Décharge 2013: budget général UE, Commission européenne et agences exécutives
OBJECTIF : présentation par la Commission des comptes annuels consolidés de l'Union européenne pour lexercice 2013 étape de la procédure de décharge 2013.
Analyse des comptes des institutions de lUE Commission européenne.
Rappel juridique : le document rappelle que les comptes consolidés de lUnion européenne relatifs à lexercice 2013 ont été élaborés sur la base des informations fournies par les autres institutions et organismes conformément à larticle 148, par. 2, du règlement financier applicable au budget général de lUnion européenne ainsi quau titre IX dudit règlement financier.
1) Principes : ce document apporte principalement des éclairages sur la mécanique budgétaire et la manière dont le budget de lUE a été géré et dépensé en 2013. Á cet effet, le document rappelle que les dépenses opérationnelles de lUE couvrent les diverses rubriques du cadre financier et se présentent sous différentes formes, en fonction de la manière dont les crédits sont dépensés et gérés.
Sagissant des comptes de lexercice 2013, la Commission classe ses dépenses comme suit:
- gestion centralisée directe: exécution directe du budget par les services de la Commission;
- gestion centralisée indirecte: la Commission confie certaines tâches dexécution du budget à des organismes de droit européen ou de droit national, tels que les agences européennes de droit public ou exécutant des missions de service public;
- gestion décentralisée: la Commission délègue à des pays tiers certaines tâches dexécution du budget;
- gestion partagée: méthode de gestion par laquelle les missions dexécution du budget sont déléguées aux États membres. La majorité des dépenses relèvent de ce mode de gestion qui englobe des domaines tels que les dépenses agricoles et les actions structurelles;
- gestion conjointe: dans ce cadre, la Commission confie certaines tâches dexécution à une organisation internationale.
Á noter que larticle 58 du nouveau règlement financier qui a partiellement revu les méthodes de mise en uvre du budget sapplique à compter du 1er janvier 2014.
Le document présente également les acteurs financiers en jeu dans la mécanique budgétaire (comptable, ordonnateur et auditeur interne, ) et rappelle leurs rôles respectifs dans le contexte des tâches de contrôle et de bonne gestion financière.
Parmi les autres éléments liés à lexécution budgétaire présentés dans ce document, on note des indications relatives:
- aux principes comptables applicables à la gestion des dépenses européennes (continuité des activités ; permanence des méthodes comptables ; comparabilité des informations );
- aux méthodes de consolidation des chiffres pour lensemble des grandes entités contrôlées (les états financiers consolidés de lUE englobent lensemble des grandes entités contrôlées institutions/organes/agences de lUE);
- à la comptabilisation des actifs financiers de lUE (immobilisations corporelles et incorporelles, autres actifs financiers et investissements divers);
- à la manière dont les entités de lUE (y compris les agences et les entreprises communes) sont contrôles;
- à la manière dont les dépenses publiques européennes sont engagées et payées, y compris préfinancements (avances en espèces destinées à tout bénéficiaire dun organe de lUE);
- aux modes de recouvrements après détection des irrégularités;
- au modus operandi relatif à la reddition des comptes;
- à la procédure daudit suivie par loctroi de la décharge par le Parlement européen.
Pour rappel, la décharge constitue le volet politique du contrôle externe de lexécution budgétaire et se définit comme la décision par laquelle le Parlement européen, sur recommandation du Conseil, «libère» la Commission pour sa gestion dun budget donné en clôturant la vie de ce budget. Lors de loctroi de la décharge, le Parlement peut mettre en exergue des observations quil estime importantes, souvent en recommandant à la Commission de prendre des mesures sur les aspects considérés.
Le document apporte également des précisions sur certaines dépenses spécifiques des institutions dont notamment : i) dépenses de pension des anciens membres et fonctionnaires des institutions; ii) dépenses liées au régime commun dassurance-maladie et iii) dépenses immobilières.
Le document présente en outre une série de tableaux et indications techniques chiffrées portant sur : i) le bilan financier ; ii) le compte de résultat économique ; iii) les flux de trésorerie ; iv) des annexes techniques liées aux états financiers.
