Stratégie de l'Union pour la région adriatique et ionienne
OBJECTIF : proposer une stratégie européenne pour la région de lAdriatique et de la mer Ionienne.
CONTEXTE : avec plus de 70 millions de personnes, la région de lAdriatique et de la mer Ionienne joue un rôle capital dans le renforcement de la continuité géographique en Europe. Elle concerne un ensemble 8 pays que sont lItalie, la Grèce, la Slovénie, la Croatie, lAlbanie, la Serbie, la Bosnie-et-Herzégovine et le Monténégro mais reste ouverte aux autres partenaires de la région.
Le Conseil européen de décembre 2012 a demandé à la Commission de présenter une stratégie européenne pour la région adriatique et ionienne (EUSAIR) dici à la fin 2014.
Cette stratégie a pour objectif général de promouvoir la prospérité sociale et économique durable dans la région en favorisant la croissance et la création demplois et en améliorant lattractivité, la compétitivité et la connectivité de la région, tout en préservant lenvironnement et en assurant la bonne santé et léquilibre des écosystèmes marins et côtiers.
Pour atteindre cet objectif, une coopération serait mise en place entre des pays qui partagent de très nombreux aspects géographiques et historiques.
En renforçant la mise en uvre des politiques de lUE existantes dans la région, la stratégie apporterait une valeur ajoutée européenne évidente, tout en offrant à tous les pays participants une occasion daligner leurs politiques sur la vision globale de la stratégie Europe 2020.
Elle contribuerait en outre au rapprochement entre les pays des Balkans occidentaux et lUE, en donnant à ces pays la possibilité de travailler en étroite collaboration avec les États membres en vue daborder les enjeux et les opportunités communs propres à la région.
CONTENU : la présente communication présente les besoins et les perspectives de croissance intelligente, durable et inclusive dans la région de lAdriatique et de la mer Ionienne. Elle fournit un cadre permettant de définir une stratégie et un plan daction cohérents au niveau macrorégional, afin daborder ces enjeux et opportunités par le biais dune coopération entre les pays participants.
Défis : la région de lAdriatique et de la mer Ionienne est confrontée à une série de problèmes communs. Historiquement, une grande partie de ce territoire a connu des difficultés sur le plan politique et économique et a été touchée par des conflits. Toutefois, ladhésion de la Slovénie et de la Croatie à lUnion européenne et les perspectives dadhésion dautres pays donnent loccasion de renforcer les liens et de surmonter lhéritage du passé.
Les défis à relever sont de plusieurs ordres :
- disparités socio-économiques: il existe, tant au niveau du PIB par habitant quau niveau des taux de chômage, des contrastes saisissants entre les pays. Si certaines régions affichent un PIB par habitant 20% supérieur à la moyenne de lUE et un taux de chômage de 4%, dautres présentent un PIB par habitant 70% inférieur à cette moyenne et des taux de chômage de 30%;
- transports: la région présente dimportants déficits dinfrastructures, notamment entre les États membres de lUE de longue date et les autres pays, ce qui se traduit par un manque daccessibilité;
- énergie: linterconnexion des réseaux électriques, qui demeure inadéquate, empêche le développement dun marché intégré de lélectricité, limite les capacités et empêche lexploitation rentable des sources dénergie renouvelable;
- environnement: lutilisation croissante de lespace marin et côtier par lhomme menace les écosystèmes. Des activités de tourisme non durables ont mis sous pression les ressources en eau, les terres et la biodiversité. De par sa faible profondeur et sa nature semi-fermée, lAdriatique est en outre particulièrement vulnérable à la pollution;
- catastrophes naturelles et changement climatique: outre lactivité sismique intense, la région est également exposée et vulnérable aux incidences négatives du changement climatique;
- problèmes administratifs et institutionnels: les capacités au niveau national, régional ou local doivent être renforcées de manière à faire en sorte que les structures soient adaptées à une collaboration avec les homologues transfrontaliers ainsi quà une coordination entre les différentes politiques.
