Décharge 2010: Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA)
En adoptant à lunanimité le rapport de Monica Luisa MACOVEI (PPE, RO) sur la décharge à octroyer à l'Agence européenne pour la sécurité aérienne (EASA), la commission du contrôle budgétaire appelle le Parlement européen à octroyer la décharge au directeur exécutif de lAgence sur l'exécution du budget de lAgence pour l'exercice 2010.
Constatant que la Cour des comptes avait indiqué avoir obtenu lassurance raisonnable que les comptes annuels de lAgence pour lexercice 2010 étaient fiables et que les opérations sousjacentes étaient légales et régulières, les députés approuvent la clôture des comptes de lAgence. Ils font toutefois une série de recommandations dont il faut tenir compte au moment de loctroi de la décharge, outre les recommandations générales figurant dans le projet de résolution concernant la performance, la gestion financière et le contrôle des agences :
- Honoraires et redevances perçus par l'Agence : les députés demandent à l'Agence de prendre les mesures appropriées pour éviter les insuffisances qui sont préjudiciables à la transparence des procédures de passation des marchés ;
- Procédure de passation des marchés : les députés relèvent que 23 procédures d'appel d'offres à forte valeur couvrant tant les besoins opérationnels qu'administratifs ont été gérées en 2010. Ils prennent acte de ce que dans le cadre de deux procédures importantes de passation de marchés, la méthode d'évaluation employée n'a pas permis d'attribuer les meilleures notes pour le critère du prix aux soumissionnaires présentant les offres financièrement les plus avantageuses. Ils invitent dès lors l'Agence à prendre les mesures appropriées pour éviter les insuffisances qui sont préjudiciables à la transparence des procédures de passation des marchés ainsi qu'au principe de bonne gestion financière;
- Ressources humaines : une fois de plus, les députés relèvent que, dans les procédures de sélection du personnel, l'autorité de décharge a constaté des dysfonctionnements qui nuisent à la transparence et sont susceptibles de créer des conflits d'intérêts. Ils demandent que tout soit fait pour éviter cette situation et appellent la Commission à s'assurer de la bonne application des règles de l'Union par l'Agence. Ils soulignent également que l'incidence de ces dysfonctionnements est encore plus importante lorsque l'on sait que l'Agence a pour objectifs d'émettre des spécifications de certification, de prendre des décisions de certification en matière de navigabilité et d'environnement et de mener des inspections de normalisation auprès des autorités compétences des États membres. Prenant acte des réponses de l'Agence à la Cour des comptes, les députés rappellent à l'Agence qu'il importe de veiller à l'existence de critères adéquats de formation et de qualification pour les équipes d'inspection et les chefs d'équipe;
- Conflit d'intérêts : les députés observent que l'Agence doit recruter généralement son personnel technique parmi le personnel des autorités aéronautiques nationales et de l'industrie aéronautique. Ils estiment que les membres du personnel doivent disposer d'une expérience suffisamment longue dans le domaine de l'aviation pour être en mesure de garantir un degré de sécurité aérienne suffisant comme l'exige la législation applicable de l'Union. Ils se déclarent cependant préoccupés de ce qu'une telle situation puisse conduire à des conflits d'intérêts, si un agent employé auparavant par un constructeur d'aéronefs travaille à présent au sein de l'Agence et y prend des décisions quant à la certification d'aéronefs auxquels il a pu collaborer lorsqu'il était en poste auprès du constructeur. Ils se réjouissent de ce que l'Agence applique des codes de conduite qui permettront à l'Agence d'améliorer l'identification et la gestion des situations de conflits d'intérêts de telle sorte que la sécurité aérienne ne soit à aucun moment mise en danger. Les députés appellent en outre l'Agence à prendre dûment en compte l'expérience professionnelle de ses agents afin d'éviter tout conflit d'intérêt et estiment que celle-ci devrait évaluer dans quelles conditions un employé de l'Agence peut participer au processus de certification d'un aéronef sur lequel il a été amené à travailler avant de rejoindre l'Agence. Parallèlement, ils demandent à l'Agence d'adopter des procédures efficaces permettant de régler les situations potentielles d'allégations de conflits d'intérêts et de renforcer la transparence en favorisant la publication des informations pertinentes sur son site ;
- Déroulement des inspections de normalisation : les députés demandent à l'Agence de mieux conserver les données concernant la planification et la programmation des inspections. Ils rappellent à l'Agence l'importance de consigner par écrit l'évaluation des risques et les critères utilisés lors de la planification des inspections afin d'être en mesure de justifier le processus interne de prise de décision, si certains cas s'avèrent présenter des irrégularités importantes qui se répercuteraient sur la sécurité des citoyens de l'Union ;
- Audit interne : les députés prennent acte de ce que plusieurs recommandations "très importantes" faites à l'Agence par le Service d'audit interne (SAI) visant à réduire les risques existants sont en suspens et sont en cours de révision. Ils appellent donc l'Agence à améliorer la situation.