Petites et moyennes entreprises (PME): compétitivité et perspectives commerciales
OBJECTIF : proposer une nouvelle politique industrielle destinée à renforcer la compétitivité.
CONTEXTE : la reprise économique dans lUE à la suite de la crise a été relativement lente et reste fragile. La productivité de la main-duvre de lUE a augmenté de 1,4% par rapport au pic observé en 2008, mais le nombre demplois dans lindustrie et les services connexes est inférieur de 11% au niveau enregistré à cette date. Il convient donc de relancer léconomie et dencourager une plus forte croissance afin de créer des emplois et de la richesse, ce qui est également essentiel pour assainir durablement les finances publiques des États membres.
La compétitivité des entreprises, quelle que soit leur taille, est lun des principaux moteurs dune forte croissance économique, laquelle requiert un environnement favorable aux idées et aux entreprises nouvelles.
Dans le cadre de la stratégie «Europe 2020», la Commission a lancé, une nouvelle politique industrielle ambitieuse qui a mis en lumière les mesures nécessaires pour renforcer lattractivité de lEurope en tant que lieu dinvestissement et de production, y compris lengagement de surveiller les politiques de compétitivité des États membres.
La présente communication identifie les domaines dans lesquels il convient de faire des progrès sensibles sur la voie des objectifs de la stratégie «Europe 2020», à savoir:
1. les mutations structurelles de léconomie;
2. la capacité dinnovation des entreprises;
3. la durabilité et lefficacité des ressources;
4. lenvironnement des entreprises;
5. le marché unique ;
6. les petites et moyennes entreprises (PME).
La présente communication est une nouvelle initiative annuelle qui porte spécialement sur la compétitivité des États membres. Elle contribuera également à lévaluation des États membres dans le cadre plus vaste et nouveau du Semestre européen et de la stratégie Europe 2020.
CONTENU : la présente communication met en évidence le fait que les États membres doivent mettre en uvre des politiques industrielles cohérentes et coordonnées, ainsi que des mutations structurelles profondes, pour obtenir une croissance durable et relancer léconomie.
Des effets sensibles peuvent être obtenus en facilitant le changement, en encourageant linnovation, en favorisant la durabilité, en améliorant lenvironnement des entreprises et en tirant avantage du marché unique.
En coordonnant mieux les politiques nationales, il est possible de regrouper des moyens financiers limités afin dencourager linnovation et la croissance en période daustérité budgétaire. Au niveau de lUE, la proposition de la Commission relative au cadre financier pluriannuel a été conçue pour définir ces objectifs par ordre de priorité, lobjectif étant de renforcer la capacité de lUE à investir dans linnovation industrielle en réduisant la fragmentation, en simplifiant les règles applicables aux bénéficiaires et en mettant laccent sur la commercialisation des innovations.
Parallèlement, la Commission propose un cadre général daction pour favoriser la compétitivité dans le contexte dune politique industrielle renouvelée, sur la base dune approche cohérente.
Les principales caractéristiques de cette approche peuvent se résumer comme suit :
1) Mutations industrielles : létude des changements à long terme intervenus dans les structures industrielles des États membres durant la période 1999-2007 montre que des voies très différentes ont été suivies pour tendre vers des entreprises aux technologies et aux compétences plus pointues, qui se caractérisent généralement par une plus forte croissance de la productivité et dont les prix ont généralement moins souffert de la concurrence mondiale.
1. Dans le 1er groupe de pays : pays à fort développement industriel et ayant développé un important secteur technologique, à forte intensité dinnovation et déducation : Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Irlande, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni ;
2. Le 2ème groupe : pays dont la spécialisation industrielle concerne des secteurs moins avancés sur le plan technologique, malgré la présence de certaines industries très compétitives : Chypre, Grèce, Italie, Luxembourg, Portugal et Espagne ;
3. Le 3ème groupe : pays ayant rattrapé leur retard en termes de PIB par habitant et dont la spécialisation commerciale concerne les secteurs à forte intensité dinnovation et les industries axées sur les technologies ; pays ayant réussi une mutation structurelle, passant dindustries à forte intensité de main-duvre à des industries axées sur les technologies : République tchèque, Hongrie, Malte, Pologne, Slovaquie et Slovénie ;
4. Les pays du 4ème groupe : pays en phase de rattrapage, mais dont la spécialisation commerciale concerne des secteurs moins avancés sur le plan technologique : Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie et Roumanie.
Pour renforcer la compétitivité, il est nécessaire dévoluer vers des secteurs innovateurs à forte intensité de connaissances et de prendre des mesures déterminantes pour faciliter les mutations en améliorant la régulation du marché, en favorisant linnovation et en investissant dans léducation et la formation tout au long de la vie.
2) Industrie innovatrice : bien que de nombreux États membres aient pris des mesures visant à intensifier leur aide à la recherche et à linnovation pour exploiter au mieux les ressources limitées dont ils disposent, il conviendrait de réduire encore la fragmentation des dispositifs daide. Au nombre des mesures largement utilisées figurent les dispositifs de prêts destinés aux investissements technologiques, laccès à des moyens financiers visant les technologies génériques essentielles et les subventions à la modernisation des technologies. La Commission estime dès lors quil convient de renforcer la coordination et de regrouper les ressources nationales afin de mobiliser celles-ci autour dobjectifs communs.