Une stratégie de réponse adaptée à ces défis: face à lensemble de ces défis communs, la Commission prévoit la mise en place dun Plan daction continu et régulièrement révisé, accompagnant la stratégie et élargissant la dimension maritime de manière à y inclure larrière-pays. Ce plan est articulé autour de 4 piliers interdépendants dimportance stratégique:
- la croissance bleue;
- linterconnexion de la région (réseaux de transport et dénergie);
- la qualité environnementale;
- le tourisme durable.
Le Plan comporterait également 2 aspects transversaux:
- le renforcement des capacités, y compris en matière de communication, pour assurer une mise en uvre efficace, sensibiliser le public et obtenir le soutien de celui-ci;
- la recherche et linnovation, pour stimuler lemploi hautement qualifié, la croissance et la compétitivité. La coopération dans le cadre de réseaux transnationaux peut permettre damener des idées sur les marchés et de faciliter le développement de nouveaux produits et services.
En outre, latténuation et ladaptation au changement climatique, ainsi que la gestion des risques de catastrophes, constitueraient des principes horizontaux applicables aux 4 piliers.
- Croissance bleue : dans ce domaine, il est prévu de faire coopérer la Grèce et le Monténégro en vue de stimuler la croissance innovante des secteurs marin et maritime dans la région, en encourageant le développement économique durable, les perspectives demploi et les débouchés commerciaux dans léconomie bleue, y compris dans la pêche et laquaculture.
- Interconnexion de la région : coordonné par lItalie et la Serbie, ce pilier aurait pour objectif daméliorer la connectivité en matière de transports et dénergie dans la région ainsi quavec le reste de lEurope notamment sur le plan des infrastructures et du cadre réglementaire. Une surveillance coordonnée du trafic maritime et des transports multimodaux permettrait en outre daméliorer la compétitivité.
- Qualité environnementale : coordonné par la Slovénie et la Bosnie-et-Herzégovine, ce pilier aurait pour objectif daméliorer la qualité de lenvironnement en rétablissant un bon état écologique des écosystèmes marins et côtiers, en réduisant les pollutions des mers, en atténuant limperméabilisation des sols, en réduisant la pollution atmosphérique et en mettant fin à la perte de biodiversité et de la dégradation des écosystèmes.
- Tourisme durable : lobjectif de ce pilier, coordonné par la Croatie et lAlbanie, serait de libérer tout le potentiel de la région en ce qui concerne le tourisme de qualité, innovant, durable et responsable. La diversification des produits et services du tourisme, accompagnée dactions visant à lutter contre le problème de la saisonnalité, stimulera lactivité des entreprises tout en créant des emplois. Il est également question de commercialiser dans le monde entier une «marque» adriatico-ionienne de produits et services touristiques, ce qui aura pour effet daccroître la demande.
Une série dinitiatives sont détaillées dans la communication pour chacun des domaines concernés par la stratégie.
Gouvernance : pour faire aboutir la stratégie, il est proposé de renforcer la coordination entre pays participants, ainsi quentre les différents ministères et les différents niveaux décisionnels dans chaque pays, en favorisant le dialogue politique au plus haut niveau.
Financement : la mise en uvre de la stratégie implique la mobilisation et lalignement des mécanismes de financement européens et nationaux pertinents pour les 4 piliers retenus. En particulier, les Fonds structurels et le Fonds européen dinvestissement et linstrument daide de préadhésion pour la période allant de 2014 à 2020 fournissent des ressources considérables ainsi quune vaste gamme doutils et de solutions techniques. Dautres fonds et instruments utiles pour les piliers sont disponibles, comme par exemple Horizon 2020, le mécanisme pour linterconnexion en Europe, le programme LIFE et le programme COSME pour les PME. Dautres ressources existent, notamment via le cadre dinvestissement en faveur des Balkans occidentaux, la Banque européenne dinvestissement et dautres institutions financières internationales.