Sécurité des patients, la prévention des infections associées aux soins et la lutte contre celles-ci
La recommandation du Conseil 2009/C 151/01 énonçait toute une série de mesures relatives à la sécurité générale des patients et aux infections associées aux soins (IAS). Elle invitait également la Commission à déterminer lefficacité des mesures proposées et à étudier la nécessité dentreprendre une action complémentaire.
Le 1er rapport de la Commission, publié en 2012 (dont le résumé figure sur la présente fiche de procédure à la date du 13/11/2012), a mis en évidence des progrès satisfaisants en ce qui concerne lélaboration de politiques et de programmes nationaux visant à assurer la sécurité des patients. Le rapport faisait toutefois état de progrès inégaux au sein de lUE. Certains États membres avaient indiqué que la crise économique les avait contraints à des restrictions budgétaires, ce qui avait ralenti la mise en uvre. La Commission a donc proposé de prolonger de deux années supplémentaires le suivi de lapplication des dispositions relatives à la sécurité générale des patients.
- Sécurité des patients :
Constatation générale : depuis ladoption de la recommandation, les États membres ont réalisé des progrès dans lélaboration des politiques relatives à la sécurité des patients : 26 pays ont défini ou sont en train de finaliser des stratégies ou des programmes concernant la sécurité des patients, que ce soit de façon autonome ou dans le cadre dautres politiques nationales. La plupart ont donné des exemples dindicateurs permettant dévaluer les stratégies.
Toutefois, le rapport indique que la recommandation a eu moins dimpact sur le renforcement de la culture de sécurité des patients au niveau des établissements de soins, cest-à-dire sur la tendance à encourager les professionnels de la santé à tirer des enseignements des défaillances constatées. Elle na eu en outre quun impact partiel sur lautonomisation des patients. Selon lauto-évaluation des pays, la recommandation a encouragé la sensibilisation sur la sécurité des patients au niveau des établissements de santé (20 réponses). Seulement la moitié des pays ont estimé quelle avait eu un impact sur lautonomisation des organisations de patients et des patients individuels.
Á cet effet, le rapport met en évidence les mesures qui ont été prises au niveau de lUnion européenne et note que le livre vert de la Commission sur la santé mobile met en exergue les avantages de lutilisation de solutions de télémédecine et de santé mobile pour assurer la sécurité des patients.
Éducation et formation du personnel de santé : ce point constitue lun de ceux pour lequel les États membres et les parties prenantes ont souligné la nécessité de poursuivre les efforts. La plupart des pays ont déclaré avoir favorisé la formation multidisciplinaire à la sécurité des patients dans les établissements de soins, mais les trois quarts ne fournissent aucune information concernant la formation réellement dispensée dans les hôpitaux.
La sécurité des patients na pas vraiment été intégrée dans les programmes de lenseignement supérieur du premier cycle et des cycles ultérieurs, ni dans la formation en cours demploi et la formation continue des professionnels, exceptés dans 6 États membres. Dans 8 États membres, elle nest pas obligatoire à tous les niveaux ni pour tous les professionnels de la santé. Dans les pays où il est obligatoire dintégrer la sécurité des patients dans léducation et la formation, la sécurité des patients sinscrit bien souvent dans la formation en cours demploi des médecins, infirmiers et pharmaciens.
Perception du public : le sondage Eurobaromètre B80.2 sur la sécurité des patients et qualité des soins, publié en juin 2014, a démontré que la recommandation navait pas modifié la perception des citoyens européens vis-à-vis de la sécurité des soins. Comme en 2009, plus de 50% des répondants estimaient que les patients pouvaient subir un préjudice à la suite de soins hospitaliers ou non hospitaliers. En outre, 25% des répondants ont affirmé queux ou leur famille avaient subi un événement indésirable. Les patients signalent aujourdhui nettement plus dévénements indésirables quen 2009 (46% contre 28%). La plupart des répondants ont cependant déclaré que ces signalements navaient pas entraîné daction spécifique.
