Travail intérimaire
La Commission présente un rapport sur lapplication de la directive 2008/104/CE relative au travail intérimaire.
Pour rappel, ce texte a pour objet dassurer la protection des travailleurs intérimaires et daméliorer la qualité du travail intérimaire en assurant le respect du principe de légalité de traitement à légard des travailleurs intérimaires et en reconnaissant les entreprises de travail intérimaire comme des employeurs, tout en tenant compte de la nécessité détablir un cadre approprié dutilisation du travail intérimaire en vue de contribuer efficacement à la création demplois et au développement de formes souples de travail.
Plus particulièrement, la directive:
- établit le principe de légalité de traitement dans les entreprises utilisatrices, tout en permettant certaines dérogations encadrées par de strictes conditions;
- prévoit un réexamen par les États membres, au cours du délai de transposition, des restrictions et interdictions applicables au travail intérimaire;
- améliore laccès des travailleurs intérimaires à un emploi permanent, aux équipements collectifs des entreprises utilisatrices et à la formation;
- comprend des dispositions sur la représentation des travailleurs intérimaires.
Objectifs du rapport : le présent rapport vise à réexaminer lapplication de la directive par les États membres. Lobjectif du rapport est double :
- faire un état des lieux de létat de la transposition de la directive par les États membres et indiquer les principaux problèmes;
- examiner si le bilan de lapplication de la directive, 2 ans après lexpiration du délai de transposition, justifierait déventuelles modifications du texte en vigueur.
État de la transposition : le texte devait être transposé pour le 5 décembre 2011 au plus tard. Le rapport indique que tous les États membres ont transposé la directive mais que la transposition a souvent été tardive et na eu lieu quaprès que la Commission eut lancé des procédures dinfraction. En début 2012, la Commission a ainsi envoyé des lettres de mise en demeure à 15 États membres pour non-communication des mesures de transposition. La même année, elle a ensuite envoyé des avis motivés à 3 États membres. Dans le dernier État membre à transposer la directive, lacte de transposition est entré en vigueur le 1er juillet 2013.
La transposition a pris des formes très différentes. Dans certains États membres en effet, le travail intérimaire était déjà réglementé, avant que la directive ne devienne applicable. Dautres ne disposaient pas de cadre juridique se rapportant au travail intérimaire et en ont créé un à loccasion de la transposition de la directive.
Lanalyse présentée dans le rapport indique quen général les dispositions de la directive semblent avoir été correctement transposées et appliquées, mais aussi que lobjectif de la directive na pas encore été totalement atteint (équilibre entre lamélioration de la protection des travailleurs intérimaires, notamment en établissant le principe de légalité de traitement, et soutien du rôle positif que le travail intérimaire peut jouer en apportant plus de souplesse au marché du travail). Ainsi, lampleur du recours à certaines dérogations au principe de légalité de traitement peut, dans des cas spécifiques, aboutir à une situation où lapplication de la directive naméliore pas vraiment la protection des travailleurs intérimaires.
Par ailleurs, le réexamen des interdictions et restrictions touchant au travail intérimaire a servi, dans la majorité des cas, à légitimer le statu quo plutôt quà permettre de repenser le rôle du travail intérimaire dans un marché du travail moderne et souple.
La Commission indique dès lors quelle continuera à suivre de près lapplication de la directive en tenant compte de lévolution du droit du travail et du travail intérimaire pour garantir que son but est bien atteint et que ses dispositions sont correctement et intégralement transposées dans tous les États membres. Pour ce faire, elle travaillera en relation avec les États membres et les partenaires sociaux dans le cadre du groupe de travail chargé du suivi de lapplication de la directive, ainsi que dans dautres enceintes.
De plus, la Commission indique quelle traitera de la façon qui conviendra les problèmes dapplication de la directive en usant, si nécessaire, de procédures dinfraction. En outre, les plaintes quelle reçoit à lencontre dÉtats membres, les pétitions et les questions préjudicielles envoyées à la Cour de justice peuvent constituer une source dinformation importante sur les mesures ou pratiques nationales qui ne seraient pas conformes à la directive.
Non-nécessité dun réexamen de la directive: le rapport constate lampleur du travail accompli pour transposer la directive, surtout dans les États membres qui ne possédaient pas de réglementation spécifique au travail intérimaire ou qui inscrivaient pour la première fois le principe de légalité de traitement dans leur droit.
La Commission indique dès lors quil faut davantage de temps avant de pouvoir dresser un bilan dapplication de la directive, déterminer si celle-ci a pleinement atteint ses objectifs et juger de lopportunité dy apporter des modifications. Á ce jour, la jurisprudence de la Cour de justice de lUE ne contient encore aucune référence à son application. Dans ce contexte, au vu de sa propre évaluation de lapplication de la directive et des avis exprimés par les États membres et par les partenaires sociaux européens pendant le processus de consultation du rapport, la Commission est davis quaucune modification nest encore nécessaire.