Résolution sur la République centrafricaine
Le Parlement européen a adopté une résolution sur la République centrafricaine.
Le texte adopté en plénière avait été déposé en tant que résolution commune par les groupes PPE, S&D, ALDE, Verts/ALE, ECR et GUE/NGL.
Le Parlement condamne la prise de pouvoir anticonstitutionnelle et par la force perpétrée par la coalition Séléka le 24 mars 2013 et sinquiète de la situation en RCA, caractérisée par un effondrement total de la loi et de l'ordre et l'absence d'état de droit. Il condamne également les graves violations du droit humanitaire, notamment commises par des membres de la Séléka, dont les exécutions sommaires, les tortures, les violences sexuelles et le recrutement d'enfants soldats, et invite les autorités de la RCA à prendre des mesures concrètes pour protéger la population civile.
Le Parlement se félicite du soutien accru de l'UE face à la crise humanitaire en RCA (laide est passée de 8 millions à 20 millions EUR) mais note que cette aide ne saurait suffire et demande que d'autres partenaires internationaux prennent également des engagements. Il appelle l'UE et ses États membres à renforcer leur coordination avec les autres donateurs et les institutions internationales afin de répondre aux besoins humanitaires urgents.
Le Conseil de sécurité des Nations unies est invité à examiner de façon urgente la demande d'appui formulée par l'Union africaine pour financer les 3600 membres, civils et militaires, de la mission de maintien de la paix en RCA. Les autorités de la RCA et les parties prenantes sont invitées à uvrer pour mettre en uvre l'Accord de Libreville du 11 Janvier 2013, qui définit les conditions de la transition dans le pays et à un retour à l'ordre constitutionnel.
Les députés rappellent que même si la RCA est riche en ressources naturelles (bois, or, diamants, uranium, etc.), le pays n'occupe que la 179e position sur 187 dans l'indice du développement humain et demeure un des pays les plus pauvres du monde. Cest pourquoi ils soutiennent qu'une solution politique globale, prévoyant une distribution équitable des recettes par le budget de l'État, est cruciale pour résoudre la crise et ouvrir la voie au développement durable de la région. Ils demandent au Secrétaire général des Nations unies de nommer un groupe d'experts chargé d'enquêter sur l'exploitation des ressources agricoles et minières de la RCA dans le but d'établir un cadre juridique permettant à la population de profiter des ressources du pays.
Enfin, le Parlement demande que les auteurs de violations des droits de l'homme, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, de violences sexuelles contre les femmes et d'enrôlement d'enfants soldats soient poursuivis et conformément au droit national et au droit pénal international; il souligne à cet égard que la situation en RCA a déjà été évoquée devant la Cour pénale internationale (CPI).