2) Bilan financier de lexécution budgétaire : résultats obtenus et difficultés de mise en uvre : outre des éléments dordre juridique sur la manière dont les dépenses de lUnion sont exécutées, le document met en lumière les difficultés liées à la gestion et à lexécution de certaines dépenses de lUnion:
a) montants/recettes à réclamer aux États membres : le document indique quau 31.12.2013, le total des montants à réclamer aux États membres pour alimenter le budget se montait à quelque 50 milliards EUR. Ce montant représente la part des dépenses déjà encourues par la Commission jusquau 31.12.2013 à financer par des budgets ultérieurs. Compte tenu de cette inscription au passif des Communautés et du fait que les montants correspondants seraient financés sur des budgets ultérieurs, le passif est de loin supérieur à lactif en fin dexercice. Les montants les plus significatifs à mettre en évidence concernent les activités du FEAGA. Le document indique toutefois que ces éléments nont aucun effet sur le résultat de lexécution du budget, les recettes budgétaires devant toujours être égales ou supérieures aux dépenses budgétaires, tout excédent de recettes étant restitué aux États membres.
b) corrections financières et recouvrement : le document donne un aperçu de la correction des erreurs et des irrégularités découvertes, notamment dans la partie du budget de lUE mise en uvre au titre de la gestion partagée (soit quelque 80% de la totalité du budget). Dans le cadre de la gestion partagée, la Commission confie aux États membres la mise en uvre des programmes de l'UE, ce qui signifie que la contribution de lUE est versée aux États membres, généralement à un organisme payeur spécifique qui est ensuite responsable des paiements effectués aux bénéficiaires. Par conséquent, les États membres sont les principaux responsables de la prévention, de la détection et de la correction derreurs et dirrégularités commises par les bénéficiaires, tandis que la Commission européenne joue un rôle global de supervision (par exemple, en vérifiant le bon fonctionnement des systèmes de gestion et de contrôle des États membres).
Le montant total des corrections financières et des recouvrements exécutés en 2013 a diminué de 25% par rapport à 2012. Laugmentation de 27% des recouvrements exécutés en 2013 a été compensée par la diminution des corrections financières de 34% effectuées en 2013. Cette réduction est due à une importante affaire associée à lexécution et partant, à linscription, en 2012, dune correction financière de 1,8 milliard EUR concernant les programmes de cohésion 2000-2006 en Espagne (représentant 49% du montant total des corrections financières exécutées en 2012). Sur le montant de 1,759 milliard EUR qui concernait la politique de cohésion, 693 millions EUR se rapportaient à la période de programmation 2007-2013, 889 millions EUR, à la période de programmation de 2000-2006 et le solde de 177 millions EUR, à la période de programmation 1994-1999.
c) préfinancements : le préfinancement est un paiement destiné à fournir au bénéficiaire une avance en espèces, à savoir un fonds de trésorerie. Si le bénéficiaire nencourt pas de dépenses éligibles, il est dans lobligation de restituer le préfinancement à lUE. Au 31.12.2013, le montant total de préfinancements à long terme était de 38,072 milliards EUR contre 44,505 milliards EUR fin 2012. Le préfinancement représente une grande partie du total des actifs de lUE et bénéficie donc d'une attention soutenue et régulière. La Commission précise toutefois que le niveau des montants de préfinancements dans les différents programmes doit être suffisant pour garantir les fonds de trésorerie nécessaires pour que le bénéficiaire puisse entamer le projet tout en préservant également les intérêts financiers de l'UE. Les plus gros montants de préfinancement non courant se rapportent à des actions structurelles pour la période de programmation 2007-2013: le Fonds européen de développement régional (FEDER) et le Fonds de cohésion, 19,6 milliards EUR; le Fonds social européen (FSE), 5,6 milliards EUR; le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), 5,2 milliards EUR, le Fonds européen pour la pêche (FEP), 600 millions EUR.
d) Reste à liquider (RAL): le RAL budgétaire correspond au montant des engagements ouverts pour lesquels les paiements et/ou dégagements nont pas encore été effectués. Le RAL budgétaire est la conséquence normale de lexistence de programmes pluriannuels. Au 31 décembre 2013, le RAL budgétaire se montait à 222,41 milliards EUR (2012: 217,81 milliards EUR).
e) activités demprunt et de prêt de lUE : le document donne des informations sur les activités d'emprunt et de prêt de lUE dont les activités du Fonds européen de Stabilité financière (FESF - non garanti par le budget de lUE et dont les montants ne sont pas consolidés dans les comptes de lUE) et du Mécanisme européen de stabilité (MES qui exerce depuis le 1er juillet 2013 et constitue le seul mécanisme permanent qui réponde aux demandes daide financière des États membres de la zone euro). Il sagit dune organisation intergouvernementale de droit public international en dehors du cadre du traité de lUE qui na aucun impact sur le budget de lUE.
