Matériel de reproduction des végétaux: production et mise à disposition sur le marché
Afin de garantir un niveau élevé de protection de la santé humaine, animale et végétale, lUnion européenne a produit une législation complète destinée à prévenir ou maîtriser les risques pour la santé animale et végétale et à garantir une chaîne de production des denrées alimentaires sûre à léchelon européen et national. Lapplication de cette législation est garantie par un ensemble de règles communes relatives aux contrôles officiels que les autorités compétentes doivent effectuer dans les États membres.
Le cadre juridique que lUE a mis en place sest révélé jusquà présent globalement efficace pour prévenir les risques et les contrecarrer. Cependant, le marché mondialisé actuel expose de plus en plus lUE à de nouveaux risques et appelle constamment davantage dinnovation et de compétitivité. A la lumière de lexpérience acquise, la Commission a engagé une révision de lactuel cadre juridique régissant la santé animale, la santé des végétaux, le matériel de reproduction des végétaux et les contrôles officiels, qui vise à améliorer lefficacité, la cohérence et la clarté juridique dans ces domaines.
La présente communication traite des quatre propositions législatives qui en sont issues dans les quatre domaines de la santé animale, de la santé des végétaux, du matériel de reproduction des végétaux et des contrôles officiels (le paquet «révision») et explique, pour chacune dentre elles, le contexte actuel, les raisons de la révision et les principales améliorations introduites. Le paquet «révision» comprend aussi une cinquième proposition établissant un programme pluriannuel pour le financement par lUE dactions visant à garantir un niveau élevé de protection de la santé humaine, animale et végétale dans la filière agroalimentaire, tout en permettant aux entreprises de fonctionner dans un cadre favorisant la compétitivité et la création demplois.
Contexte dans le domaine du matériel de reproduction des végétaux (MRV) : la production agricole, horticole et sylvicole dépend du matériel de reproduction des végétaux, premier maillon dans la filière agroalimentaire, qui décide de la diversité, de la santé et de la qualité des végétaux et des denrées alimentaires. Le contrôle du matériel de reproduction des végétaux en garantit lidentité, la santé et la qualité pour ses utilisateurs, agriculteurs, horticulteurs ou sylviculteurs. Lobjectif est daméliorer la productivité de lagriculture, de lhorticulture et de la sylviculture, dassurer le bon fonctionnement du marché de lUE pour les produits de ces secteurs et de soutenir leur compétitivité au niveau mondial.
Cadre réglementaire actuel : élaboré à partir des années 60, ce cadre est constitué de douze directives de base du Conseil et de près de 90 actes dérivés conditionnant lautorisation de mise sur le marché à lenregistrement dans un catalogue des variétés et définissant des exigences spécifiques applicables à la commercialisation de diverses espèces.
Les aspects suivants nécessitent une attention accrue:
· la complexité et la fragmentation de la réglementation actuelle,
· les contraintes administratives considérables imposées aux autorités officielles,
· labsence de cohérence avec les autres politiques de lUE (concernant par exemple, la gestion durable de lagriculture et de la sylviculture, la protection de la biodiversité, le changement climatique, la bioéconomie),
· labsence de conception homogène du recouvrement des coûts denregistrement des variétés et de certification du matériel de reproduction des végétaux.
La proposition de cadre révisé : en 2007, les États membres ont demandé au sein du Conseil à ce que la réglementation en vigueur sur la commercialisation du matériel de reproduction des végétaux soit simplifiée. À la suite dune évaluation externe en 2007-2008 un plan daction a été adopté en 2009. La Commission propose maintenant un règlement relatif à la commercialisation du matériel de reproduction des végétaux qui sappuie sur de multiples consultations des États membres, des parties prenantes et de lOffice communautaire des variétés végétales (OCVV).
Les grands principes : les grands principes qui sous-tendent la révision sont : i) la simplification et la modernisation (remplacement par un seul règlement des douze directives actuelles), ii) la réduction des coûts, iii) une plus grande efficacité et une plus grande flexibilité pour les opérateurs (en leur accordant une grande latitude dans la réalisation des tâches denregistrement et de certification et en établissant le principe de recouvrement des coûts de lenregistrement des variétés), iv) la garantie dun niveau approprié dharmonisation dans lUE et v) la coordination horizontale avec dautres objectifs stratégiques de lUE, essentiellement environnementaux.
Innovation: pour accélérer linnovation, à savoir laccès au marché pour de nouvelles variétés végétales, le règlement supprime lobligation de notifier à la Commission ladite variété et de linscrire aux catalogues communs avant sa commercialisation dans lUE. Lenregistrement de la variété végétale dans un État membre sera suffisant.
Enregistrement: lOCVV aura un rôle plus important dans lenregistrement des variétés. Il gérera la base de données des variétés végétales de lUE à la place de la Commission. La possibilité de faire enregistrer une variété directement auprès de lOCVV sera introduite. Il contrôlera les centres nationaux dexamen des variétés et harmonisera les protocoles dexamen pour les nouvelles variétés.
Certification : la procédure de certification des lots de matériel de reproduction des végétaux avant leur commercialisation sera assouplie. La possibilité pour lopérateur de procéder à la certification sous le contrôle officiel de lautorité compétente de lÉtat membre sera étendue à toutes les espèces énumérées et à toutes les catégories de matériel de reproduction des végétaux prévues pour la commercialisation.
Biodiversité et conservation des ressources génétiques : les exigences sont considérablement réduites pour les variétés traditionnelles et de conservation et dautres matériels, comme le matériel hétérogène et le matériel de niche. Lexamen de la variété et la certification ne seront pas obligatoires. Laccès au marché serait ainsi facilité pour ce type de matériel.
Agriculture durable : les protocoles dexamen de lenregistrement des variétés relatifs aux critères dune agriculture durable sont harmonisés pour la première fois afin dorienter la sélection végétale vers un objectif de développement durable.