Menaces transfrontières graves sur la santé
OBJECTIF : renforcer les capacités et les structures de l'UE en vue de réagir efficacement aux menaces transfrontières graves sur la santé.
ACTE LÉGISLATIF : Décision n° 1082/2013/UE du Parlement européen et du Conseil relative aux menaces transfrontières graves sur la santé et abrogeant la décision n° 2119/98/CE.
CONTENU : la décision établit les règles relatives à la surveillance épidémiologique, à la surveillance des menaces transfrontières graves sur la santé, à lalerte précoce en cas de telles menaces et à la lutte contre celles-ci, y compris en ce qui concerne la planification de la préparation et de la réaction liées à ces activités, afin de coordonner et de compléter les politiques nationales.
La décision concerne les menaces transfrontières graves sur la santé telles que les menaces d'origine biologique (par exemple, les maladies transmissibles comme la pandémie de grippe H1N1 en 2009), la résistance aux antimicrobiens, les biotoxines (par exemple, l'apparition de foyers d'infection à E. coli en 2011) ou encore les menaces d'origine chimique, inconnue ou environnementale (par exemple, le nuage de cendres volcaniques en 2010).
Planification de la préparation et de la réaction : la décision confère une base légale au comité de sécurité sanitaire (CSS) qui existe actuellement de manière informelle et dont le rôle est renforcé.
La décision stipule que les États membres et la Commission se concertent au sein du CSS en vue de coordonner leurs efforts pour développer, renforcer et maintenir leurs capacités de surveillance des menaces transfrontières graves sur la santé, dalerte précoce en cas de telles menaces, dévaluation de celles-ci et de réaction face à de telles menaces.
Cette concertation vise en particulier à échanger les bonnes pratiques et lexpérience acquise et à favoriser linteropérabilité des systèmes nationaux de planification de la préparation.
Les États membres devraient transmettre à la Commission, au plus tard le 7 novembre 2014, et tous les trois ans par la suite, des informations concernant lévolution de la situation au regard de leur planification de la préparation et de la réaction au niveau national.
Passation conjointe de marché relative à des contre-mesures médicales : la décision permet aux institutions de lUnion et aux États membres qui le souhaitent dengager une procédure conjointe de passation de marché en vue de lachat anticipé de contre-mesures médicales (en particulier des vaccins) relatives à des menaces transfrontières graves sur la santé.
Surveillance épidémiologique et veille ad hoc : la décision institue un réseau de surveillance épidémiologique des maladies transmissibles et des problèmes sanitaires particuliers connexes. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) serait chargé de gérer et de coordonner ce réseau.
Le réseau de surveillance épidémiologique devrait assurer la mise en communication permanente de la Commission, de lECDC et des autorités compétentes chargées, à léchelle nationale, de la surveillance épidémiologique. Une liste des maladies devant faire lobjet dune surveillance figure à lannexe de la décision.
À la suite dune alerte notifiée concernant une menace sur la santé, les États membres devraient sinformer mutuellement par lintermédiaire du système dalerte précoce et de réaction pour les maladies transmissibles (SAPR) et, si lurgence de la situation lexige, par le biais du CSS, au sujet de de lévolution de la situation à léchelle nationale au regard de la menace en question.
Établissement dun système dalerte précoce et de réaction : le système dalerte précoce et de réaction (SAPR), qui existait de manière informelle depuis 1998, est renforcé et son champ d'application est étendu à toutes les menaces transfrontalières pour la santé, en vue de permettre une coordination et une réaction à l'échelle de l'UE.
Le SAPR doit permettre à la Commission et aux autorités compétentes chargées au niveau national dêtre en communication permanente aux fins de donner lalerte, dévaluer les risques pour la santé publique et de déterminer les mesures qui peuvent être nécessaires pour protéger la santé publique.
Les autorités nationales compétentes ou la Commission devraient notifier une alerte dans le SAPR lorsque lapparition dune menace transfrontière grave sur la santé remplit lensemble des critères suivants:
- la menace est inhabituelle ou imprévue au lieu et au moment considérés, ou elle entraîne ou peut entraîner une morbidité ou une mortalité importante chez lhomme, ou elle se développe ou peut se développer rapidement, ou elle dépasse ou risque de dépasser les capacités de réaction nationales; et
- la menace concerne ou peut concerner plus dun État membre; et
- la menace nécessite ou peut nécessiter une réaction coordonnée au niveau de lUnion.
Reconnaissance de situations durgence : la décision introduit la possibilité pour la Commission de reconnaître une situation d'urgence en matière de santé publique dans le but daccélérer la mise à disposition de médicaments nécessaires à la lutte contre la crise sanitaire.
Avant de reconnaître une situation durgence en matière de santé publique au niveau de lUnion, la Commission devrait entrer en contact avec lOMS afin de communiquer lanalyse faite par la Commission de la situation dépidémie et dinformer lOMS de son intention de prendre une telle décision. Lorsquune telle décision est adoptée, la Commission devrait également en informer lOMS.
La survenance dun événement lié à des menaces transfrontières graves pour la santé et susceptible davoir une portée européenne pourrait alors obliger les États membres concernés à prendre de manière coordonnée des mesures particulières de contrôle ou de recherche des contacts, en vue didentifier les personnes déjà contaminées et les personnes exposées à un risque.
Indépendance des experts : la nouvelle décision introduit une clause sur l'indépendance et la transparence dont doivent faire preuve les experts impliqués dans le système. Ainsi, les experts du SAPR devraient déclarer la présence ou l'absence de tout intérêt, direct ou indirect, qui pourrait être considéré comme préjudiciable à leur indépendance.
ENTRÉE EN VIGUEUR : 06/11/2013.