Rapport spécial n° 7/2012 (Décharge 2011): Réforme de l'organisation commune du marché vitivinicole: état d'avancement
OBJECTIF : établissement dun rapport spécial (n° 7/2012) de la Cour des comptes sur létat davancement de la réforme de l'organisation commune du marché vitivinicole.
CONTENU : l'Union européenne est le 1er producteur de vin au monde, avec près de 60% de la production de vin mondiale. Toutefois, la consommation a diminué de façon significative sur le territoire de lUE au cours des 20 dernières années, en particulier dans les principaux États membres producteurs (France, Italie et Espagne). De 2000/2001 à 2008/2009, les importations de vin de lUE ont également progressé à un rythme plus élevé que ses exportations. Dans ce contexte, un excédent structurel de la production a constitué une caractéristique récurrente du marché du vin européen au cours des dernières décennies.
Afin daméliorer la compétitivité des producteurs de vin de l'UE et déquilibrer l'offre et la demande dans le secteur vitivinicole, le Conseil a institué une réforme de l'organisation commune du marché (OCM) vitivinicole en 2008.
Conclusions de laudit de la Cour des comptes : avec le présent rapport spécial (n° 7/2012), la Cour des comptes européenne a visé, dans le cadre dun audit de la performance, à évaluer les progrès réalisés à ce jour. Laudit a porté sur les mesures d«arrachage» et de «restructuration et de reconversion des vignobles», les deux domaines de dépenses les plus importants.
Le budget disponible pour la mesure d'arrachage, à utiliser au cours de sa période d'application de trois ans, de 2008/2009 à 2010/2011, était de 1,074 milliard EUR. Pour la mesure de restructuration et de reconversion, 4,2 milliards EUR ont été octroyés sur la période de 10 ans allant de 2001 à 2010.
Initialement, lors de lélaboration de la réforme, la Commission avait estimé que l'excédent structurel de vin se monterait à 18,5 millions d'hectolitres. Finalement, le régime darrachage de 2008-2011 na permis de réduire la production de lUE que denviron 10,2 millions dhectolitres par an, essentiellement en raison du fait que les hypothèses sur lesquelles lobjectif initial était fondé ne se sont pas concrétisées. La Cour estime également que les taux d'aide étaient fixés à des niveaux trop élevés et que le régime aurait donc pu être plus efficient et atteindre des résultats plus importants avec les ressources mises à disposition.
La mesure de restructuration et de reconversion, dont lobjectif est daccroître la compétitivité des producteurs de vin en compensant les pertes de revenus engendrées par ladaptation des vignobles et en contribuant aux coûts encourus, a eu une incidence considérable sur d'importantes superficies de vignobles dans toute l'Europe. Cependant, laugmentation des rendements engendrée par la restructuration, sans aucune incidence perceptible sur la consommation globale, a partiellement annulé les effets de l'arrachage.
Recommandations de la Cour : la Cour formule une série de recommandations à la Commission en vue daméliorer lefficacité de la réforme du secteur du vin, notamment sur les points suivants:
- la Commission devrait établir une estimation de léquilibre entre loffre et la demande dans le secteur du vin, en se fondant sur des données actualisées et en incluant la libéralisation programmée des droits de plantation;
- si dautres mesures darrachage savéraient nécessaires, larrachage de vignobles modernisés devrait être évité en établissant des critères déligibilité supplémentaires liés au vignoble lui-même et non uniquement à lexploitant;
- compte tenu du large éventail d'opérations retenues par les États membres dans le cadre de la mise en uvre de la mesure de restructuration, la Commission devrait définir de manière plus précise les opérations de restructuration éligibles, notamment celles autorisées sous la rubrique «amélioration des techniques de gestion des vignobles»;
- tandis que, dun côté, lUE finance la mesure darrachage dans le but de réduire les excédents de vin produits, la mesure de restructuration et de reconversion engendre par ailleurs des hausses de rendement des vignobles et, partant, une augmentation des volumes produits, ce qui va à lencontre de lobjectif visant à équilibrer l'offre et la demande si de nouveaux débouchés ne sont pas assurés; la Commission devrait donc veiller à ce quune combinaison appropriée de mesures soit proposée afin de dissiper cette tension.