Initiative pour l'emploi vert: exploiter le potentiel de création d'emplois de l'économie verte
OBJECTIF : proposer une «initiative pour l'emploi vert» ou comment exploiter le potentiel de création d'emplois de l'économie verte.
CONTEXTE : le gaspillage des ressources, les pressions insoutenables à long terme sur lenvironnement, le changement climatique, mais aussi lexclusion sociale et les inégalités sont autant dobstacles à une croissance économique durable.
Ce modèle de croissance verte, qui aboutit à une économie à faible intensité de carbone, adaptée au changement climatique et fondée sur une utilisation efficace des ressources, reflète une mutation économique structurelle, qui propose un autre modèle que celui dans lequel on «prend, fabrique, consomme et jette» (modèle linéaire) au profit dun modèle où la préservation, le réemploi et le recyclage des matières premières et matériaux permettront de retirer une valeur ajoutée et un gain supplémentaire de chaque tonne de matière, de chaque joule dénergie et de chaque hectare de terre consommé (modèle circulaire).
Cest dans ce contexte que la Commission propose une Initiative pour lemploi vert pré-annoncée dès 2012 dans son «paquet pour lemploi» de 2012 (ligne directrice n° 7).
Jusquici, les stratégies intégrées liant la croissance verte à lemploi nexistaient que dans un petit nombre de pays, la majorité des États membres poursuivant une politique fragmentée dissociant ces deux questions.
Il convient donc maintenant de proposer des solutions et des instruments visant, dune part, à garantir une convergence des actions menées sur le front de lemploi et en matière environnementale et, dautre part, à contribuer à la réalisation des objectifs de la stratégie Europe 2020.
CONTENU : on estime que quelque 3 à 4,2 millions demplois verts ont été créés entre 2002 et 2011, y compris au cur de la crise financière mondiale. Pour léconomie dans son ensemble, en rendant les procédés de production plus rationnels, en adoptant des solutions innovantes pour économiser les ressources, en concevant de nouveaux modèles commerciaux ou en proposant des produits et services plus compatibles avec un développement durable, les entreprises pourraient augmenter leurs débouchés et embaucher, tout en transformant les emplois existants. Ainsi, si le rythme était maintenu, le PIB de lUnion pourrait augmenter de quasiment 1% tout en permettant la création de plus de 2 millions demplois.
Dans ce contexte, la stratégie proposée par la Commission pour faciliter la transition vers une économie verte devrait avant tout sattacher à:
- combler les déficits de compétences,
- anticiper le changement, garantir les transitions et promouvoir la mobilité,
- soutenir la création demplois,
- améliorer la qualité des données.
Dans leurs grandes lignes, ces axes daction sont définis dans la communication comme suit :
1) Combler les déficits de compétences : il est prévu de promouvoir lacquisition de compétences et de mieux prévoir les besoins en compétences des secteurs et branches de lindustrie pour que les autorités compétentes et les parties prenantes puissent sadapter au changement. Les secteurs visés sont ceux de léco-innovation avec un renforcement des compétences dans les domaines des sciences, de la technologie et des mathématiques dans lenseignement obligatoire et supérieur. En outre, pour recenser les déficits de compétences, des systèmes de classification tels que la classification européenne des aptitudes/compétences, certifications et professions (ESCO) pourraient être utilisés. Le panorama européen des compétences pourrait ainsi fournir une vision densemble des perspectives demploi et des besoins en compétences à court et moyen terme à léchelon européen, national et sectoriel;
2) Anticiper le changement, garantir les transitions et promouvoir la mobilité : le passage dactivités en déclin à des activités émergentes requièrent une anticipation et une gestion opportunes. Les restructurations devraient être conduites dune manière socialement responsable afin de préserver le capital humain par exemple en favorisant la formation «sur le tas» sur le lieu de travail des travailleurs et en tenant compte des nouveaux risques issus des emplois verts pour les travailleurs. Dans le même temps, des initiatives devraient être prises pour favoriser laction des institutions du marché du travail afin de garantir les transitions. Les SPE (structures publiques pour lemploi) pourraient ainsi utilement être mobilisées. Enfin, il conviendrait de renforcer la mobilité professionnelle et géographique au moyen du réseau pour lemploi EURES ou ESCO pour faire correspondre loffre et la demande sur la base des compétences à léchelle de lUnion;
3) Appui à la création demploi : les ressources financières de lUnion devraient servir à la transition vers une économie verte en mobilisant les fonds du FSE, du FEDER, du Feader, de COSME, dHorizon 2020, de LIFE et du FSIE. En outre, pour favoriser lemploi vert, il serait important de sécarter dune taxation du travail pour privilégier la fiscalité environnementale en vue par exemple déliminer les aides aux conséquences dommageables et daugmenter lemploi tout en abaissant les niveaux démission et de pollution. Il est également question de miser sur les marchés publics écologiques et de développer lentrepreneuriat environnemental comme cela existe dans le secteur de léconomie sociale;
4) Améliorer la qualité des données : la collecte régulière de statistiques harmonisées permettrait de davantage fonder lélaboration et le suivi des politiques sur des données probantes, de mieux anticiper les incidences des transitions sur le marché du travail et de recenser plus facilement les besoins en compétences.
La communication insiste également sur la nécessité de favoriser le dialogue social et la coopération internationale avec des acteurs tels que le «Global Green Growth Institute», lOCDE, le PNUE et la Banque mondiale.
La communication insiste enfin sur quelques unes des grandes priorités que cette stratégie devrait développer pour concevoir une stratégie de transition vers léconomie verte portant sur lemploi, les compétences et léducation :
- améliorer lintégration et la coordination des politiques et initiatives européennes et nationales;
- poursuivre lélaboration de structures de gouvernance et doutils méthodologiques permettant de faciliter la transition vers une économie verte utilisant efficacement les ressources et dialoguer de façon plus étroite avec les partenaires sociaux sur les questions demploi liées à la transition vers une économie verte;
- consolider les outils et réseaux dinformation sur les compétences dont dispose la Commission afin de mieux anticiper les besoins des secteurs et professions de la croissance verte;
- mettre en place les conditions permettant, à léchelon international, de promouvoir une croissance verte fondée sur lintégration.