Crédits à l'exportation bénéficiant d'un soutien public: application de certaines lignes directrices
La Commission a présenté son rapport annuel sur les négociations menées par la Commission dans le domaine des crédits à lexportation, au sens du règlement (UE) nº1233/2011. La période couverte sétend de mars 2014 à juin 2015.
Pour rappel, la Commission mène, quand elle y est autorisée, les négociations dans les différentes enceintes de coopération internationale, en vue de mettre en place des normes mondiales dans le domaine des crédits à lexportation bénéficiant dun soutien public. La plupart des activités de négociation de la Commission continuent de se dérouler au sein des comités de lOrganisation de coopération et de développement économiques (OCDE) chargés des crédits à lexportation.
La Commission représente lUnion européenne dans toutes les négociations relatives à larrangement de lOCDE sur les crédits à lexportation bénéficiant dun soutien public et aux accords sectoriels y afférents (qui portent sur des règles de financement spéciales applicables à des secteurs industriels spécifiques), à savoir les navires, les centrales nucléaires, les aéronefs civils, les infrastructures ferroviaires, ainsi que les projets dans les domaines des énergies renouvelables, de latténuation du changement climatique et des ressources en eau.
1) Principales évolutions en matière de crédits à lexportation en 2014 : le rapport note que si larrangement de lOCDE sest avéré fructueux au fil du temps, la situation a sensiblement changé ces dernières années.
Vu limportance croissante acquise par les pays émergents - Chine, Brésil, Inde, Russie et Afrique du Sud - qui fournissent depuis peu des crédits à lexportation en dehors du cadre de lOCDE, les efforts destinés à intégrer ces acteurs au sein dun nouveau dispositif de règles internationales sont devenus une priorité essentielle.
2) Le groupe de travail international sur les crédits à lexportation (GTI) : au cours de la période couverte par le rapport, le GTI est demeuré le principal cadre déchange et de dialogue avec les fournisseurs de crédits à lexportation non membres de lOCDE.
Le GTI a tenu quatre réunions officielles lors de la période couverte par le rapport. La fréquence des réunions prouve que le GTI a su sériger en mécanisme régulier, même si lorganisation du groupe reste rudimentaire, dans la mesure où celui-ci ne dispose daucune présidence, daucun secrétariat ni daucun siège permanents. La structuration institutionnelle du groupe devra être abordée le moment venu, dès lors que les débats gagneront en technicité et en complexité.
- Le GTI est entré, dès la cinquième réunion officielle (du 20 au 22 mai 2014 à Washington), dans une nouvelle phase de travail, caractérisée par des «débats fondés sur des textes» dans les deux secteurs industriels (construction navale et équipements médicaux) que le GTI était convenu danalyser en détail. Cette adaptation des méthodes de travail du groupe a eu un effet très positif sur le processus dans son ensemble. La délégation chinoise a appuyé cette nouvelle approche, tout en faisant valoir quelle avait des instructions pour continuer dexclure certaines questions majeures (primes, taux dintérêt, transparence) des débats tant que le GTI ne serait pas entré dans la phase des discussions horizontales.
- Cette réserve na pas empêché les réunions suivantes dêtre très constructives, puisque la Chine a accueilli la sixième réunion officielle du GTI à Pékin, les 25 et 26 septembre 2014. Si la question des primes, des taux dintérêt et de la transparence est demeurée hors du champ officiel des débats, les délégations nen ont pas moins eu de bons échanges sur dautres dossiers techniques, comme par exemple les délais maximaux de remboursement, le soutien public maximal, les dépenses locales, la définition du point de départ du crédit, les plans de remboursement ou encore la durée de validité des crédits à lexportation.
- La septième réunion officielle du GTI a été organisée par lUnion européenne à Bruxelles du 3 au 5 février 2015. À cette occasion, lUnion européenne sest employée non seulement à poursuivre les débats fondés sur des textes dans les secteurs de la construction navale et des équipements médicaux, mais aussi à inviter des experts de lOCDE à présenter des exposés techniques sur les modalités de fixation des primes, des taux dintérêt et de notification des différentes opérations de crédit à lexportation dans le cadre de larrangement de lOCDE.
- La huitième réunion officielle du GTI, qui sest tenue à Brasilia du 19 au 21 mai 2015, a permis une avancée majeure: les participants sont convenus que les débats sectoriels avaient suffisamment progressé pour justifier le lancement de discussions sur un système global de règles horizontales, applicables aux opérations de crédit à lexportation en général. Cette décision marque la transition vers une nouvelle phase dans les travaux du GTI et satisfait ainsi une aspiration de longue date des États-Unis et de lUnion européenne.
- La neuvième réunion officielle du GTI se tiendra aux États-Unis en octobre 2015. Elle sera consacrée à la transition concrète vers la nouvelle phase de débats horizontaux.
3) Évolutions au sein de lOCDE : celles-ci peuvent être résumées comme suit :
- les débats les plus complexes ont concerné la question des crédits à lexportation en rapport avec les combustibles fossiles, et en particulier le financement des centrales électriques au charbon. Lannée passée a été marquée par des débats intenses au sein de lOCDE sur le sujet de la contribution que les crédits à lexportation peuvent apporter à lobjectif de lutte contre le changement climatique à lapproche de la COP21 (qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 12 décembre 2015) ;
- les participants de lOCDE ont atteint, en juin 2015, un consensus préliminaire sur des règles concernant les crédits à lexportation et les réseaux électriques intelligents ;
- le contexte des négociations ayant évolué favorablement en 2014, il a été possible damener les participants à revisiter le texte de l«accord sectoriel sur les crédits à lexportation dinfrastructures ferroviaires» («RSU») conclu en novembre 2013, et à alléger sensiblement certaines dispositions à caractère restrictif ;
- la mise en uvre de laccord sectoriel sur les crédits à lexportation daéronefs civils conclu en 2011 («ASU 2011») sest poursuivie pendant la période couverte par le rapport. Signe du succès rencontré par lASU 2011, les participants sont convenus de repousser la question de la révision de laccord jusquen 2019 ;
- enfin, les travaux techniques sur le réexamen des dispositions de larrangement de lOCDE sur les taux dintérêt de même que sur le régime des primes pour les pays de lOCDE à haut revenu se sont poursuivis, mais ils nont débouché pour lheure sur aucun résultat définitif.
La Commission tiendra le Parlement européen dûment informé des évolutions futures.