Droit au regroupement familial
La Commission présente un rapport proposant des lignes directrices pour lapplication de la directive 2003/86/CE relative au droit au regroupement familial.
Objectif et genèse des lignes directrices : dans un rapport sur la mise en uvre de la directive, adoptée en octobre 2008, la Commission avait conclu quil existait plusieurs problèmes généraux de mauvaise transposition ou dapplication erronée de la directive et que les effets de la directive sur lharmonisation des règles de regroupement familial demeuraient limités.
En 2011, la Commission a dès lors publié un livre vert relatif au droit au regroupement familial afin de recueillir des avis concernant la manière de renforcer lefficacité des règles à léchelle de lUnion européenne et de rassembler des informations sur lapplication de la directive. La Commission a reçu 120 réponses, dont des contributions provenant de 24 États membres, dorganisations internationales, de partenaires sociaux, dONG et de particuliers. Le consensus qui sest dégagé de la consultation publique était le suivant: la directive ne devrait pas être révisée et la Commission devrait plutôt:
- veiller à lapplication pleine et entière des règles en vigueur,
- engager des procédures dinfraction le cas échéant, et
- publier des lignes directrices sur les problèmes recensés.
Cest la raison pour laquelle, avec la présente communication, la Commission fournit aux États membres des orientations sur les modalités dapplication de la directive 2003/86/CE dans le cadre dune approche évolutive, notamment en raison de linterprétation permanente de ce texte par la Cour de justice de lUnion européenne (CJUE).
Marge dappréciation : la CJUE a confirmé que larticle 4, paragraphe 1, «impos[ait] aux États membres des obligations positives précises, auxquelles correspond[ai]ent des droits subjectifs clairement définis, puisquil leur impos[ait], dans les hypothèses déterminées par la directive, dautoriser le regroupement familial de certains membres de la famille du regroupant sans pouvoir exercer leur marge dappréciation». Dautre part, il a été reconnu que les États membres disposaient dune certaine marge dappréciation et pouvaient décider détendre le droit au regroupement familial aux membres de la famille autres que le conjoint et les enfants mineurs. Ils pouvaient notamment subordonner lexercice du droit au regroupement familial au respect de certaines exigences si la directive lautorisait.
Ils conservent en particulier une certaine marge dappréciation pour vérifier si les exigences établies par la directive sont respectées et pour mettre en balance les intérêts concurrents de lindividu et de la société dans son ensemble, dans chaque circonstance de fait.
Toutefois, lautorisation du regroupement familial étant la règle générale, les dérogations doivent être interprétées de manière stricte. La marge dappréciation reconnue aux États membres ne doit donc pas être utilisée dune manière qui porterait atteinte à lobjectif de la directive, qui est de favoriser le regroupement familial, et à leffet utile de celle-ci.
Parallèlement, le droit au regroupement familial nest pas illimité. Les bénéficiaires sont tenus de respecter la législation de leur pays daccueil, comme indiqué dans la directive.
En conséquence, la présentation de lignes directrices destinées à clarifier linterprétation de certaines des dispositions applicables et à faciliter leur mise en uvre savère indispensable.
Lignes directrices : bien que les États membres conservent une certaine marge d'appréciation dans l'application de certaines des dispositions facultatives de la directive, les lignes directrices présentées dans la communication font en sorte que le pouvoir discrétionnaire des États membres ne porte pas atteinte aux droits des individus.
Prises globalement, les lignes directrices fournissent un cadre adapté pour une compréhension plus transparente et plus claire des règles de regroupement familial et des normes communes au niveau de l'UE, en particulier pour les domaines suivants :
- le champ d'application de la directive (par exemple, la clarification de la définition et des concepts applicables pour les migrants qui tombent sous le coup des règles de l'UE);
- les règles applicables à la présentation et à l'examen dune demande (par exemple, les éléments de preuve à lappui dune demande de regroupement, la longueur des procédures);
- les conditions de l'exercice du droit au regroupement familial (par exemple, l'hébergement, le régime d'assurance maladie, les ressources dites «suffisantes», les mesures d'intégration);
- les conditions d'entrée et de séjour des membres de la famille (par exemple, visas de long séjour et permis de séjour, accès à l'emploi);
- la situation des bénéficiaires d'une protection internationale (réfugiés);
- les principes généraux liés par exemple à la disponibilité de l'information, la question de l'intérêt supérieur de l'enfant, la lutte contre les situations d'abus et de fraude et le droit de contester en justice les décisions.