Décharge 2011: budget général UE, Service européen pour l'action extérieure
OBJECTIF : présentation du rapport de la Cour des comptes sur lexécution budgétaire 2011 (section X Service européen daction extérieure - SEAE).
CONTENU : la Cour des comptes a publié son 35ème rapport annuel sur lexécution du budget général de lUnion pour lexercice 2011.
Conformément aux tâches et objectifs conférés à la Cour des comptes par le traité sur le fonctionnement de lUnion européenne, celle-ci fournit dans le cadre de la procédure de décharge, tant au Parlement européen quau Conseil, une déclaration d'assurance («DAS») concernant la fiabilité des comptes, ainsi que la légalité et la régularité des opérations sous-jacentes de chaque institution, organe ou agence de lUE, sur base dun audit externe indépendant.
Cet audit a également porté sur lexécution financière du SEAE.
Sur la base de ses travaux daudit, la Cour estime que les paiements relatifs au groupe de politiques «Dépenses administratives et autres» sont, dans l'ensemble, exempts derreur significative. Le taux estimatif d'erreur s'élève à 0,1%.
La Cour attire toutefois lattention sur les erreurs et les faiblesses qui ne lont pas amenée à modifier sa conclusion. Elle a examiné un échantillon de procédures de passation de marchés et relevé plusieurs insuffisances portant sur lapplication des critères de sélection et dattribution, dont certaines ont influé sur les résultats de la procédure. Dautres faiblesses concernaient lorganisation de la concurrence transfrontalière, la gestion des adjudications et le respect des dispositions en matière de rédaction et darchivage des dossiers dappel doffres.
La Cour a également détecté des faiblesses lorsquelle a examiné un échantillon de calculs et de paiements dindemnités à caractère social ainsi quun échantillon de contrats de travail conclus avec des agents non permanents.
La Cour recommande dès lors aux institutions et aux organes de l'UE de :
- prendre des mesures afin de garantir que leurs agents produisent, à intervalles réguliers, les documents attestant leur situation personnelle, et mettre en place un système permettant dassurer un suivi desdits documents en temps opportun ;
- améliorer les systèmes informatiques utilisés afin de garantir que les indemnités versées par les autorités nationales soient actualisées automatiquement ;
- prendre des mesures pour assurer le respect des dispositions des règlements applicables lors de la conclusion, du renouvellement ou de la modification des contrats de travail dagents non permanents :
- faire en sorte que les ordonnateurs améliorent la conception, la coordination et lapplication des procédures de passation de marchés, grâce à des contrôles appropriés et à de meilleures orientations.
La Cour fait également un certain nombre dobservations particulières à chaque institution ou organe de lUnion européenne. Ces observations ne remettent pas en cause les appréciations positives densemble ci-avant compte tenu du fait quelles naffectent pas de manière significative les dépenses administratives prises globalement.
Dans le cas spécifique de laudit du SEAE, la Cour note en particulier les points suivants :
- paiement des indemnités et des prestations à caractère social aux agents : dans 6 des 17 cas examinés, les informations dont disposaient les services du SEAE sur la situation personnelle et familiale des agents nétaient pas à jour. Dans 3 de ces cas, cela a donné lieu à des paiements incorrects, car les montants déduits ne correspondaient pas à la dernière valeur à appliquer en ce qui concerne les prestations versées par les autorités nationales ;
- conclusion de contrats dagents temporaires: lanalyse des traitements versés à 3 agents temporaires, sur un échantillon de 8 cas examinés, a montré que les contrats de travail avaient été signés par les deux parties 3 à 7 mois après lentrée en service de ces agents. Cette pratique fait naître une situation dincertitude juridique pour les deux parties ;
- gestion dun contrat pour la prestation de services de sécurité : la facture correspondant au paiement mensuel de 5.340 EUR pour la prestation de services de sécurité destinés à la délégation au Venezuela portait, à tort, la mention «conforme aux faits», alors que les services navaient pas encore été fournis. Cette pratique est contraire aux dispositions du règlement financier. De plus, le contrat de prestation de services de sécurité court depuis 24 ans sans modification. Laudit a également montré que la délégation navait obtenu une exemption de TVA que de manière informelle, alors que la législation relative à la récupération de la TVA est en vigueur au Venezuela depuis lan 2000. Le montant de la TVA non recouvrée durant cette période na pas été calculé ;
- passation de marchés : sur 5 procédures restreintes de passation de marchés examinées, 3 concernant la prestation de services de sécurité présentaient des insuffisances. Dans lun de ces cas, le comité dévaluation a décidé de rejeter sans autre examen une proposition comportant une offre anormalement basse, bien que le soumissionnaire ait confirmé que lanomalie résultait dune erreur décriture. Sagissant de deux autres procédures relatives à la prestation de services de gestion des installations (marché dune valeur de 285.000 EUR sur 4 ans) et à la location de bureaux (marché dune valeur de 9 millions EUR sur 10 ans), les principaux documents concernant la réalisation de certaines étapes des procédures nont pu être fournis à la Cour.