Rapports annuels 2012-2013 sur la subsidiarité et la proportionnalité
La Commission a présenté son 20e rapport annuel sur lapplication des principes de subsidiarité et de proportionnalité dans le processus législatif de lUE en 2012. Le rapport décrit la façon dont les différents organes et institutions de l'UE ont appliqué ces deux principes et analyse certaines propositions de la Commission ayant fait lobjet davis motivés en 2012.
Parlements nationaux : pour la première fois, en 2012, les parlements nationaux ont déclenché la procédure dite du «carton jaune» dans le cadre du mécanisme de contrôle de la subsidiarité, en réponse à la proposition de règlement relatif à l'exercice du droit de mener des actions collectives dans le contexte de la liberté d'établissement et de la libre prestation des services (Monti II).
La Commission a conclu à labsence de violation du principe de subsidiarité mais a pris acte des avis exprimés par les parlements nationaux, tout en admettant que sa proposition était peu susceptible de recueillir le soutien politique nécessaire à son adoption. Dans ces circonstances, la Commission a pris la décision de retirer la proposition Monti II le 26 septembre 2012.
En 2012, la Commission a reçu 70 avis motivés des parlements nationaux, ce qui représente une légère augmentation (9% environ) par rapport à l'année précédente. La forme des avis motivés, de même que le type darguments avancés par les parlements nationaux pour motiver leurs conclusions restent très hétéroclites.
Tout comme lannée précédente, les avis motivés ont porté sur des aspects très variés. Ils ont concerné pas moins de 23 propositions de la Commission. Cette tendance confirme la diversité des intérêts politiques des parlements nationaux : ces derniers nont pas les mêmes priorités lorsquils choisissent les propositions de la Commission à examiner dans le cadre du mécanisme de contrôle de la subsidiarité et appliquent des critères différents lorsquils apprécient le respect du principe de subsidiarité.
Après la proposition Monti II (12 avis motivés), cest la proposition de règlement relatif au Fonds européen daide aux plus démunis qui a suscité le plus grand nombre davis motivés. Huit autres propositions ont donné lieu à trois avis motivés chacune.
Comme en 2011, cest le Riksdag suédois qui a de loin adopté le plus davis motivés (20). Le Sénat français arrive en deuxième position avec 7 avis motivés, suivi du Bundesrat allemand avec 5 avis motivés.
Portée du contrôle de la subsidiarité : lannée 2012 a vu sintensifier les discussions sur la définition des principes de subsidiarité et de proportionnalité.
Bien quune coordination plus étroite de leurs activités de contrôle présente pour eux des avantages, les parlements nationaux ont voulu garder le droit d'interpréter ces principes. Seule la moitié des parlements nationaux qui ont répondu au questionnaire de la COSAC étaient favorables à ladoption de lignes directrices et, parmi ceux-ci, tous ont insisté pour quelles ne soient pas contraignantes.
Dans ce contexte, le rapport a rappelé que les lignes directrices de la Commission concernant l'analyse dimpact énonçaient déjà clairement les critères utilisés pour apprécier si une proposition de la Commission respectait les principes de subsidiarité et de proportionnalité. La Commission a toujours encouragé les autres institutions à appliquer les mêmes critères.
Application des principes par les institutions : les avis du comité danalyse dimpact contribuent à améliorer lanalyse du respect des principes de subsidiarité et de proportionnalité et constituent, avec les rapports danalyse dimpact eux-mêmes, des éléments essentiels du processus de décision politique de la Commission. En 2012, le comité a examiné 97 analyses d'impact et émis 144 avis dont 33% contenaient des observations concernant des questions de subsidiarité.
Le contrôle de la subsidiarité et les questions de monitorage ont également figuré en bonne place à lordre du jour du Parlement européen et du Comité des régions qui, tous deux, ont adapté leurs procédures internes pour être mieux en mesure dexaminer limpact et la valeur ajoutée de leurs travaux.
Le Comité des Régions peut maintenant introduire, sur demande explicite de la Commission, des données relatives à l'impact régional et local dune proposition prévue dans les analyses dimpact de la Commission.
Le Parlement européen a quant à lui créé une nouvelle direction horizontale chargée de fournir aux commissions parlementaires un éventail de services plus larges en matière dévaluations de l'impact et de la valeur ajoutée européenne. À la demande dune commission parlementaire, il peut être procédé à des évaluations de la valeur ajoutée européenne afin dapprécier les effets potentiels des propositions formulées dans les rapports législatifs du Parlement.
Le Parlement européen peut désormais également produire des rapports sur le coût de linaction au niveau de lUE, sur les domaines qui ne font pas encore lobjet dune action au niveau de lUE et dans lesquels une telle action contribuerait grandement à renforcer l'efficacité et à assurer le «bien commun».