Situation des mineurs non accompagnés dans l'UE
OBJECTIF : présentation du rapport à mi-parcours sur la mise en uvre du Plan d'action pour les mineurs non accompagnés.
CONTEXTE : en mai 2010, la Commission a adopté le Plan daction pour les mineurs non accompagnés (2010-2014), à la suite duquel les conclusions du Conseil sur les mineurs non accompagnés ont été adoptées en juin 2010. Ces deux documents proposaient une approche commune, à léchelle de lUnion européenne, fondée sur le principe de lintérêt supérieur de lenfant. Ils définissaient les principaux domaines daction, tels que la prévention, laccueil et la recherche de solutions durables, à concrétiser par une série de mesures pratiques mises en uvre par les institutions et agences de lUE, les États membres et les parties prenantes.
Le plan daction et les conclusions du Conseil invitaient la Commission à rendre compte de leur exécution respective avant mi-2012. Le présent rapport à mi-parcours met en exergue les changements intervenus entre mai 2010 et juin 2012 et indique les domaines requérant plus dattention et une action ciblée au cours des 2 prochaines années. Le rapport fait également référence aux activités menées par dautres acteurs.
CONTENU : les événements de ces deux dernières années montrent que larrivée de mineurs non accompagnés nest pas un phénomène passager mais une caractéristique de longue date de la migration vers lUnion et quune approche commune de lUE vis-à-vis de cette catégorie de migrants est nécessaire.
État des lieux chiffrés de la situation des mineurs non accompagnés : les raisons de larrivée de mineurs non accompagnés demeurent multiples et interdépendantes. Certains fuient des conflits armés, des catastrophes naturelles, des discriminations ou des persécutions. Dans ce contexte, des événements mondiaux tels que les conflits en Afghanistan et en Irak ou les troubles politiques liés au «Printemps arabe» peuvent être considérés comme des facteurs contribuant de manière importante à ces flux.
Certains enfants ne partent pas de leur plein gré mais sont envoyés par leur famille pour éviter les persécutions politiques, pour accéder à lenseignement et à la protection sociale dont ils sont privés chez eux, ou simplement pour fuir la pauvreté et trouver un emploi dans lUE. Dautres cherchent à rejoindre des membres de leur famille déjà dans le territoire de lUE. Enfin, certains mineurs non accompagnés arrivent en tant que victimes de la traite des êtres humains aux fins dexploitation.
Le rapport met en évidence le manque de données statistiques en la matière. Toutefois les données disponibles montrent entre autre quen 2011 :
- 12.225 demandes dasile ont été introduites dans lUE-27 ;
- 4.406 permis de résidence ont été délivrés par les États membres à des mineurs non accompagnés ;
- la Suède est le pays européen où le nombre de demandes dasile introduites par des enfants non accompagnés na cessé daugmenter chaque année, passant à 2.655 unités en 2011.
Approche commune : lapproche commune de lUE a permis des réflexions politiques transversales plus efficaces sur la gestion de la situation des enfants, quel que soit leur statut migratoire, et a facilité les discussions entre institutions de lUE, autorités nationales et organisations intergouvernementales et non gouvernementales dans différentes sphères politiques, renforçant ainsi léchange des connaissances et pratiques concernant les mineurs non accompagnés. Grâce à cette approche commune, une plus grande importance a été accordée aux mesures de financement axées sur la gestion de la situation de ces enfants. La reconnaissance explicite de lintérêt supérieur de lenfant comme principe directeur a contribué à ladoption, dans les nouveaux instruments législatifs de lUnion, de dispositions offrant une protection accrue à cette catégorie particulièrement vulnérable de migrants.
Au cours des 2 dernières années, la Commission sest particulièrement efforcée daméliorer la coordination et la cohérence des divers instruments législatifs, financiers et politiques relatifs aux enfants non accompagnés.
Les actions mises en uvre ont contribué à :
- lamélioration de la collecte des données,
- la prévention des migrations périlleuses et de la traite des êtres humains,
- la protection des enfants lorsquils sont dans lUE,
- lidentification de solutions durables.
Des détails sur chacune des mesures prises dans ces domaines figurent dans le rapport ainsi que des pistes de voie à suivre pour lavenir.
- Amélioration de la collecte des données : la collecte de données demeure une des principales difficultés. Sil existe des données statistiques fiables sur les mineurs non accompagnés demandeurs dasile, il y en a beaucoup moins sur ceux qui ont migré clandestinement ou ont été victimes de la traite des êtres humains. Plusieurs améliorations ont été réalisées cependant dans ce domaine grâce au Réseau européen sur les migrations ou la mise en place du Bureau européen dappui en matière dasile. Á titre indicatif, en 2013 et 2014, dans le cadre dun projet pilote soutenu par le Parlement européen, la Commission réalisera une étude dans le but de recueillir des données à léchelle de lUE sur limplication des enfants dans les procédures pénales, civiles et administratives.
