Protection de la mer Méditerranée contre la pollution résultant de l'exploration et de l'exploitation du plateau continental, du fond de la mer et de son sous-sol. Adhésion au protocole "offshore" de la Convention de Barcelone
OBJECTIF : permettre à l'Union européenne d'adhérer au protocole relatif à la protection de la mer Méditerranée contre la pollution résultant de l'exploration et de l'exploitation du plateau continental du fond de la mer et de son sous-sol.
ACTE NON LÉGISLATIF : Décision 2013/5/UE du Conseil relative à ladhésion de lUnion européenne au protocole relatif à la protection de la mer Méditerranée contre la pollution résultant de lexploration et de lexploitation du plateau continental, du fond de la mer et de son sous-sol.
CONTEXTE : la convention sur la protection du milieu marin et du littoral de la Méditerranée, également appelée «Convention de Barcelone» est entrée en vigueur le 9 juillet 2004. Conformément à larticle 7 de la convention de Barcelone, les parties contractantes doivent prendre toutes les mesures appropriées pour prévenir, réduire, combattre et, dans toute la mesure du possible, éliminer la pollution de la zone de la mer Méditerranée résultant de lexploration et de lexploitation du plateau continental, du fond de la mer et de son sous-sol.
Lun des protocoles de la convention de Barcelone traite de la protection de la mer Méditerranée contre la pollution résultant de lexploration et de lexploitation du plateau continental, du fond de la mer et de son sous- sol (ou «protocole offshore»). Il est entré en vigueur le 24 mars 2011. À ce jour, lAlbanie, Chypre, la Libye, le Maroc, la Syrie et la Tunisie lont ratifié. Outre Chypre, certains autres États membres qui sont parties contractantes à la convention de Barcelone ont annoncé récemment leur intention de ratifier eux aussi le protocole.
On estime quil existe plus de 200 plates-formes offshore actives en Méditerranée et il est envisagé den installer encore davantage. Les activités dexploration et dexploitation dhydrocarbures devraient augmenter après la découverte dimportantes réserves de combustibles fossiles en Méditerranée. En raison de la nature semi-fermée de la mer Méditerranée et de son hydrodynamique spéciale, un accident du type de celui qui sest produit dans le Golfe du Mexique en 2010 pourrait avoir des conséquences transfrontières néfastes immédiates sur léconomie et les écosystèmes marins et côtiers fragiles de la Méditerranée. Il est en outre probable quà moyen terme les activités dexploration et dexploitation seront étendues à dautres ressources minérales présentes dans les eaux profondes, les fonds marins et le sous-sol.
Le fait de ne pas gérer efficacement les risques que comportent ces activités pourrait gravement compromettre les efforts de tous les États membres ayant lobligation de prendre les mesures nécessaires pour parvenir à un bon état écologique des eaux marines en Méditerranée et maintenir un tel état comme lexige la directive-cadre stratégie pour le milieu marin. En outre, le fait de prendre les mesures nécessaires contribuerait à remplir les engagements et obligations souscrits par la Grèce, lEspagne, la France, lItalie, Chypre, Malte, la Slovénie et lUnion elle-même en tant que parties contractantes à la convention de Barcelone.
Le Conseil a déclaré, dans ses conclusions sur la sécurisation des activités pétrolières et gazières offshore, adoptées le 3 décembre 2010, que lUnion et ses États membres devraient continuer de jouer un rôle de premier plan dans les efforts déployés pour établir les normes de sécurité les plus élevées dans le cadre des initiatives et enceintes internationales et de la coopération régionale comme, par exemple, dans la mer Méditerranée.
Pour sa part, le Parlement européen, dans sa résolution du 13 septembre 2011, a souligné limportance de faire entrer pleinement en vigueur le protocole «offshore» non ratifié.
Il convient dès lors que lUnion adhère au protocole «offshore», comme le prévoit la présente décision.
CONTENU : avec la présente décision, l'Union européenne adhère au protocole relatif à la protection de la mer Méditerranée contre la pollution résultant de l'exploration et de l'exploitation du plateau continental, du fond de la mer et de son sous-sol.
Objectifs du protocole et répartition des compétences : le protocole couvre une large gamme de dispositions que les différents niveaux dadministration devront appliquer. Si lUnion est un acteur tout indiqué pour soutenir la sécurisation des activités dexploration et dexploitation offshore, compte tenu notamment de la probabilité élevée deffets transfrontières des problèmes environnementaux liés à ces activités, les États membres et leurs autorités compétentes devraient être chargés de certaines mesures précises prévues dans le protocole «offshore».
Principes de base: sur le plan technique, les parties au protocole devront prendre, individuellement ou dans le cadre d'une coopération bilatérale ou multilatérale, toutes mesures appropriées pour prévenir, réduire, combattre et maîtriser dans la zone du protocole la pollution résultant des activités offshore, et s'assurer en particulier que les meilleures techniques disponibles, écologiquement efficaces et économiquement appropriées, sont mises en uvre à cet effet.
En vue d'appliquer ces principes généraux de base, le protocole envisage la mise en place :
- d'un système d'autorisation préalable avant toute construction sur place d'installations offshore en vue d'exploration ou d'exploitation marine ;
- la stricte observance des normes et obligations environnementales les plus élevées par les opérateurs et des normes internationalement admises concernant les déchets ainsi que l'utilisation, le stockage et le rejet des substances et matières nuisibles ou nocives afin de réduire au minimum le risque de pollution ;
- l'application de mesures de sécurité afin de s'assurer que les activités entreprises observent les normes de sécurité les plus élevées au moment de la conception, de la construction, de la mise en place et de l'entretien des installations. L'opérateur devra en outre s'assurer que des dispositifs adéquats de protection de la vie humaine, de prévention et de lutte contre la pollution accidentelle sont prévues afin d'intervenir promptement dans une situation critique ;
- la mise en place de plans d'intervention d'urgence de sorte qu'en cas de situation grave, les parties puissent coopérer en matière de lutte contre la pollution accidentelle de la mer Méditerranée par les hydrocarbures et autres substances nuisibles, et se prêtent assistance mutuelle ;
- la mise en place de programmes de recherche scientifique et technologique afin de développer de nouvelles méthodes pour réduire les risques de pollution en mer Méditerranée ;
- la prévision de mesures de réparation en cas de dommages à l'environnement marin.
Zone concernée : la portée géographique du protocole portera sur la zone de la mer Méditerranée telle que définie à la Convention de Barcelone, y compris le plateau continental, le fond de la mer et son sous-sol et les eaux, y compris le fond de la mer et son sous-sol.
Mise en uvre : les dispositions du protocole «offshore» devront être mises en uvre par différents niveaux d'administration et par les différents opérateurs économiques. Il incombera aux États membres et à leurs autorités compétentes de concevoir et de mettre en uvre certaines mesures précises prévues dans le protocole «offshore», par exemple la création d'un système national de surveillance continue et l'adoption et l'application des règles et procédures appropriées pour la détermination de la responsabilité et la réparation des dommages.
ENTRÉE EN VIGUEUR : la décision entre en vigueur le 17 décembre 2012. La date dentrée en vigueur du protocole «offshore» pour lUnion sera publiée au Journal officiel de lUnion européenne par les soins du secrétariat général du Conseil.