Politique maritime intégrée - Évaluation des progrès réalisés et nouveaux défis
La Commission présente son deuxième rapport sur les progrès réalisés par la politique maritime intégrée (PMI) et les politiques sectorielles de lUnion européenne dans le domaine maritime entre 2010 et 2012. Il met en lumière leur contribution aux objectifs de la stratégie Europe 2020 et rend compte des réalisations concrètes susceptibles de générer de la croissance, de favoriser une utilisation plus efficace des ressources et déconomiser les fonds publics.
Le rapport décrit les diverses initiatives clés lancées dans tous les domaines politiques en rapport avec les mers, de façon à renforcer la compétitivité, la croissance et lemploi en Europe:
Croissance bleue : en septembre 2012, la Commission a adopté une communication intitulée «La croissance bleue: des possibilités de croissance marine et maritime durable». Celle-ci a pour objectif de lancer une initiative conjointe avec les États membres, les régions et toutes les parties prenantes de manière à exploiter pleinement le potentiel de léconomie bleue.
Une étude lancée en 2010 par la Commission a recensé, parmi les goulets détranglement fréquents, le manque de compétences appropriées, laccès au capital-risque, la fragmentation des données marines, les défis environnementaux et la complexité des mécanismes de planification. Des actions sont en cours dans les États membres afin de pallier la pénurie de compétences. Cela étant, certains secteurs nécessitent une approche plus ciblée. Cest dans cette optique que cinq domaines à haut potentiel de croissance - le tourisme maritime et côtier, lénergie renouvelable des océans, les ressources minérales marines, laquaculture et la biotechnologie bleue - ont été analysés plus en profondeur en vue de déterminer les mesures complémentaires nécessaires pour stimuler la croissance et créer des emplois.
Transports maritimes : en 2011, la Commission a :
- adopté un livre blanc sur la politique des transports qui précise les orientations de la stratégie en matière de transports maritimes dici 2018: capacité à fournir des services de transport maritime rentables, compétitivité à long terme du secteur européen des transports maritimes et création de chaînes de transport intermodal sans ruptures pour les passagers et le fret ;
- proposé de nouvelles lignes directrices pour les réseaux transeuropéens, en vue délargir le rôle des autoroutes de la mer en tant que grands corridors européens.
Énergie : en 2011, la Commission a proposé des lignes directrices en vue de fixer des règles pour le développement de réseaux européens dénergie interopérables. Des corridors prioritaires ont été recensés, dont le réseau énergétique en mer du Nord et le plan dinterconnexion des marchés énergétiques de la région de la Baltique.
Construction navale : lencadrement des aides dÉtat à la construction navale détermine les types daides dÉtat autorisés pour les chantiers navals. Un nouveau cadre a été adopté en décembre 2011. Il court jusque fin 2013. Ce cadre contient des dispositions spécifiques en matière daides à linnovation et daides régionales à la construction navale, de même quen matière de crédits à lexportation. Élargi, il sapplique désormais aussi aux bateaux de navigation intérieure, ainsi quaux structures flottantes et mobiles en mer.
Pêche et aquaculture : en juillet 2011, la Commission a adopté une série dinitiatives, dont de nouvelles propositions législatives, en vue de réformer la politique commune de la pêche. La transition sera encadrée par un Fonds pour les affaires maritimes et la pêche, afin daméliorer la durabilité, doptimiser les performances de la pêche côtière à petite échelle, de favoriser laquaculture, de soutenir la création demplois au sein des communautés maritimes et de veiller au rapport coût-efficacité dans les affaires maritimes.
Emploi dans le secteur maritime et mobilité professionnelle : dans la foulée de ladoption de la stratégie en matière de transports maritimes à lhorizon 2018, un groupe d'action sur l'emploi et la compétitivité dans le secteur maritime a formulé des recommandations en juin 2011, parmi lesquelles un réexamen de lexclusion des gens de mer de la législation sociale européenne, lactualisation de la directive concernant le niveau minimal de formation des gens de mer et la mise en uvre de la convention du travail maritime de lOIT.
Le 21 mai 2012, le comité du dialogue social de lUE a adopté un accord mettant en uvre certains volets de la convention n° 188 de lOIT sur le travail dans le secteur de la pêche en vue daméliorer les conditions de travail des pêcheurs à bord.
Stratégies par bassins maritimes : une stratégie maritime pour la région atlantique a été adoptée en novembre 2011, en vue de stimuler la création demplois et la croissance dans la région atlantique par le renforcement de son potentiel maritime.
En conclusion, le rapport montre la forte contribution des secteurs maritimes à léconomie européenne et aux objectifs de la stratégie Europe 2020 est encore renforcée par une action coordonnée visant à réduire les coûts, améliorer lefficacité des ressources, limiter les risques, soutenir linnovation et faire un meilleur usage de largent public.
La Commission sefforce de créer les meilleures conditions possibles pour un développement économique durable en provenance de la mer. Sappuyant sur ces réalisations, la croissance bleue est lobjectif des années à venir. Une conférence ministérielle informelle sur la PMI lors de la présidence chypriote du Conseil sera un tremplin de choix vers cet objectif. La croissance bleue ouvrira un deuxième chapitre de la politique maritime intégrée, celui dune économie maritime saine, source dinnovation, de croissance et de développement durable pour les citoyens européens.