- Prévention des migrations périlleuses et de la traite des êtres humains : le plan daction reconnaît que la prévention des migrations périlleuses et de la traite des enfants constitue la première étape dune lutte efficace contre le phénomène de la migration des mineurs non accompagnés. Dans ce but, lUE et ses États membres ont continué dintégrer la question des migrations -et en particulier la migration des mineurs non accompagnés- dans la politique de coopération au développement. Des activités de sensibilisation et de formation ont également été menées afin de favoriser lidentification précoce des victimes de la traite des êtres humains et dinformer les enfants et leur famille sur les risques liés à la migration clandestine. Enfin, des systèmes intégrés de protection de lenfant ont été mis au point. Á lavenir, lUE et ses États membres devront continuer daborder la problématique de la migration des mineurs non accompagnés dans le contexte de la coopération au développement. Un engagement continu avec les pays dorigine et de transit est également nécessaire. Une coopération stable de lUE et des États membres avec les pays tiers contribuera à une meilleure compréhension de leurs besoins et donnera ainsi un meilleur appui à la conception et à la mise en uvre de futurs projets.
- Accueil et garanties procédurales dans lUE : dans ce domaine, lUE a continué de renforcer les mesures daccueil ainsi que laccès aux garanties procédurales pour ces enfants. Plusieurs initiatives ont été prises dont en particulier toutes les mesures destinées à réviser le cadre de la politique dasile avec comme objectif un cadre rénové dici à la fin 2012. Á lavenir, une attention particulière devrait être apportée à la transposition des dispositions pertinentes applicables à cette catégorie de migrants. Dans la mesure du possible, les séminaires organisés sur le thème de la transposition de la directive sur la traite des êtres humains et de la directive «qualification», ainsi que dautres directives dans le domaine de lasile, devraient inclure des discussions sur la problématique des enfants non accompagnés. La Commission continuera de veiller à la mise en uvre correcte de la législation de lUE afférente aux mineurs non accompagnés et à la correction des éventuelles lacunes en matière de protection.
- Solutions durables : entre autre chose, dans le cadre du Fonds européen pour le retour, la Commission a financé la plate-forme européenne pour le retour des mineurs non accompagnés et le projet ERI (European Reintegration Instrument) mené par le Service du rapatriement et du départ des Pays-Bas et comptant parmi ses groupes cibles les enfants non accompagnés. En outre, linstauration, en mars 2012, du programme européen commun de réinstallation au titre du Fonds européen pour les réfugiés renforcera encore le rôle de lUnion par loctroi dune protection internationale aux mineurs non accompagnés. La Commission continuera de plaider pour que les mineurs non accompagnés figurent parmi les priorités du programme européen commun de réinstallation, comme prévu par le Fonds «Asile et migration» pour la période 2014-2020.
Le développement dune approche commune européenne envers les mineurs non accompagnés est un processus permanent et progressif, qui exige des efforts supplémentaires en termes de partage des connaissances sur le phénomène, de conception et mise en uvre dactions législatives et non législatives garantissant une protection adéquate des enfants et, surtout, damélioration des méthodes de recherche de solutions durables.
Financements : la Commission continuera daccorder la priorité au financement de projets portant sur les enfants non accompagnés. Les États membres, ainsi que les organisations internationales et non gouvernementales, sont invités à exploiter pleinement le potentiel des ressources financières disponibles. Par ailleurs, une fois adopté, le futur instrument financier que constitue le Fonds «Asile et migration» devrait assurer un financement cohérent des activités menées en faveur de cette catégorie de migrants. À travers ses instruments daide extérieure, lUnion continuera de financer dans les pays et régions tiers des initiatives liées à la problématique des mineurs non accompagnés.
Dautres acteurs institutionnels de lUE sont également invités à examiner les moyens quils pourraient apporter pour contribuer au développement dune mise en uvre plus efficace. En tant que parties prenantes et acteurs importants dans ce domaine, les organisations internationales gouvernementales et autres ONG sont appelées à maintenir leur contribution à la mise en uvre de lapproche commune européenne.
Étapes ultérieures : lUnion et ses États membres doivent maintenant intensifier leurs efforts de collaboration avec les pays tiers dorigine, de transit et de destination afin de progresser dans lapproche commune de lUE envers les enfants non accompagnés. Il importe de continuer daborder la situation de ces enfants dans le contexte de la politique migratoire extérieure, ainsi que le prévoit lapproche globale de la question des migrations et de la mobilité. Sans limplication des pays dorigine, il est impossible de réaliser des progrès par rapport à des questions telles que le rétablissement de lunité familiale ou le rapatriement en toute sécurité. Enfin, le travail avec les pays tiers en matière de prévention des migrations périlleuses doit se faire en coordination avec laide au développement et à la coopération.