Décharge 2012: Entreprise commune IMI pour la mise en œuvre de l'initiative technologique conjointe en matière de médicaments innovants
Le Parlement européen a adopté une décision concernant la décharge à octroyer au directeur exécutif de l'entreprise commune pour la mise en uvre de l'initiative technologique conjointe en matière de médicaments innovants (IMI) sur l'exécution du budget de lIMI pour l'exercice 2012. Le vote sur la décision de décharge couvre la clôture des comptes (conformément à lannexe VI, article 5, par. 1, du règlement intérieur du Parlement européen).
Constatant que la Cour des comptes avait indiqué avoir obtenu lassurance raisonnable que les comptes annuels de lIMI présentaient fidèlement, dans tous leurs aspects significatifs, la situation financière de celle-ci au 31 décembre 2012, ainsi que les résultats de ses opérations et les flux de trésorerie pour l'exercice clos à cette date, le Parlement a adopté par 485 voix pour, 62 voix contre et 15 abstentions, une résolution contenant une série de recommandations qui font partie intégrante de la décision de décharge et qui sajoutent aux recommandations générales figurant dans la résolution concernant la performance, la gestion financière et le contrôle des agences.
Ces recommandations peuvent se résumer comme suit :
- Opinion avec réserve de la Cour des comptes : le Parlement se dit préoccupé par le taux d'erreur détecté à la suite des audits ex post, effectués par l'entreprise commune ou en son nom (5,82% de taux derreur). Il admet que la plupart de ces erreurs étaient relativement petites en ce qui concerne le montant à corriger (moins de 5.000 EUR en faveur de lentreprise commune) et se réjouit des mesures qui ont été prises pour recouvrer ces montants ou les déduire des paiements suivants. Il signale également que les actions menées par l'entreprise commune pour prévenir et corriger ces erreurs ont eu un effet sur le taux d'erreur résiduel. Le Parlement déplore toutefois lopinion avec réserve sur la légalité et la régularité des opérations sous-jacentes aux comptes émise par la Cour et ce, pour un deuxième exercice consécutif.
- Taux dexécution et reports de crédits: le Parlement sinquiète encore de ce qu'une large part des crédits dengagement et de paiement correspondant aux dépenses administratives de 2012 était toujours inutilisée à la fin de lexercice (26,81% des crédits dengagement et 39,8% des crédits de paiement). Il constate que cette forte proportion de crédits inutilisés dans le budget de fonctionnement de lentreprise commune était due à un manque de réalisme dans ses estimations budgétaires.
- Droits de la Cour des comptes en matière d'audit : le Parlement est surpris d'apprendre que les dispositions du règlement du Conseil portant création de lentreprise commune naccorde pas à la Cour des comptes le droit de contrôler les contributions en nature des sociétés membres de lEFPIA (Fédération européenne des associations de lindustrie pharmaceutique, associée aux recherches), bien quelles figurent dans les états financiers de lentreprise commune. Il souligne que, selon les estimations, ces contributions représenteraient environ un milliard EUR sur la durée de vie de lentreprise commune et invite la Cour à préciser les implications que cette disposition comporte quant à son rapport annuel sur les comptes de l'entreprise commune.
Le Parlement a en outre fait une série dobservations sur la politique de passation de marchés, les systèmes de contrôle et daudit internes et dautres aspects transversaux des entreprises communes européennes dans le domaine de la recherche.
Le Parlement invite également la Cour des comptes à suivre les politiques de l'entreprise commune en ce qui concerne la gestion et la prévention des conflits d'intérêts en élaborant un rapport spécial sur la question pour la prochaine procédure de décharge.
ITC : le Parlement invite par ailleurs la Cour des comptes à effectuer une analyse détaillée des initiatives technologiques conjointes (ITC) et des autres entreprises communes dans un rapport distinct, eu égard aux montants considérables en jeu et aux risques présentés notamment en matière de réputation. Á cet égard, il indique que le montant total des recettes de 2012 des ITC s'élevait à quelque 2,5 milliards EUR, soit environ 1,8% du budget général de l'Union, quelque 618 millions EUR provenant du budget général de l'Union (contributions en espèces de la Commission) et environ 134 millions EUR des partenaires industriels et des membres des entreprises communes. Il indique en outre que la contribution totale de l'Union jugée nécessaire pour les entreprises communes pendant toute leur durée de vie se chiffre à 11,5 milliards EUR.
Il rappelle qu'il a précédemment demandé à la Cour des comptes d'élaborer un rapport spécial sur la capacité des entreprises communes à garantir, conjointement avec leurs partenaires privés, la valeur ajoutée et une exécution efficace des programmes de recherche, de développement technologique et de démonstration de l'Union.
Il approuve la conclusion de la Cour des comptes selon laquelle les ITC ont été mises en place pour soutenir des investissements industriels à long terme dans des domaines de recherche bien définis mais constate qu'il a fallu en moyenne deux ans aux ITC pour acquérir leur autonomie financière, ce qui signifie que la Commission a assumé ces responsabilités en moyenne pendant un tiers de la durée de vie opérationnelle prévue des ITC.