Dix-huitième rapport "Mieux légiférer" sur le respect des principes de subsidiarité et de proportionnalité (2010)
La commission des affaires juridiques a adopté un rapport dinitiative de Sajjad KARIM (ECR, UK) sur le 18e rapport «Mieux légiférer» - Application des principes de subsidiarité et de proportionnalité (2010).
La commission parlementaire exprime sa vive préoccupation face à lavis rendu par le comité danalyse dimpact, qui estime que la Commission ne tient pas suffisamment compte des principes de subsidiarité et de proportionnalité dans le cadre de ses analyses dimpact. Elle juge essentiel que la Commission remédie aux lacunes constatées dans ce domaine.
Les députés demandent une nouvelle fois que laccord interinstitutionnel «Mieux légiférer» de 2003 soit renégocié de manière à prendre en considération le nouvel environnement législatif créé par le traité de Lisbonne. Ils suggèrent, dans ce contexte, de convenir de règles définissant la ligne de démarcation entre les actes délégués et les actes dexécution.
Contrôle de la subsidiarité par les parlements nationaux : le rapport note quen 2010, 211 avis ont été émis par les parlements nationaux, mais que seul un nombre limité d'entre eux, 34 en l'occurrence, ont exprimé des inquiétudes à légard de la subsidiarité. Les députés rappellent cependant que le 22 mai 2012, pour la première fois depuis lentrée en vigueur du traité de Lisbonne, les parlements nationaux ont déclenché la «procédure du carton jaune» en adoptant des avis motivés contre la proposition de la Commission pour un règlement du Conseil relatif à lexercice du droit de mener des actions collectives dans le contexte de la liberté détablissement et de la libre prestation de services .
Le rapport souligne la nécessité pour les institutions européennes de créer les conditions nécessaires pour que les parlements nationaux puissent assurer la vérification des propositions législatives, en garantissant que la Commission justifie de manière circonstanciée et compréhensible ses décisions en matière de subsidiarité et de proportionnalité.
La Commission est également invitée à tenir compte du rôle des parlements régionaux possédant des pouvoirs législatifs lors du contrôle de la subsidiarité.
Élaboration des politiques fondée sur des éléments concrets : les députés rappellent que le Parlement européen et le Conseil se sont engagés, dans le cadre de lapproche interinstitutionnelle commune en matière danalyse dimpact de 2005, à procéder à des analyses dimpact préalables à ladoption de toute modification de fond. Ils invitent dès lors les commissions à honorer cet engagement en recourant à la nouvelle direction du Parlement européen chargée des analyses dimpact.
Afin dassurer une prise en compte plus systématique des analyses dimpact au sein du Parlement, le rapport suggère que la direction chargée des analyses dimpact prépare, à la demande des commissions, un bref résumé de chaque analyse dimpact, devant être examiné lors du premier échange de vues.
Allégement des charges réglementaires: les députés demandent que la Commission respecte le principe «Think Small First» (priorité aux PME) lors de lélaboration de la législation. Ils rappellent la position du Parlement au sujet des dérogations réglementaires et invitent la Commission à accorder de telles dérogations aux PME chaque fois quelle entend adopter une réglementation dont les dispositions les affecteraient de manière disproportionnée.
Les députés se félicitent que la Commission ait adopté la recommandation du Parlement relative à la publication dinformations concernant la mise en uvre, sattaquant ainsi au problème de surréglementation (gold-plating). Dans ce contexte, ils plaident pour un dialogue plus constructif avec les institutions et les parties prenantes concernées dans le cadre du processus prélégislatif ; ils suggèrent néanmoins que les États membres qui sadonnent le plus à la surréglementation des directives soient clairement dénoncés.
Les États membres sont appelés à réduire encore leur charge administrative de 25% d'ici 2015.