Elle propose notamment de :
- regrouper les ressources rares afin de contribuer à atteindre une masse critique en matière de commercialisation de linnovation ; améliorer la coopération dans le domaine de linnovation afin de créer des projets de démonstration et des infrastructures dessais pilotes à grande échelle ;
- réduire la fragmentation des systèmes daide à linnovation; faciliter la commercialisation de solutions innovatrices ; améliorer les perspectives commerciales des projets de recherche.
3) Industrie durable : globalement, les États membres ont réalisé de gros progrès dans la définition et la mise en uvre de cadres législatifs nationaux cohérents, visant à stimuler lefficacité énergétique. Toutefois, malgré les progrès réalisés, la hausse des prix observée sur le marché mondial de lénergie et les distorsions existant au niveau national ont entraîné une hausse des prix supportés par les entreprises, en particulier les PME. Laccès aux matières premières non énergétiques et non agricoles constitue un autre enjeu essentiel pour la compétitivité de lindustrie de lUE.
Certains pays manquent dexpérience ou de capacités administratives et la législation cadre de lUE peut leur servir de ligne directrice et dappui. Pour renforcer la compétitivité dans ce domaine, la Commission propose de :
- favoriser lefficacité énergétique et lefficacité des matières premières et encourager linnovation et le déploiement de technologies plus propres tout au long des chaînes de valorisation, moyennant le recours à des incitations à long terme qui facilitent la création de marchés et la participation des PME à ces processus ;
- garantir des prix loyaux et équitables dans le domaine de lénergie et continuer à travailler à lamélioration et à linterconnexion des réseaux de distribution énergétique.
Pour améliorer la compétitivité et la durabilité de l'industrie européenne, il convient en outre de développer l'entreprenariat social, les entreprises sociales et l'économie sociale en particulier en améliorant laccès à des financements publics et privés (notamment, à travers les fonds d'investissement social qui seront proposés par la Commission en 2011).
4) Un environnement plus favorable aux entreprises : si lensemble des États membres ont adopté des objectifs nationaux dallégement de la charge administrative, tous nont pas progressé en ce qui concerne la mesure de la charge actuelle ou les efforts déployés pour la réduire. Par ailleurs, il convient de renforcer la qualité et la disponibilité des infrastructures (énergie, transport et large bande) pour offrir un environnement favorable aux entreprises. Ceci peut être obtenu via des investissements majeurs destinés à leur reconstruction et à leur modernisation, y compris avec laide des fonds structurels et celle du mécanisme pour linterconnexion en Europe.
Des mesures destinées à améliorer ladministration publique moderne, sont également nécessaires, en favorisant notamment autant que possible les marchés publics en ligne.
Enfin, la fiscalité des entreprises doit être améliorée. Si le taux dimposition effectif global des entreprises et si lassiette dimposition du travail, en comparaison des ressources, sont des questions qui méritent plus ample réflexion au niveau de lUE et des États membres, lallégement de la charge législative et administrative découlant de la fiscalité peut considérablement améliorer lenvironnement des entreprises. Il sagit donc de renforcer la transparence et de réduire la complexité de la fiscalité et des règlements de mise en conformité, de simplifier les procédures de paiement, notamment à travers lutilisation doutils dadministration en ligne.
Pour renforcer la compétitivité dans ce domaine, la Commission propose de :
- alléger la charge administrative pesant sur les entreprises en évaluant la charge actuelle (y compris la charge fiscale) et en la ramenant rapidement au niveau des objectifs fixés ;
- favoriser la concurrence entre prestataires de services qui utilisent les infrastructures en matière de large bande, dénergie et de transport.
5) le Marché unique : la Commission estime que le marché unique pourrait contribuer davantage à la croissance si lensemble de la législation européenne en vigueur était mis en uvre en totalité, par tous les États membres. Lobjectif consisterait à mettre un terme à la fragmentation du marché et à lever les barrières à la circulation des biens, des services, de linnovation et de la créativité, tel que cela est indiqué dans lActe pour le marché unique.
Pour favoriser la compétitivité dans ce secteur, il est proposé de :
- apporter une aide aux services innovateurs sur la base de résultats mesurables et contribuer au partenariat pour linnovation ainsi quà des projets de démonstration à grande échelle;
- mettre pleinement en uvre la législation sur le marché unique, en particulier la directive «Services», et encourager les services aux entreprises.
6) les PME : pour exploiter pleinement le potentiel des petites et moyennes entreprises, des mesures cohérentes doivent être prises dans lensemble de lUE, conformément à la communication sur le réexamen du SBA. Il convient en particulier dagir afin de favoriser linternationalisation des PME en leur fournissant des moyens financiers, des informations ainsi quune aide en matière daccès au marché et de réglementation.
Dautres mesures sont envisagées telles que :
- faciliter la croissance des PME en veillant à ce que les réglementations ne fassent pas obstacle à leur expansion, en favorisant laccès à des moyens financiers appropriés, en fournissant des services daide en matière daccès à de nouveaux marchés et en sensibilisant les entreprises concernées;
- sassurer que les administrations publiques réduisent les délais de paiement et agissent contre le retard de paiement dans les transactions commerciales (refonte).
Étapes ultérieures : la Commission sengage maintenant à:
- améliorer la coordination des politiques industrielles des États membres en encourageant et en surveillant les mesures structurelles prises pour renforcer la croissance en vue datteindre les objectifs de la stratégie Europe 2020;
- créer, pour le premier trimestre 2012, une plateforme permettant didentifier et de discuter les bonnes pratiques visant à favoriser la croissance à travers les politiques industrielles.