Rapports annuels 2012-2013 sur la subsidiarité et la proportionnalité

2014/2252(INI)

La commission des affaires juridiques a adopté un rapport d’initiative de Sajjad KARIM (ECR, UK) sur les rapports annuels 2012-2013 sur la subsidiarité et la proportionnalité.

Les députés ont souligné que principes fondamentaux de subsidiarité et de proportionnalité devaient présider à l'utilisation des compétences de l'Union européenne et se sont félicités qu'en 2012 et 2013, le respect de ces deux principes ait fait l'objet d'un examen minutieux par les institutions de l'Union ainsi que par les parlements nationaux.

Ils ont toutefois regretté que les rapports annuels de la Commission restent quelque peu superficiels et omettent souvent d'analyser de manière plus détaillée le degré de respect de la subsidiarité et, surtout, de la proportionnalité dans l'élaboration des politiques de l'Union européenne.

Parlements nationaux : constatant l'importance des parlements, de leur incidence territoriale et de la proximité qu'ils entretiennent avec les citoyens, les députés ont encouragé leur participation accrue au système d'alerte précoce et au débat européen d’une manière générale.

En 2012, les parlements nationaux ont recouru pour la première fois à la procédure du «carton jaune» concernant le respect du principe de subsidiarité. Toutefois, les avis motivés émis par les parlements nationaux ont montré l'existence de différentes interprétations des principes de subsidiarité et de proportionnalité.

Les députés ont donc encouragé les parlements nationaux à respecter fidèlement la lettre du traité sur l'Union européenne lorsqu'ils évaluent le respect de ces principes et recommandé aux parlements nationaux et aux institutions européennes de procéder à des échanges de vues et de pratiques en ce qui concerne l'examen de leur application. Ils ont déploré l'absence de modèles communs qui permettraient de mieux déterminer les bases sur lesquelles les parlements nationaux interviennent.

Analyses d’impact : le rapport a souligné que des analyses plus poussées de la subsidiarité pourraient être considérées comme un outil important pour réduire le «déficit démocratique». Le comité d'analyse d'impact a estimé que 30% des analyses d'impact examinées par ses soins en 2012 et 2013 comportaient une analyse insatisfaisante du principe de subsidiarité. Les députés ont exprimé leur inquiétude au regard du fait que cette proportion est passée à 50% en 2014 et invité la Commission à revoir les lignes directrices applicables aux analyses d'impact pour régler ce problème et inverser cette tendance.

Les députés ont renouvelé la demande, formulée dans la résolution du 14 septembre 2011, d'utiliser les analyses d'impact nationales en complément de celles réalisées par la Commission afin d'appuyer les propositions législatives.

Par ailleurs, étant donné que les propositions législatives peuvent évoluer considérablement lors de la procédure précédant leur adoption par les institutions, les députés ont demandé la réalisation d'une analyse supplémentaire de la subsidiarité et d'une analyse d'impact complète à la fin des négociations législatives et avant l'adoption d'un texte définitif.

Réponse de la Commission : exprimant leur déception face à la réponse de la Commission aux parlements nationaux dans les procédures du «carton jaune», les députés ont suggéré que la Commission réponde de façon détaillée et individuelle aux inquiétudes exprimées par les parlements nationaux dans le cadre d'un dialogue faisant suite aux avis publiés; ils ont également jugé indispensable que la Commission se présente devant la ou les commissions compétentes du Parlement européen pour expliquer sa position en détail.

Dialogue politique : les députés ont suggéré d’améliorer le dialogue politique dans les procédures du «carton jaune» et du «carton orange», mais également d'une manière générale. Ils ont salué la volonté de la Commission de se présenter devant un plus grand nombre de parlements nationaux et invité le Parlement européen à envisager des initiatives similaires.

En vue de promouvoir une véritable «culture de la subsidiarité» au sein de l'Union européenne, les députés ont recommandé plus particulièrement deux initiatives consistant à :

  • favoriser une meilleure intégration des avis émis par les parlements nationaux dans le cadre du dialogue politique, notamment lors des travaux préparatoires tels que les livres verts et les livres blancs rédigés par la Commission, et
  • envisager d'étendre la période de consultation des parlements nationaux pour les analyses de la subsidiarité lorsque ceux-ci, pour des raisons objectivement justifiées, comme une catastrophe naturelle ou une période de vacance, souhaitent disposer d'un délai plus long, à fixer en concertation avec la Commission.

«Carton vert» : le rapport a noté que plusieurs parlements nationaux ont, au sein de la COSAC, exprimé leur intérêt pour la mise en place d'une procédure du «carton vert», en ce qu'elle améliorerait le dialogue politique en permettant aux parlements nationaux, après avoir obtenu l'appui du Parlement européen, de soumettre des propositions constructives à l'examen de la Commission, tout en respectant le droit d'initiative de celle-ci.

Le rapport a également :

  • demandé à la Commission, conformément aux principes de proportionnalité et de subsidiarité, de simplifier la procédure de demande de fonds européens en vue de la rendre plus efficace et davantage axée sur les résultats ;
  • souligné le besoin de clarifier la répartition des compétences par rapport au principe de subsidiarité lorsque les politiques commerciales ont des répercussions sur les investissements autres que les investissements étrangers directs, à savoir les investissements de portefeuille, dans la mesure où il existe des controverses sur certains accords de libre-échange en vigueur ;
  • demandé de déterminer si les instruments commerciaux, tels que le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (RDIE), peuvent porter atteinte au principe de subsidiarité pour ce qui est des compétences des États membres ;
  • demandé des analyses d'impact ex ante et ex post plus approfondies au sujet de l'aide financière de l'Union à d'autres pays, à savoir l'aide macrofinancière, portant sur le caractère proportionné des mesures proposées.

Enfin, le rapport a insisté sur l'importance d'un mécanisme adéquat de consultation, de dialogue et de participation des citoyens, des entreprises (notamment des PME) et de la société civile au processus décisionnel relatif à la politique commerciale de l'Union.