Soins de santé plus sûrs en Europe: amélioration de la sécurité des patients et lutte contre la résistance aux antimicrobiens
OBJECTIF : présentation dun 2ème rapport sur la suite donnée à la recommandation du Conseil relative à la sécurité des patients, y compris la prévention des infections associées aux soins et la lutte contre celles-ci.
CONTENU : la recommandation du Conseil 2009/C 151/01 relative à la sécurité des patients énonçait toute une série de mesures relatives à la sécurité générale des patients et aux infections associées aux soins (IAS). Elle invitait également la Commission à déterminer lefficacité des mesures proposées et à étudier la nécessité dentreprendre une action complémentaire.
Résultats du 1er rapport de mise en uvre : le 1er rapport de la Commission, publié en 2012, avait mis en évidence des progrès satisfaisants en ce qui concerne lélaboration de politiques et de programmes nationaux visant à assurer la sécurité des patients. Le rapport faisait toutefois état de progrès inégaux au sein de lUE. Certains États membres avaient indiqué que la crise économique les avait contraints à des restrictions budgétaires, ce qui avait ralenti la mise en uvre. La Commission a donc proposé de prolonger de 2 années supplémentaires le suivi de lapplication des dispositions relatives à la sécurité générale des patients.
Un 2ème rapport axé sur la sécurité des patients : depuis ladoption de la recommandation, les États membres ont réalisé des progrès dans lélaboration des politiques relatives à la sécurité des patients : 26 pays ont défini ou sont en train de finaliser des stratégies ou des programmes concernant la sécurité des patients, que ce soit de façon autonome ou dans le cadre dautres politiques nationales. La plupart a donné des exemples dindicateurs permettant dévaluer les stratégies.
Toutefois, le rapport indique que la recommandation a eu moins dimpact sur le renforcement de la culture de sécurité des patients au niveau des établissements de soins, cest-à-dire sur la tendance à encourager les professionnels de la santé à tirer des enseignements des défaillances constatées.
Elle na eu en outre quun impact partiel sur lautonomisation des patients. Selon lauto-évaluation des pays, seulement la moitié des pays ont estimé que la recommandation avait eu un impact sur lautonomisation des organisations de patients et des patients individuels. Á cet effet, le rapport met en évidence les mesures qui ont été prises au niveau de lUnion européenne et note que le livre vert de la Commission sur la santé mobile met en exergue les avantages de lutilisation de solutions de télémédecine et de santé mobile pour assurer la sécurité des patients.
Parmi les autres résultats mis en évidence par le rapport, on note les éléments suivants :
1) éducation et formation du personnel de santé : pour ce domaine, le rapport indique que des efforts sont encore nécessaires. La plupart des pays ont déclaré avoir favorisé la formation multidisciplinaire à la sécurité des patients dans les établissements de soins, mais les trois quarts ne fournissent aucune information concernant la formation réellement dispensée dans les hôpitaux;
2) perception du public : la recommandation na pas modifié la perception des citoyens européens vis-à-vis de la sécurité des soins. Comme en 2009, plus de 50% des répondants estimaient que les patients pouvaient subir un préjudice à la suite de soins hospitaliers ou non hospitaliers. En outre, 25% des répondants ont affirmé queux ou leur famille avaient subi un événement indésirable. Les patients signalent aujourdhui nettement plus dévénements indésirables quen 2009 (46% contre 28%). La plupart des répondants ont cependant déclaré que ces signalements navaient pas entraîné daction spécifique.
3) domaines dintérêt identifiés par les États membres et les parties prenantes : dans leur contribution au rapport, les États membres ont identifié les domaines dans lesquels la coopération devait être renforcée à léchelle de lUE:
- les politiques et programmes de sécurité des patients;
- le développement de systèmes de signalement capables de tirer des enseignements des défaillances non punitifs et la promotion du signalement par les professionnels de la santé et les patients;
- lélaboration et la révision des normes de sécurité des patients.
