Stratégie pour la protection et le respect des droits de propriété intellectuelle dans les pays tiers
OBJECTIF : présenter une stratégie pour la protection et le respect des droits de propriété intellectuelle (DPI) dans les pays tiers.
CONTEXTE : selon une étude récente, les secteurs à forte intensité de droits de propriété intellectuelle (DPI) contribuent à hauteur de 39% environ au PIB de lUE (soit un montant annuel de près de 4.700 milliards EUR) et représentent jusquà 35% des emplois, si on inclut les emplois indirects. Toutefois, selon certaines estimations, lUE perdrait près de 8 milliards EUR de PIB par an en raison de la contrefaçon et du piratage, et le coût pourrait atteindre 1.700 milliards dUSD au niveau mondial dici à 2015.
En 2004, la Commission a défini «Stratégie visant à assurer le respect des droits de propriété intellectuelle dans les pays tiers». Toutefois, ces dix dernières années ont vu non seulement dimportantes mutations technologiques (succès dinternet) mais aussi - sous leffet de la mondialisation - une évolution considérable dans la nature et lampleur des enjeux et des risques pour la propriété intellectuelle des entreprises européennes. La stratégie de 2004 doit être actualisée pour relever ces défis.
Le Conseil européen de mars 2014 a réaffirmé que la propriété intellectuelle constituait un moteur essentiel de la croissance et de linnovation et quil était nécessaire de lutter contre la contrefaçon afin de renforcer la compétitivité industrielle de lUnion européenne à léchelle mondiale.
CONTENU : la présente communication revient sur lapproche adoptée par la Commission en 2004 et présente une stratégie révisée afin de promouvoir les DPI et de lutter contre leur violation à létranger. Elle montre de quelle manière les approches politiques existantes peuvent être améliorées en les adaptant à lépoque actuelle et elle propose des solutions pour faire face aux réalités nouvelles.
En ce qui concerne la protection des droits de propriété intellectuelle à l'échelle internationale, la Commission propose de:
- maintenir des contacts réguliers avec toutes les parties prenantes - détenteurs de droits, autorités publiques, société civile, Parlement européen - en vue dexaminer les objectifs de lUE et limpact des atteintes aux DPI dans les pays tiers, dexpliquer les efforts de lUE pour faire respecter les DPI dans ces pays et de piloter les politiques;
- améliorer la collecte de données relatives aux marchandises saisies aux frontières de lUE soupçonnées de porter atteinte aux droits de propriété intellectuelle;
- effectuer des enquêtes régulières afin de tenir à jour une liste de «pays prioritaires» destinée à mieux cibler les efforts de lUE;
- veiller à ce que lUE joue un rôle fort et cohérent au sein des enceintes internationales consacrées aux DPI, conformément au traité de Lisbonne;
- poursuivre les efforts multilatéraux pour améliorer le cadre international régissant les DPI, y compris en encourageant la ratification des traités existants et veiller à ce que les chapitres relatifs aux DPI, dans les accords commerciaux bilatéraux, offrent aux titulaires de droits une protection adéquate et efficace;
- veiller à ce que la Commission puisse recourir à des mécanismes de règlement des différends ou utiliser dautres voies de recours lorsque les droits de lUE prévus dans les accords internationaux ne sont pas respectés;
- renforcer les dialogues sur la propriété intellectuelle avec les pays tiers clés et utiliser les dialogues politiques et commerciaux à haut niveau pour avancer sur les problèmes recensés en matière de DPI;
- fournir une assistance technique en matière de DPI aux pays tiers et les informer sur cette assistance, y compris sur la possibilité de bénéficier de flexibilité dans lapplication de ces DPI;
- aider directement sur le terrain les opérateurs économiques à surmonter les difficultés concrètes auxquelles ils sont confrontés en matière de propriété intellectuelle;
- renforcer la mise en réseau et la coordination entre les représentations de lUnion européenne et celles des États membres dans les pays tiers;
- envisager de restreindre la participation à des programmes spécifiques financés par lUE ou de limiter le financement dans le cadre de ces programmes, dans des situations suffisamment graves et clairement définies;
- fournir une aide aux détenteurs de droits et envisager le détachement dexperts DPI supplémentaires auprès des délégations stratégiques de lUE.
La communication est complétée par un plan daction de lUE qui met laccent sur lapplication des DPI dans le marché unique et sur le développement dune coopération plus étroite entre les autorités douanières de lUnion européenne et des pays tiers en ce qui concerne le commerce de marchandises de contrefaçon, comme cela est prévu dans le plan daction des douanes de lUE.