Santé publique: sources radioactives scellées de haute activité, gestion et contrôle
La Commission a présenté un rapport sur lexpérience acquise dans la mise en uvre de la directive 2003/122/Euratom relative au contrôle des sources radioactives scellées de haute activité et des sources orphelines.
Cette directive, adoptée à la suite des attentats terroristes de 2001 aux États-Unis, a mis en place un cadre juridique permettant dassurer le contrôle et la sécurité des sources radioactives scellées de haute activité (SSHA) en Europe en obligeant les États membres à mettre en place des systèmes de détection et de récupération des sources radioactives orphelines résultant d'activités antérieures.
Les sources radioactives scellées de haute activité sont des conteneurs de matières radioactives encapsulées dont lactivité est supérieure à la limite spécifiée dans la directive 2003/122/Euratom. Ils sont utilisés principalement en médecine, en essai non destructif de matériaux et à des fins de stérilisation. Les détenteurs habituels de SSHA sont les hôpitaux, les entreprises dessais industriels ou les instituts de recherche. Linventaire européen de SSHA s'établit à environ 30.700 unités, dont 50 % en Allemagne et en France. Neuf États membres ont un inventaire de moins de 100 SSHA.
Mise en uvre satisfaisante : dune manière générale, le rapport constate que la directive SSHA a été mise en uvre de façon satisfaisante dans lUnion européenne. Les objectifs de la directive ont été respectés et il ny a aucune raison de croire que les sources scellées de haute activité ne feraient pas lobjet dun contrôle suffisant dans un des États membres de lUE. Le nombre de questions posées à la Commission en relation avec les SSHA a été faible pendant toutes ces années, ce qui indique que les dispositions de la directive sont bien comprises et acceptées.
Il existe toutefois des différences considérables dans les pratiques de mise en uvre entre les États membres. Le domaine où se rencontrent la plupart des difficultés de mise en uvre est lorganisation de campagnes de recherche des sources orphelines résultant d'activités antérieures. En outre, il existe des incohérences dans la transposition de la définition des SSHA, les garanties financières en vue de la gestion des sources, la formation des personnels susceptibles d'être exposés et les pratiques en matière de contrôle.
Sur la base de lanalyse de la transposition de la directive SSHA, le rapport adresse plusieurs recommandations aux États membres afin daméliorer sa mise en uvre, comme par exemple:
- la nécessité d'organiser des campagnes systématiques ou ciblées pour la récupération des sources orphelines devrait faire lobjet dune évaluation dans les États membres qui nont pas encore organisé de campagnes de ce type ;
- la définition dun retard maximal toléré de quelques jours pour la notification de toute modification de la situation des SSHA ;
- les États membres utilisant la définition des SSHA telle quelle figure dans lactuelle directive devraient appliquer leurs dispositions nationales en la matière jusquà ce que l'activité de la source ait décru en dessous des niveaux d'exemption et/ou de libération;
- le type et la fréquence des essais qui doivent être effectués par les détenteurs de SSHA devraient être définis dans la réglementation ou suivre les lignes directrices élaborées par lorgane de régulation ;
- la documentation accompagnant la SSHA devrait également être contrôlée au cours des inspections ;
- la durée de stockage maximale autorisée avant le transfert obligatoire pourrait être fixée par les réglementations nationales ;
- lorganisation de sessions de formation des personnels dans les installations où des sources orphelines sont le plus susceptibles dêtre découvertes.
Le rapport met en évidence plusieurs exemples de bonnes pratiques en matière de mise en uvre de la directive : i) procédure dautorisation dans la gestion des SSHA ; ii) notification rapide à lautorité compétente de tout changement dans la situation des SSHA ; iii) inspections annoncées et inopinées ; iv) programme de formation du personnel du détenteur de SSHA ; v) définition dans un règlement dune période maximale raisonnable pour l'évacuation des sources retirées du service hors des locaux des utilisateurs, par exemple 2 ans ; vi) adoption de dispositions spécifiques régissant la sécurité et la protection physique des SSHA ; vii) identification des points stratégiques auxquels les sources orphelines sont susceptibles de se trouver.
Nouvelle directive : la directive 2003/122/Euratom est abrogée par la directive 2013/59/Euratom (nouvelle directive sur les normes de base), qui reprend les principales dispositions de la directive et les harmonise avec les orientations de lAIEA sur les sources radioactives. Les États membres de lUE ont jusquau 6 février 2018 pour transposer la nouvelle directive sur les normes de base dans leur législation nationale. La nouvelle directive remanie substantiellement lensemble du cadre juridique de lUnion en matière de radioprotection. Les chapitres concernant les SSHA sinscrivent bien dans ce cadre.
La directive SSHA ayant été bien acceptée par les États membres de lUE, il nest pas nécessaire dapporter de modifications majeures au contrôle des SSHA. Cependant la nouvelle directive sur les normes de base améliore sur plusieurs points la directive SSHA. En particulier, l'harmonisation réalisée avec la réglementation de l'AIEA place les États membres de lUnion européenne en bonne position pour remplir les exigences de lUE et de lAIEA sur le contrôle des sources radioactives scellées de haute activité et des sources orphelines.
La Commission encourage chaque État membre à prendre en compte le contenu du rapport, en particulier en ce qui concerne les bonnes pratiques, lors de la reformulation de la réglementation nationale et des lignes directrices sur la sûreté et la sécurité des sources radioactives aux fins de laccomplissement de son obligation de transposer la nouvelle directive 2013/59/Euratom.