4) action de lUE concernant les infections associées aux soins (IAS) : la recommandation prévoit lutilisation par les États membres de définitions de cas approuvées au niveau communautaire pour permettre un signalement cohérent des IAS. La décision de la Commission 2012/506/UE du 8 août 2012 prévoit dans son annexe de définir systématiquement les cas généraux et spécifiques dIAS systémiques, notamment par des instructions de signalement correspondant à chaque situation. Ces définitions de cas dIAS contribueront non seulement à améliorer sensiblement la surveillance au sein de lUE, mais permettront également dévaluer limpact des mesures de prévention adoptées à léchelle de lUE.
En particulier, lenquête européenne de prévalence ponctuelle des IAS et de lutilisation des antimicrobiens réalisée par lECDC en 2011-12 a contribué à lamélioration de la collecte de données sur les IAS, même dans les États membres qui navaient pas encore débuté cette activité. Depuis la publication de la recommandation, une enquête européenne de prévalence ponctuelle a été réalisée dans les hôpitaux de soins de courte durée en 2011-12 (ECDC PPS) et deux autres, dans les établissements de soins de longue durée. Dans lensemble, le niveau de participation dans les modules européens de surveillance des IAS a été considéré comme élevé dans 9 pays ou régions (AT, DE, ES, FR, IT, LT, MT, PT et RU-Écosse), moyen dans 13 autres (BE, CZ, EE, FI, HU, LU, NL, NO, RO, SK, RU-Angleterre, RU-Irlande du Nord et RU-pays de Galles) et faible dans 11 pays (BG, CY, DK, EL, RH, Islande, IE, LV, PL, SE et SI).
Le rapport sur la prévalence ponctuelle et le 1er rapport de mise en uvre de la Commission indiquent que les États membres devraient concentrer leurs efforts sur la surveillance ciblée des IAS dans les infections du site opératoire, les unités de soins intensifs et les maisons de soins infirmiers et autres établissements de soins longue durée.
Dautres mesures devraient être adoptées par les États membres pour améliorer la détermination des cas de routine des IAS, grâce à lélaboration de lignes directrices nationales de diagnostic, la formation continue du personnel de santé en matière dapplication des définitions de cas des IAS et de renforcement des capacités de laboratoire et des autres capacités de diagnostic dans les établissements de soins. Le rapport met en outre en évidence la nécessité détablir : i) un nombre suffisant demployés spécialisés dans le contrôle des infections dans les hôpitaux et autres établissements de santé; ii) une capacité disolement suffisante pour les patients infectés par des micro-organismes pertinents sur le plan clinique dans les hôpitaux de soins de courte durée; iii) une surveillance normalisée de la consommation de lave-mains à base dalcool.
Autres actions envisagées pour améliorer la sécurité des patients et la qualité des soins : le rapport conclut sur une série de mesures supplémentaires destinées à renforcer encore le cadre existant, en étroite collaboration avec les États membres et les parties prenantes:
- définition commune de la qualité des soins et soutien supplémentaire en faveur de lélaboration dune terminologie commune, dindicateurs communs et de la recherche en matière de sécurité des patients;
- collaboration de lUE en matière de sécurité des patients et de qualité des soins pour léchange de bonnes pratiques et de solutions efficaces. Elle pourrait sappuyer sur laction conjointe actuelle et sétendre à dautres sujets identifiés par les États membres et les parties prenantes;
- élaboration de lignes directrices sur la façon de communiquer des informations aux patients concernant la qualité des soins;
- élaboration avec les États membres dun modèle européen de normes de sécurité des patients et de qualité des soins en vue de parvenir à une compréhension commune de cette notion dans lUE;
- réflexion avec les États membres sur la question du dédommagement prévu dans la directive 2011/24/UE;
- promotion du développement de la formation des patients, des familles et des soignants informels utilisant également des outils TIC;
- promotion du signalement en tant quoutil permettant de diffuser une culture de sécurité des patients la mise à jour régulière et diffusion du guide sur la mise en place et le fonctionnement des systèmes de signalement capables de tirer des enseignements des défaillances.