Autres actions : la Commission estime quil est nécessaire de poursuivre les efforts au niveau de lUE pour aider les États membres à améliorer la sécurité des patients et la qualité des soins. Les mesures suivantes pourraient présenter un intérêt particulier pour les travaux futurs de lUE, en étroite collaboration avec les États membres et les parties prenantes:
- une définition commune de la qualité des soins et un soutien supplémentaire en faveur de lélaboration dune terminologie commune, dindicateurs communs et de la recherche en matière de sécurité des patients;
- la collaboration de lUE en matière de sécurité des patients et de qualité des soins pour léchange de bonnes pratiques et de solutions efficaces. Elle pourrait sappuyer sur laction conjointe actuelle et sétendre à dautres sujets identifiés par les États membres et les parties prenantes;
- lélaboration de lignes directrices sur la façon de communiquer des informations aux patients concernant la qualité des soins;
- lélaboration avec les États membres dun modèle européen de normes de sécurité des patients et de qualité des soins en vue de parvenir à une compréhension commune de cette notion dans lUE;
- une réflexion avec les États membres sur la question du dédommagement prévu dans la directive 2011/24/UE;
- la promotion du développement de la formation des patients, des familles et des soignants informels utilisant également des outils TIC;
- la promotion du signalement en tant quoutil permettant de diffuser une culture de sécurité des patients et la mise à jour régulière et la diffusion du guide sur la mise en place et le fonctionnement des systèmes de signalement capables de tirer des enseignements des défaillances.
- Infections associées aux soins (IAS)
En menant à ladoption dune définition de cas générale et spécifique des IAS et en établissant une méthodologie et cadre normalisés pour la surveillance nationale des IAS, laction au niveau de lUE a contribué à renforcer les systèmes de surveillance des IAS au sein de lUE.
En particulier, lenquête européenne de prévalence ponctuelle des IAS et de lutilisation des antimicrobiens réalisée par lECDC en 2011-12 a contribué à lamélioration de la collecte de données sur les IAS, même dans les États membres qui navaient pas encore débuté cette activité. Depuis la publication de la recommandation, une enquête européenne de prévalence ponctuelle a été réalisée dans les hôpitaux de soins de courte durée en 2011-12 (ECDC PPS) et deux autres, dans les établissements de soins de longue durée. Dans lensemble, le niveau de participation dans les modules européens de surveillance des IAS a été considéré comme élevé dans 9 pays ou régions (AT, DE, ES, FR, IT, LT, MT, PT et RU-Écosse), moyen dans 13 autres (BE, CZ, EE, FI, HU, LU, NL, NO, RO, SK, RU-Angleterre, RU-Irlande du Nord et RU-pays de Galles) et faible dans 11 pays (BG, CY, DK, EL, RH, Islande, IE, LV, PL, SE et SI).
Le rapport sur la prévalence ponctuelle et le premier rapport de mise en uvre de la Commission indiquent que les États membres devraient concentrer leurs efforts sur la surveillance ciblée des IAS dans les infections du site opératoire, les unités de soins intensifs et les maisons de soins infirmiers et autres établissements de soins longue durée.
Dautres mesures devraient être adoptées par les États membres pour améliorer la détermination des cas de routine des IAS, grâce à lélaboration de lignes directrices nationales de diagnostic, la formation continue du personnel de santé en matière dapplication des définitions de cas des IAS et de renforcement des capacités de laboratoire et des autres capacités de diagnostic dans les établissements de soins.
Plus précisément, lenquête européenne de prévalence ponctuelle a mis en évidence la nécessité détablir : i) un nombre suffisant demployés spécialisés dans le contrôle des infections dans les hôpitaux et autres établissements de santé; ii) une capacité disolement suffisante pour les patients infectés par des micro-organismes pertinents sur le plan clinique dans les hôpitaux de soins de courte durée; iii) une surveillance normalisée de la consommation de lave-mains à base dalcool.
Enfin, afin de favoriser davantage la prévention et le contrôle des infections associées aux soins de la part des États membres et à lappui de la mise en uvre de la recommandation, la Commission et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) ont fixé des priorités pour la lutte contre les IAS.