Année européenne des citoyens (2013)
Conformément à la décision établissant lAnnée européenne des citoyens 2013, la Commission présente un rapport sur la mise en uvre, les résultats et lévaluation globale de lAnnée européenne des citoyens 2013.
Le rapport sappuie sur les enseignements tirés de lévaluation ex post de lAnnée européenne, réalisée au nom de la Commission par un contractant externe.
Objectifs de lAnnée européenne : dans une résolution datée du 15 décembre 2010 sur la situation des droits fondamentaux dans lUnion européenne (2009), le Parlement européen avait invité la Commission à faire de 2013 lAnnée européenne des citoyens «afin dimpulser le débat sur la citoyenneté européenne et dinformer les citoyens européens sur leurs droits, notamment les nouveaux droits découlant de lentrée en vigueur du traité de Lisbonne».
Vingt ans après la signature du traité de Maastricht, le moment était en effet bien choisi pour faire de 2013 lAnnée européenne des citoyens dans le but de sensibiliser davantage les citoyens aux droits et responsabilités attachés à la citoyenneté de lUnion et daméliorer leurs connaissances en la matière, afin de leur permettre dexercer pleinement leur droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres. Cet objectif était dautant plus pertinent au regard des élections européennes à venir (2014) auxquelles tous les citoyens de lUnion devaient participer.
Le rapport de la Commission rappelle les grandes lignes de lAnnée européenne des citoyens 2013 (ou «EYC2013»). Celle-ci entendait:
- sensibiliser les citoyens de lUnion à leur droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire de lUnion européenne (UE) et, plus généralement, aux droits qui leur sont garantis dans un contexte transfrontalier, y compris celui de participer à la vie démocratique de lUnion;
- sensibiliser les citoyens de lUnion aux possibilités de bénéficier concrètement des droits et politiques de lUnion lorsquils vivent dans un autre État membre, et les inciter à participer activement à des forums civiques sur les politiques et les enjeux de lUnion; et
- stimuler le débat sur les effets du droit de circuler librement et les possibilités quil offre, en tant quaspect inaliénable de la citoyenneté de lUnion, notamment pour le renforcement de la cohésion sociale, de la compréhension mutuelle entre les citoyens de lUnion et de lattachement des citoyens à lUnion.
LEYC2013 devait notamment montrer que la citoyenneté de lUnion nest pas un concept vide de sens, mais bien un statut fondamental pour les ressortissants des États membres, les investissant de droits tangibles et davantages (en tant que personnes individuelles, consommateurs, travailleurs, étudiants, volontaires, acteurs politiques, etc.).
Par extension, lEYC2013 devait véhiculer le message que les citoyens de lUnion ont eux-mêmes un rôle primordial à jouer dans le renforcement de ces droits au moyen de leur participation à la société civile et à la vie démocratique.
Principales conclusions : à lissue de lanalyse établie par la Commission sur base des conclusions de lévaluateur externe en ce qui concerne la pertinence des activités menées pour lEYC2013, le rapport indique que lAnnée européenne a rempli ses objectifs sans lacunes majeures ni chevauchements. Lévaluation externe a également constaté que lampleur de son thème était telle quune large palette dacteurs et multiplicateurs pertinents a pu sy associer, contribuant ainsi à diffuser le message de lEYC2013. Lévaluation a considéré que les activités de communication avaient traité les besoins des groupes cibles.
1) une mise en uvre tardive : la Commission prend note des conclusions de lévaluateur externe selon lesquelles:
- ladoption tardive de la décision a rendu difficile aux partenaires potentiels de se mobiliser à temps pour contribuer aux activités, en particulier au niveau national;
- les ressources financières mises à disposition ne répondaient pas à lambition dinformer tous les citoyens de leurs droits.
Lévaluation estime toutefois que les activités et les événements participatifs se sont révélés plus efficaces que linformation fournie via les médias de masse. La mobilisation a été considérable de la part des acteurs, ce qui a permis de mobiliser des ressources humaines et financières et a favorisé le bénévolat. Lévaluation indique toutefois que lefficience ne fut pas uniforme dans toutes les catégories dactivité.
2) durabilité des actions : lévaluation indique par ailleurs quil est peu probable que les effets de la campagne dinformation et de communication à léchelle de lUE se prolongent, compte tenu du budget limité, ce qui diminue la durabilité globale de linitiative. Dautre part, les formes participatives de communication qui ont été encouragées ne sont, du fait de leur focalisation sur les besoins des citoyens, susceptibles davoir une influence durable sur les parties prenantes associées que dans la mesure où il serait satisfait aux attentes de suivi quelles ont créées. Sinon, il nest pas exclu que certaines dentre elles soient moins enclines à participer à lavenir.
3) prise de conscience par les citoyens de leurs droits : en ce qui concerne limpact sur la prise de conscience globale, par les citoyens européens, de leurs droits et sur leur capacité à sengager dans le processus dintégration européenne, lEYC2013 ne peut être perçue que comme une contribution spécifique aux efforts généraux déployés par la Commission au travers de sa stratégie globale de communication et des programmes et politiques de proximité de lUE.
LEYC2013 a été conçue en tant que campagne à léchelle de lUE dans le but de sensibiliser les citoyens de lUnion à leurs droits et de promouvoir le développement des politiques dans le domaine de la citoyenneté de lUE, en particulier en ce qui concerne la création dun véritable espace public européen. Ce dernier point a gagné en importance au fur et à mesure que lAnnée européenne avançait, notamment suite à la prolongation des activités de lEYC2013 en 2014, dans la perspective des élections européennes. Le budget modeste a limité la portée et limpact de la campagne de communication, mais cette limitation a été atténuée efficacement par la créativité, lengagement, les efforts de bénévolat et la motivation de tous les acteurs européens et nationaux, au rang desquels figuraient EYCA et les membres de la société civile organisée, qui ont généré de solides réseaux aux actions durables qui devraient aider à promouvoir le développement dun véritable espace public européen.
Défis pour les futures Années européennes : lévaluateur externe estime par ailleurs que:
- pour atteindre un grand public et ciblant également les 28 États membres, une campagne dinformation demanderait un «billet dentrée» dau minimum plusieurs millions deuros, rien que pour des placements médias, par exemple. Elle devrait aussi véhiculer des messages affûtés et originaux, afin dattirer lattention des citoyens et davoir potentiellement un impact;
- en cas de ressources limitées, la priorité devrait être de déployer une campagne de communication qui soutienne des événements. Ceux-ci devenant, dans ce cas, les principaux piliers de la diffusion dinformation, tandis que la campagne deviendrait un outil servant principalement à y inviter des participants et à attirer lattention des médias de façon à garantir une plus grande diffusion.
Enfin, le rapport conclut que tenter de mettre en uvre une campagne traditionnelle et une communication basée sur des événements avec un budget limité est inefficace. La stratégie de communication devrait être décidée à un stade de conception précoce.