permettra aussi une plus grande souplesse dans la programmation (voir sur ce point la communication de la Commission intitulée "Un budget pour la stratégie Europe 2020").