Rapport spécial n° 11/2012 (Décharge 2011): Aides directes à la vache allaitante ainsi qu'à la brebis et à la chèvre dans le cadre de la mise en oeuvre partielle du régime de paiement unique
OBJECTIF : établissement dun rapport spécial (n° 11/2012) de la Cour des comptes sur les aides directes à la vache allaitante ainsi quà la brebis et à la chèvre dans le cadre de la mise en uvre partielle du régime de paiement unique.
CONTENU : à la suite de la réforme de la politique agricole commune (PAC) en 2003, le soutien à lagriculture, qui avait précédemment été accordé sous la forme daides directes liées à la production de produits agricoles spécifiques (appelées «aides couplées»), ne dépend plus, avec linstauration du régime de paiement unique (RPU), de la production (est donc «découplé»).
Dans des secteurs et des régions bien précis, des exceptions au découplage intégral ont toutefois été prévues afin de limiter les effets potentiellement négatifs dun passage sans transition à ce nouveau système. Pour ce faire, il convenait de préserver la production agricole dans certaines régions vulnérables et dobtenir des avantages environnementaux grâce au maintien dune production agricole spécifique. Les États membres pouvaient continuer à appliquer les régimes précédents de primes à la vache allaitante, à la brebis et à la chèvre dans le cadre dune option appelée «Mise en uvre partielle du RPU» et dautres mesures de soutien couplé (mesures dites de larticle 69 et de larticle 68). Les propositions législatives de la Commission pour la PAC à lhorizon 2020 prévoient la possibilité, pour les États membres, daccorder un «soutien couplé facultatif».
Dans son audit, la Cour des comptes européenne sest attachée à répondre aux questions suivantes : dans le cadre de la mise en uvre partielle du RPU, les aides directes à la vache allaitante ainsi quà la brebis et à la chèvre sont-elles:
- centrées, dans les États membres, sur les régions qui en ont le plus besoin ?
- efficaces pour assurer le maintien dune production spécifique et, par suite, pour permettre déviter les effets négatifs sur le plan social, économique et environnemental ?
- bien suivies et évaluées par la Commission et les États membres ?
Conclusions de laudit de la Cour des comptes : la Cour estime, en conclusion, que les régimes daides audités, tels quils sont conçus, ne ciblent pas les régions et les zones agricoles où ils seraient le plus pertinents, ce qui atténue leur effet.
La Cour na pas trouvé délément probant attestant de manière convaincante que les régimes daides examinés sont, dune manière générale, plus efficaces que les aides découplées, quand celles-ci sont combinées avec dautres mesures financées par lUE ou au niveau national, pour maintenir la production et, par suite, pour soutenir lactivité économique dans des régions où les autres possibilités ne sont guère nombreuses, ainsi que pour générer des avantages environnementaux.
En outre, le suivi, par la Commission et les États membres, des indicateurs de performance clés et leur évaluation de lincidence quont en définitive les aides sur le plan environnemental et social présentent des lacunes, et la coordination avec les autres mesures dont les objectifs sont similaires est insuffisante.
Recommandations de la Cour : si la proposition de la Commission, qui consiste à continuer de proposer un «soutien couplé facultatif» au-delà de 2013, est acceptée par le Conseil et le Parlement européen, la Cour recommande à la Commission:
a. de prévoir une obligation de ciblage pour les régimes daide directe couplée dans les secteurs en cause;
b. de déterminer, en coordination avec les États membres, quels sont les types dactivités agricoles les plus pertinents pour maintenir la production et prendre ainsi en considération les aspects sociaux, économiques et environnementaux correspondants;
c. de définir les obligations des États membres et les dispositions quils sont censés prendre en matière de suivi, et de mettre en uvre un cadre de suivi permanent qui indiquerait toutes les aides directes aux secteurs animaux versées dans les États membres;
d. de procéder, en coordination avec les États membres, à une évaluation approfondie de lincidence des différents régimes daides sur les secteurs en cause, avec pour objectif le renforcement de la compétitivité des exploitations agricoles.