Le document met également en lumière le niveau de risque que les assistances macrofinancières octroyées aux pays tiers impliquent pour lUE.
3) Exécution des crédits pour lexercice 2013 : le document comporte également une série dannexes chiffrées dont les plus importantes concernent lexécution budgétaire:
a) tableau sur lexécution des engagements par rubrique et taux dexécution en pourcentage :
- Croissance durable : 72,69 milliards EUR ; taux dexécution de 96,84%
- Conservation et gestion des ressources naturelles : 61,46 milliards EUR ; 98,28%
- Citoyenneté, liberté, sécurité et justice : 2,78 milliards EUR ; 97,59%
- LUE en tant que partenaire mondial : 9,79 milliards EUR ; 97,78%
- Administration : 8,87 milliards EUR ; 95,57%
- Compensation: 75 millions EUR; 100%
Total engagements : 155,66 milliards EUR ; 97,4%
b) tableau sur lexécution des paiements par rubrique et taux dexécution en pourcentage :
- Croissance durable : 71,24 milliards EUR ; 96,89%
- Conservation et gestion des ressources naturelles : 59,52 milliards EUR ; 98,54%
- Citoyenneté, liberté, sécurité et justice : 1,88 milliard EUR ; 85,71%
- LUE en tant que partenaire mondial : 7,05 milliards EUR ; 97,99%
- Administration : 8,69 milliards EUR ; 86,44%
- Compensation: 75 millions EUR; 100%
Total paiements: 148,47 milliards EUR ; 96,75%
c) exécution budgétaire - conclusions : le document apporte enfin des détails sur lexécution budgétaire proprement dite (en termes plus politiques). Lannée 2013 était la dernière année de la période de programmation actuelle 2007-2013. Le budget initial pour toutes les institutions a fixé les crédits dengagement à 150,898 milliards EUR, soit une augmentation de 1,7% par rapport au budget final de 2012. Les crédits de paiement ont été fixés à 132,837 milliards EUR, après une réduction de 4,96 milliards EUR dans le projet de budget 2013. Cela signifiait une diminution de 2,2% par rapport au budget 2012. Le niveau initial des crédits de paiement en 2013 correspondait à 0,99% du RNB de lUnion et laissait une marge de 11,24 milliards EUR en deçà du plafond du cadre financier.
Sagissant des engagements, les crédits budgétaires finaux et partant, les objectifs politiques fixés ont été pleinement exécutés (99,7% à lexclusion des réserves non mobilisées). Les ajustements les plus notables, apportés par la voie de budgets rectificatifs, au cours de lexercice concernaient les montants nécessaires pour faire face à ladhésion de la Croatie (655 millions EUR), la mobilisation du Fonds de solidarité de lUnion européenne (415 milliards EUR), des dépenses imprévues par nature et des engagements supplémentaires sous la rubrique 1b pour la France, lItalie et lEspagne (150 millions EUR), découlant dun accord du Conseil européen daccroître leur dotation au titre des Fonds structurels.
Lexécution totale de 151,08 milliards EUR a laissé un montant inutilisé de 1,011 milliard EUR.
Créances de lUE et pénurie de crédits de paiements : les augmentations totales des crédits de paiement initialement budgétisés, introduites au moyen de budgets rectificatifs, se sont élevées à 11,6 milliards EUR. Confrontée à la lourde pression des demandes de paiement et au retard des créances impayées de 2012, lautorité budgétaire a adopté des augmentations de 11,2 milliards EUR des crédits de paiement. Ceci a porté le niveau des crédits de paiement au-delà de celui du plafond du cadre financier, aidant à réduire la croissance des engagements restant à liquider (RAL).
Lexécution totale des crédits de paiement du budget final sélevait à 142,883 milliards EUR, soit 98,9%. Cela représente 8 milliards EUR de plus quen 2012, mais aussi 7 milliards EUR de plus que le plafond du cadre financier pour 2014. Quoi quil en soit, le montant en souffrance des demandes de paiement non exécutées à la fin de lexercice na cessé daugmenter pour atteindre 26,2 milliards EUR.
Après la prise en compte du report des crédits de paiement sur 2014, un total de 238 millions EUR est tombé en annulation. Plus de la moitié des crédits tombant en annulation de la Commission proviennent du rejet lié au refus du Conseil de transférer des crédits relatifs à lajustement des traitements. Sur les crédits de paiement reportés de 2012, un montant de 97 millions EUR a été annulé.