Marque de l'Union européenne
La Commission a émis un avis sur la position du Conseil relative à ladoption dun règlement du Parlement européen et du Conseil visant à modifier le règlement (CE) n° 207/2009 sur la marque communautaire.
La proposition de règlement vise à:
- rationaliser les procédures de demande et denregistrement des marques de lUnion européenne;
- moderniser et améliorer les dispositions actuelles ;
- instituer un cadre de coopération approprié entre lOHMI et les offices nationaux, en vue de promouvoir la convergence des pratiques et lélaboration doutils communs;
- actualiser la gouvernance de lOHMI;
- aligner le règlement (CE) nº 207/2009 sur le traité de Lisbonne;
- résoudre des problèmes essentiels liés aux équilibres financiers à lintérieur du système des marques de lUnion européenne.
Malgré des inquiétudes liées à certains aspects budgétaires du compromis, la Commission peut accepter le compromis qui a été trouvé, notamment en ce qui concerne les changements qui renforcent la position des titulaires de marques et ont pour effet dapporter une plus grande sécurité juridique dans lapplication du droit des marques.
La position du Conseil en première lecture intègre un nombre important damendements votés par le Parlement européen, notamment ceux qui découlent des modifications parallèles apportées à la directive 2008/95. Ces amendements visent à :
- compléter la période transitoire dans la proposition de règlement, qui adapte les spécifications des marques de lUnion européenne déposées avant la modification du système de classification pour se conformer à la jurisprudence de la Cour de justice, en fournissant des garanties aux tiers qui auront déposé des demandes de marques dans lintervalle ;
- fixer directement dans le règlement (CE) nº 207/2009, au moyen dune annexe, le montant des taxes payables à lOHMI actuellement définies dans le règlement (CE) nº 2869/95 de la Commission ;
- changer le nom de lagence, qui deviendrait l«Office de lUnion européenne pour la propriété intellectuelle» ; la Commission a toutefois déploré que ce nouveau nom ne reflète pas le fait que l«Office» est une «agence» de lUE. Par ailleurs, si la Commission a souscrit à lidée de létablissement dun centre de médiation au sein de lagence, elle aurait préféré que la fonction darbitrage soit exclue des missions de ce centre.
En ce qui concerne le nouveau cadre de coopération entre les offices nationaux de la propriété intellectuelle et lagence de lUE, la Commission a approuvé les adaptations visant à :
- prévoir que cette coopération devienne obligatoire, à condition toutefois que les offices nationaux aient la possibilité, dans certaines circonstances, de sy soustraire, et que les projets élaborés dans ce cadre soient réalisés en consultation étroite avec les utilisateurs de marques ;
- porter le montant maximum du budget alloué à cette activité à 15% des recettes annuelles de lagence, contre les 20% proposés par le Parlement européen.
Pour ce qui est de la gouvernance de lagence, bien quelle déplore que le Conseil ait rejoint lavis du Parlement et supprimé de la proposition de règlement les dispositions qui prévoyaient la création dun conseil exécutif, la Commission approuve la nouvelle composition du conseil dadministration, comprenant un représentant du Parlement européen.
En ce qui concerne les amendements du Parlement européen non inclus dans la position du Conseil en première lecture, la Commission :
- a regretté la suppression de la proposition de la disposition traitant de la nouvelle procédure de sélection et de nomination du directeur de lOHMI. Elle a estimé que cela ne devrait pas faire figure de précédent lors des réformes à venir dautres agences de lUnion ;
- sest félicitée en revanche que le Conseil nait pas retenu la proposition du Parlement de maintenir la disposition autorisant le directeur de lagence à soumettre des projets de modification du règlement, ni celle dattribuer officiellement un pouvoir de nomination au directeur plutôt quau conseil dadministration ;
- a soutenu lopposition du Conseil à la limitation accrue des effets des marques proposée le Parlement européen, tout en acceptant le compromis final qui consiste à préciser le libellé du considérant correspondant afin de tenir compte, en particulier, des droits et libertés fondamentaux, notamment lexpression artistique ;
- sest montrée favorable à la suppression par le Conseil de la disposition relative à limportation de petits envois.
En ce qui concerne les nouvelles dispositions introduites dans la position du Conseil, la Commission a :
- accepté une solution de compromis par rapport à la disposition sur les produits en transit, en vertu de laquelle le droit dempêcher lintroduction de produits sur le territoire de lUnion séteint si le déclarant ou le détenteur des produits en question peut apporter la preuve devant la juridiction compétente que le titulaire de la marque na pas le droit dinterdire la mise sur le marché des produits dans le pays de destination finale ;
- soutenu la démarche du Conseil tendant à modifier les montants de taxes à payer à lOHMI [à définir dans une annexe au règlement (CE) nº 207/2009] de telle façon à abaisser les taxes de renouvellement au même niveau que les taxes de demande ;
- accepté lintroduction par le Conseil dune nouvelle base juridique régissant la compensation destinée aux États membres pour les frais engagés par leurs offices nationaux, en tant quéléments fonctionnels du système de marques de lUnion européenne ;
- approuvé la réintroduction dune disposition, initialement proposée par la Commission et supprimée par le Parlement, permettant le transfert des excédents budgétaires de lOHMI au budget de lUnion ; la Commission a toutefois déploré le fait que les conditions établies par le Conseil risquaient de limiter la portée pratique de cette nouvelle disposition ;
- déploré lintroduction par le Conseil de dispositions concernant lutilisation dactes dexécution et les procédures comitologiques correspondantes pour leur adoption, car cela conduira à recourir à la procédure législative ordinaire même pour de petits changements techniques.
Dans une déclaration portant sur certains aspects budgétaires de laccord, la Commission a regretté que les colégislateurs ne soient pas parvenus à se mettre daccord sur lun des principaux éléments de sa proposition concernant le budget de lOHMI, à savoir le réexamen automatique du niveau des taxes en cas dexcédent récurrent important et le transfert automatique de ces excédents au budget de lUnion.
La Commission continuera dexaminer le niveau des taxes facturées par lOHMI afin de proposer de les adapter le mieux possible aux coûts des services fournis à lindustrie et pour éviter laccumulation dexcédents importants au sein de lOHMI.
De plus, conformément au principe de lautonomie administrative des agences entièrement autofinancées, telles que lOHMI, la Commission prendra toutes les mesures appropriées pour veiller à ce que les agences, institutions et organismes supportent effectivement les frais liés à leur personnel ou quils restituent les sommes concernées au budget de lUnion.