Fonds structurels et d'investissement européens et saine gouvernance économique: lignes directrices pour la mise en application de l'article 23 du règlement portant dispositions communes
OBJECTIF : fournir des lignes directrices relatives à lapplication des mesures établissant un lien entre lefficacité des Fonds structurels et dinvestissement européens et une bonne gouvernance économique.
CONTEXTE : compte tenu de lobjectif consistant à accroître lefficacité des dépenses de lUnion dans un contexte de contraintes budgétaires, le soutien apporté au titre des Fonds structurels et dinvestissement européens («Fonds ESI») au cours de la période 2014-2020 est désormais conditionné au respect des procédures de gouvernance économique de lUnion européenne.
En vertu du règlement portant dispositions communes (RDC) concernant les cinq Fonds ESI, le lien entre lefficacité des Fonds et une bonne gouvernance économique sapplique au travers de deux mécanismes distincts:
- un premier volet, dans le cadre duquel la Commission peut demander à un État membre de reprogrammer une partie de ses financements lorsque les difficultés sur le plan de léconomie et de lemploi qui ont été recensées dans le cadre de diverses procédures de gouvernance économique lexigent;
- un second volet, dans le cadre duquel la Commission est tenue de proposer une suspension du financement par les Fonds ESI lors de la matérialisation de certaines situations prévues par les différentes procédures de gouvernance économique.
En 2014, les États membres ont négocié leurs accords de partenariat et leurs programmes avec la Commission. Ces discussions devaient déterminer la stratégie pluriannuelle de mise en uvre des dotations que les États membres reçoivent des cinq Fonds ESI au cours des sept années de la période de programmation (2014-2020). La Commission a prévu de valider les accords de partenariat et la plupart des programmes dans le courant de lannée 2014.
Une reprogrammation des financements en vertu du RDC nest possible quà partir de 2015 et seulement jusquen 2019. Cette option devrait être utilisée avec discernement et uniquement lorsquelle pourrait avoir une incidence supérieure à la dotation initiale des fonds dans le cadre de la mise en uvre des recommandations spécifiques à chaque pays, des recommandations pertinentes du Conseil ou des programmes dajustement économique.
CONTENU : la présente communication fait suite à lengagement pris par la Commission de fournir dans un délai de six mois à compter de lentrée en vigueur du RDC des lignes directrices expliquant la manière dont elle envisage lapplication des dispositions du RDC relatives aux mesures liant lefficacité des Fonds ESI à une bonne gouvernance économique.
Ces lignes directrices peuvent se résumer comme suit :
Révision des accords de partenariat et des programmes :
- dans le cadre du semestre européen, les demandes de reprogrammation des financements devraient être formulées aussi rapidement que possible et, en tout état de cause, au plus tard quatre mois après ladoption par le Conseil des recommandations spécifiques à chaque pays. Des délais analogues seraient envisagés dans le cadre des demandes de reprogrammation visant à répondre à des recommandations du Conseil dans un contexte de déséquilibres macroéconomiques excessifs ;
- la Commission devrait justifier en bonne et due forme toute demande de reprogrammation et fournir suffisamment de détails concernant les programmes et les priorités à renforcer ou à revoir à la baisse, en fonction de chaque situation, en indiquant notamment les répercussions financières attendues ;
- dans toute demande de reprogrammation, la Commission inviterait un État membre à réviser son accord de partenariat et ses programmes. Lobjectif serait dapporter une réponse adéquate aux problèmes sur le plan de léconomie et de lemploi recensés dans la recommandation spécifique à chaque pays, la recommandation pertinente du Conseil ou le protocole daccord (dans le cas dun État membre bénéficiant dune assistance financière) ;
- lÉtat membre concerné devrait procéder, à la lumière de la demande de la Commission, à un examen approfondi de son accord de partenariat et des programmes désignés dans la demande. Au terme de lexamen, lÉtat membre devrait soumettre des modifications à apporter à son accord de partenariat et aux programmes concernés;
- les mesures prises par lÉtat membre concerné seraient évaluées sur la base de critères objectifs. En cas dabsence de mesures suivies deffet, la Commission expliquerait en détail pourquoi les modifications proposées par lÉtat membre sont jugées insuffisantes.
Suspension des paiements : si lÉtat membre ne prend pas de mesures suivies deffet dans les délais fixés par le RDC, la Commission pourrait suggérer au Conseil de suspendre tout ou partie des paiements destinés aux programmes ou priorités concernés. La communication explicite les cas dans lesquels la Commission envisagerait une suspension:
- la Commission envisagerait de proposer une suspension en cas d«absence de mesures», cest-à-dire si lÉtat membre concerné ne fournit aucune réponse préliminaire à la demande de la Commission, ni aucune proposition en vue de modifier son accord de partenariat et ses programmes dans les délais prévus par le règlement ;
- la suspension serait fixée au montant nécessaire pour fournir à lÉtat membre concerné lincitation suffisante pour le pousser à respecter la demande de la Commission ;
- toute suspension devrait tenir compte : i) de limportance de la suspension exprimée en proportion du PIB national pour veiller à légalité de traitement entre les États membres ; ii) de la situation économique et sociale des États membres, en prenant en considération des circonstances atténuantes ;
- la Commission ne proposerait pas de suspension des programmes ou priorités dont les ressources doivent être revues à la hausse à la suite dune demande de reprogrammation ou qui sont considérés comme essentiels.