Programme européen de surveillance de la Terre (GMES) et sa mise en oeuvre initiale 2011-2013
La Commission a présenté un rapport sur lévaluation intermédiaire du programme européen de surveillance de la Terre (GMES) et sa mise en uvre initiale (2011-2013).
Ce rapport étant de nature intermédiaire, il repose principalement sur une approche qualitative de lévaluation et se borne à proposer un ensemble dindicateurs envisageables pour de futures évaluations.
Le retard dans la réalisation de cette action est dû à la monopolisation de ressources liée à la rédaction urgente de la proposition de règlement «Copernicus» (le successeur du programme GMES) pour la phase opérationnelle du programme ainsi que de lacte délégué relatif à la politique en matière de données de Copernicus. Ce travail a été considéré prioritaire afin dassurer la continuité et la stabilité maximales du cadre réglementaire applicable aux utilisateurs.
Le programme de mise en uvre initiale de GMES a démarré officiellement le 1er janvier 2011, et les premiers services opérationnels GMES en avril 2012. Les deux services ayant atteint un niveau pleinement opérationnel sont le i) service de gestion des situations durgence (EMS) et ii) le service de surveillance des terres.
Principaux résultats de lévaluation intermédiaire : cette évaluation, confiée par la Commission au Centre for Strategy and Evaluation Services, a confirmé le bien fondé, lefficacité et lefficience du programme. Les principales conclusions sont les suivantes :
- Lobjectif détablir les premiers services opérationnels a déjà été atteint. Sagissant de la cohérence, lévaluation signale des obstacles à la maximisation du potentiel, dus au manque de sensibilisation des entreprises, ainsi quune demande de données de plus haute résolution. Dans lensemble, les deux principaux services opérationnels devraient présenter un bon rapport coûts résultats; dautres incidences devraient être examinées lors de lévaluation ex post, qui aura lieu en 2015.
- Les parties prenantes ont été satisfaites de la gestion en général et des dispositions de mise en uvre dans le cadre du programme. La plupart des utilisateurs se sont dits intéressés non seulement par les services déjà opérationnels mais aussi par les produits transversaux qui découleront de la gamme complète des services opérationnels. Ils étaient satisfaits de la délégation de fonctions spécifiques au Centre commun de recherche (JRC), à lAgence européenne pour lenvironnement (AEE) et au Centre de suivi et dinformation de la DG ECHO pour ce qui concerne le développement de deux services GMES.
- Le travail de lunité de la Commission responsable du programme a été jugé positif et lexistence de la continuité entre les projets de recherche et les services pré-opérationnels a été reconnue. Néanmoins, le besoin dune meilleure gestion des priorités a été souligné. Dans lensemble, le programme a été perçu comme étant un mécanisme efficace de développement de services pleinement opérationnels.
- La valeur ajoutée européenne du programme a été clairement mise en évidence comme répondant aux besoins de surveillance transfrontalière des utilisateurs pour les secteurs de lintervention durgence et de la surveillance des terres.
Au fil du temps, les ensembles de données européens pourraient agréger des contributions provenant de cartographies nationales, de registres fonciers et doffices du cadastre. Cependant, tout dépend de la résolution des problèmes en souffrance liés à linsuffisance dharmonisation des données.
Principales recommandations et mesures de suivi prévues par la Commission : tirant les leçons de lévaluation, la Commission cherche à améliorer la manière dont elle met en uvre le programme et à tenir compte des recommandations concernant la conception et la réalisation de la phase pleinement opérationnelle.
Politique en matière de données : lévaluation a permis de dégager des orientations pratiques importantes pour la préparation de la proposition de règlement Copernicus pour ce qui est de la formulation de la politique en matière de données et de la définition des besoins de données (cest à dire lentrepôt de données).
Pour répondre au besoin dun meilleur système dachat des données, tant pour le service de gestion des situations durgence que celui de surveillance des terres, une nouvelle version de lentrepôt de données est en cours de discussion entre la Commission européenne et lAgence spatiale européenne.
Gouvernance : lévaluation a donné lieu à des questions sur le rôle futur du forum des utilisateurs, qui doit être séparé de celui du comité GMES de façon à ne pas compromettre la fonction de lien du forum concernant les accords de gouvernance entre la Commission, les États membres et les utilisateurs finals «réels». Le forum des utilisateurs nest pas mentionné dans la proposition actuelle du règlement Copernicus. Toutefois, la participation régulière des parties prenantes sera maintenue, en particulier au niveau des services et avec des groupes dutilisateurs plus spécialisés.
Exploiter les synergies et éviter les doublons : selon lévaluateur, la tendance a été jusquà présent de se concentrer davantage sur la composante spatiale au détriment des composantes «services» et «in situ». Il est jugé essentiel que les responsables des politiques veillent davantage à ce que les services soient suffisamment dotés en ressources. Une réorganisation a récemment été opérée à la Commission pour que les services et la composante «infrastructures» reçoivent une plus grande attention. Par ailleurs, la proposition de règlement Copernicus prévoit une augmentation considérable du financement des services.
Finaliser la politique relative aux informations : les parties prenantes de Copernicus et surtout le secteur privé, qui sont moins bien informés, ont besoin de clarifications sur la façon dont le concept d«accès total et ouvert aux données» fonctionnera en pratique. La Commission a récemment adopté le règlement délégué sur la politique en matière de données, qui explicite ces questions.