Crédits à l'exportation bénéficiant d'un soutien public: application de certaines lignes directrices
Conformément au règlement (UE) nº 1233/2011 du Parlement européen et du Conseil relatif à lapplication de certaines lignes directrices pour les crédits à lexportation bénéficiant dun soutien public, la Commission a présenté son examen annuel des rapports dactivité annuels des États membres en matière de crédits à lexportation.
Le présent examen annuel couvre lannée civile 2013. Il porte sur les actions de crédit à lexportation, cest-à-dire les transactions à «moyen et long terme» avec une période de remboursement de 2 ans ou plus. Il ne couvre ni les opérations de crédit à lexportation à court terme ni les actions menées par certains organismes de crédit à lexportation (OCE) en dehors du cadre des crédits à lexportation (comme lassurance des investissements).
En rédigeant son rapport, la Commission sest appuyée sur les recommandations formulées par le Parlement européen dans sa résolution adoptée le 2 juillet 2013, notamment sur la recommandation adressée au groupe de travail du Conseil sur les crédits à lexportation et à la Commission de consulter le Service européen pour laction extérieure en vue du perfectionnement de la méthode détablissement des rapports.
Les rapports dactivité annuels ont été reçus des États membres suivants: Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, Danemark, Espagne, Finlande, France, Hongrie, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie et Suède.
Les principales constatations du rapport sont les suivantes :
Informations générales et financières : en 2013, vingt et un États membres de lUE menaient des programmes de crédit à lexportation au sens du règlement (UE) nº 1233/2011. Ces programmes étaient gérés par un total de vingt-neuf organismes et ministères différents.
La forme la plus fréquente daide au crédit à lexportation accordée par un OCE européen reste la «garantie pure» (en dautres termes, lopération dexportation concernée est en fait financée par un crédit obtenu auprès dune banque commerciale et couvert par une garantie ou assurance de lOCE).
Les plus importants systèmes européens de crédits à lexportation de type «garantie pure» en 2013 (en milliards EUR) sont les suivants : Allemagne: 87,7; France : 61,2 ; Suède : 34,9 ; Italie : 21,6 ; Royaume-Uni : 20,6.
Quatorze États membres proposaient également dautres formes de soutien relevant du règlement (UE) nº 1233/2011 et de larrangement de lOCDE sur les crédits à lexportation bénéficiant dun soutien public, comme un crédit direct ou un financement direct (dans le cadre duquel le financement est assuré directement par lOCE et non par une banque commerciale), le refinancement ou des mécanismes de soutien de taux dintérêt.
Compte tenu de lexistence de conditions de financement spécifiques dans certains secteurs industriels (ex : construction daéronefs, chantiers navals), plusieurs États membres ont également mis en place des produits de crédit à lexportation spécifiques à des secteurs particuliers. De nombreux OCE européens proposent également des produits tels que des crédits à lexportation à court terme et des garanties de lettre de crédit, des garanties contre le risque de fabrication ou encore des produits dassurance dinvestissements.
La Commission estime que les rapports dactivité annuels fournissent des informations financières pertinentes relatives aux programmes de crédit à lexportation appliqués en 2013.
Prise en compte des «risques environnementaux» et autres informations: le règlement (UE) nº 1233/2011 dispose que les États membres indiquent, dans le rapport dactivité annuel, de quelle manière leurs OCE prennent en compte les risques environnementaux, qui peuvent entraîner dautres risques pertinents. Dix-neuf rapports annuels dactivité se réfèrent explicitement à cette disposition.
Plusieurs États membres se réfèrent aussi explicitement aux répercussions sociales. Certains États membres mentionnent également les droits de lhomme, les normes fondamentales du droit du travail, la lutte contre la corruption ou les répercussions générales sur le développement.
Les vingt et un rapports annuels dactivité indiquent également que les États membres ont généralement mis en place des politiques en matière de crédit à lexportation et denvironnement, de lutte contre la corruption et de pratiques de financement durable pour les pays à faible revenu.
Dans dautres États membres, les politiques liées aux actions de crédit à lexportation accordent également une place à la transparence (politique douverture et de confidentialité), au dialogue avec la société civile, à la contribution au développement durable, à la responsabilité sociale des entreprises et à la promotion du respect des principes directeurs de lOCDE à lintention des entreprises multinationales.
Enfin, la Commission européenne constate que les États membres menant des actions de crédit à lexportation au sens du règlement ont mis en place des politiques destinées à accompagner la gestion de leurs programmes de crédit à lexportation, lesquelles sont conformes aux objectifs de lUE.
Le Parlement européen a demandé à la Commission de préciser si les États membres sont en conformité avec les objectifs et obligations de lUnion. La Commission se dit prête à faciliter et à promouvoir un dialogue interinstitutionnel à cet égard.