Biodiversité, notre assurance-vie et notre capital naturel - stratégie de l'UE à l'horizon 2020
La Commission a présenté l'examen à mi-parcours de la stratégie de lUE en faveur de la biodiversité de l'UE à l'horizon 2020, qui fait le point sur les progrès accomplis dans la mise en uvre de la stratégie par rapport au niveau de référence de 2010.
Le rapport rappelle que le coût dopportunité en cas de non-réalisation de lobjectif prioritaire de lUE en faveur de la biodiversité à l'horizon 2020 a été estimé à 50 milliards EUR/an. Dans lUE, un emploi sur six dépend dans une certaine mesure de la nature. Sélevant à environ 5,8 milliards EUR, les frais annuels de maintenance du réseau Natura 2000, établi en vertu de la directive Habitats, ne représentent qu'une fraction des avantages économiques générés par le réseau grâce à des services tels que le stockage du carbone, la mitigation des inondations, la purification de leau, la pollinisation et la protection des poissons, qui représentent ensemble une valeur de 200 à 300 milliards EUR chaque année.
Résumé des progrès accomplis depuis 2011: lexamen à mi-parcours montre que les objectifs de biodiversité à lhorizon 2020 ne pourront être atteints que si les efforts de mise en uvre et dexécution des initiatives gagnent considérablement en vigueur et en ambition.
- Globalement, la perte de biodiversité et la dégradation des services écosystémiques dans lUE se sont accentuées par rapport au niveau de référence de 2010, comme le confirme le rapport «Lenvironnement en Europe: état et perspectives 2015». Ce fait correspond à la tendance mondiale et affecte de manière inquiétante la capacité de la biodiversité à répondre aux besoins futurs de lhomme. Tandis que de nombreuses réussites au niveau local montrent que laction sur le terrain donne des résultats favorables, ces exemples devront cependant être multipliés afin dobtenir un impact mesurable sur la tendance globale négative.
- Depuis la dernière période de référence, le nombre despèces et dhabitats dimportance européenne (UE) dont létat de conservation est assuré (hors de danger/favorable) ou sest amélioré a légèrement augmenté. Les populations de certains oiseaux communs semblent se stabiliser mais dautres espèces, liées aux fragiles écosystèmes agricoles, côtiers ou deau douce sont toujours en déclin; 70% des espèces de lUE sont menacées de perdre leur habitat. Tandis que certains services écosystémiques (en particulier dapprovisionnement) augmentent, dautres, tels que la pollinisation, régressent.
- Les menaces fondamentales qui pèsent sur la biodiversité - la disparition des habitats (due en particulier à lexpansion urbaine, à lintensification agricole, à labandon des terres et à la gestion intensive des forêts), la pollution, la surexploitation (en particulier des pêcheries), les espèces exotiques envahissantes et les changements climatiques - exercent une pression continuelle qui entraîne la disparition despèces et dhabitats, la dégradation des écosystèmes et laffaiblissement de leur résilience. Lempreinte écologique de lUE-28 reste plus de deux fois supérieure à sa biocapacité, ce qui implique des pressions accrues sur la biodiversité en dehors de lEurope.
- Les évaluations favorables de létat de conservation des habitats forestiers dimportance européenne sont passées de près de 17% à environ 15% lors de la dernière évaluation. La grande majorité des évaluations reste défavorable (80%), mais les résultats varient considérablement dune région biogéographique à lautre, la plus grande proportion dévaluations favorables se trouvant en région méditerranéenne.
Perspectives : la Commission met en avant les points suivants :
- des progrès ont été réalisés avec lélaboration de cadres politiques importants. Elle cite principalement la nouvelle politique commune de la pêche, les règlements sur les espèces exotiques envahissantes (qui causent des dommages à hauteur de 12 milliards EUR par an au minimum dans les secteurs dactivité de lUE) et sur le bois illégal ou encore lintroduction de dispositions relatives à la biodiversité dans les accords de commerce bilatéraux ;
- la politique agricole commune réformée donne la possibilité dune meilleure intégration des questions liées à la biodiversité, mais son succès dépendra largement de la mesure dans laquelle les États membres y auront recours ;
- la Commission a soutenu les efforts fournis par les États membres, les pouvoirs régionaux et locaux et les parties prenantes dans la mise en application de la législation en matière denvironnement, comblant les lacunes politiques, fournissant des orientations, des financements, encourageant les partenariats et favorisant la recherche et léchange de bonnes pratiques.
La Commission estime quil est à présent urgent dintensifier la mise en uvre des actions qui sous-tendent chacun des objectifs et de faire en sorte que les principes énoncés dans les cadres daction soient pleinement pris en compte sur le terrain.
La réalisation des objectifs de biodiversité à lhorizon 2020 nécessitera des partenariats solides et limplication totale et active des principaux acteurs, à tous les niveaux, notamment en ce qui concerne i) lachèvement du réseau Natura 2000 pour lenvironnement marin, ii) la gestion efficace des sites Natura 2000, iii) la mise en uvre du règlement sur les espèces exotiques envahissantes, ainsi que iv) le choix de lapproche la plus judicieuse pour faire reconnaître notre capital naturel dans l'ensemble de l'UE.
Pour atteindre cet objectif, il sera également nécessaire d'assurer une intégration plus efficace dans un grand nombre de politiques; cette dernière passera par létablissement de priorités cohérentes soutenues par un financement adéquat - en particulier dans les secteurs de lagriculture et de la foresterie, qui représentent ensemble 80% des terres utilisées dans lUE, mais aussi dans les secteurs de la mer et de la pêche, et du développement régional. Les instruments de financement de lUE pourraient contribuer à ce processus.