Information des consommateurs sur les denrées alimentaires
Conformément au règlement (UE) nº 1169/2011 du Parlement européen et du Conseil concernant linformation des consommateurs sur les denrées alimentaires, la Commission a présenté un rapport en ce qui concerne les acides gras trans dans les denrées alimentaires et, de manière générale, dans le régime alimentaire de la population de lUnion.
Le rapport, élaboré à partir de données recueillies par le Centre commun de recherche :
- dresse un état des lieux sur la présence dacides gras trans (AGT) dans les denrées alimentaires et, de manière générale, dans le régime alimentaire de la population de lUnion;
- présente les stratégies actuelles destinées à limiter la consommation dAGT à léchelle mondiale et évalue leur efficacité; et
- décrit quelques-unes des incidences possibles résultant de la mise en place de telles stratégies dans lUnion européenne (UE).
Conséquences de la consommation dAGT sur la société : les maladies cardiaques constituent la principale cause de décès dans lUnion et une consommation élevée dAGT - un type particulier dacides gras insaturés - augmente considérablement le risque de ce type de maladies plus que tout autre nutriment, sur la base du nombre de calories. Le risque de succomber des suites dune maladie cardiaque est plus élevé lorsque 2% de lapport énergétique journalier provient de la consommation dAGT.
Il existe des données prouvant que la mise en place par le Danemark de limites légales relatives à la teneur en AGT dorigine industrielle a pratiquement éliminé ces AGT de lapprovisionnement alimentaire danois et a permis la diminution du nombre de décès causés par les maladies cardiovasculaires.
Consommation dans lUE : lAutorité européenne de sécurité des aliments a conclu que «la consommation dAGT devrait être aussi faible que possible dans le cadre dun régime alimentaire approprié sur le plan nutritionnel», tandis que lOrganisation mondiale de la santé recommande que la consommation dAGT ne représente pas plus d1% de lapport énergétique journalier, dautres sources avançant le chiffre de 2%.
Malgré une disponibilité limitée de données à léchelle de lUE, une étude menée auprès de neuf États membres de lUE conclut que la consommation moyenne quotidienne dAGT dans la population représente moins de 1% de lapport énergétique journalier, mais quune consommation plus élevée a été observée chez des sous-populations particulières de certains de ces États membres (ex : les citoyens à faibles revenus ou les étudiants âgés de 18 à 30 ans).
Teneur en AGT dans les denrées alimentaires en Europe : des produits alimentaires à forte teneur en AGT dorigine industrielle sont disponibles sur le marché (comme les biscuits ou le maïs à éclater avec des valeurs de lordre de 40 à 50 g dAGT/100 g de matières grasses) ou encore les denrées alimentaires non préemballées, telles que les produits de boulangerie contenant des AGT (teneurs > 2 g dAGT pour 100 g de matières grasses). Toutefois, des progrès en matière de santé publique peuvent être réalisés en réduisant la consommation de ces substances.
Par ailleurs, quatre États membres - Autriche, Danemark, Lettonie et Hongrie - ont déjà mis en place des limites légales nationales et plusieurs autres ont indiqué leur préférence pour une décision prise à léchelle de lUE, tout en soulignant leur volonté dadopter des mesures nationales relatives aux AGT visant à protéger la population en labsence dune décision à léchelle de lUE. Une fragmentation supplémentaire du marché pourrait en résulter. En labsence de mesures prises à léchelle de lUE, des difficultés pourraient également survenir pour les producteurs de lUE intéressés par laccès au marché des États-Unis.
Solutions possibles pour diminuer la consommation dAGT dans lUE : dans le cadre du présent rapport, une première analyse de lefficacité potentielle de mesures susceptibles dêtre adoptées à léchelle de lUE a été effectuée; chacune de ces mesures présente des avantages éventuels en matière de santé, mais peut aussi engendrer diverses charges pour les producteurs.
Les principales solutions envisageables pour réduire la consommation dAGT dans lUE pourraient être:
1) la mise en place dune déclaration obligatoire à léchelle de lUE concernant la teneur en AGT : un étiquetage obligatoire relatif aux AGT permettrait dune part, dinciter les acteurs du secteur industriel à réduire la teneur en AGT des produits alimentaires et, dautre part, de permettre aux consommateurs de faire des choix alimentaires en connaissance de cause.
Il semblerait toutefois que lefficacité de cette solution dépende de trois facteurs essentiels: i) la contribution à la consommation moyenne dAGT des produits pour lesquels une étiquette serait nécessaire, ii) la capacité des consommateurs à utiliser correctement les informations mentionnées sur létiquette et iii) leur propension à payer plus cher pour une alimentation plus saine. Les personnes à faibles revenus seraient en effet plus susceptibles de consommer des produits meilleur-marché (à forte teneur en AGT); cette solution pourrait accentuer les inégalités en matière de santé.
2) une limite légale à léchelle de lUE relative à la teneur en AGT dans les denrées alimentaires : lévaluation suggère que cette mesure serait la plus efficace en matière de santé publique, de protection des consommateurs et de compatibilité avec le marché intérieur. La fixation dune limite légale devrait permettre de parvenir aux diminutions les plus importantes de la consommation dAGT dorigine industrielle grâce à une élimination progressive et quasi complète du marché des produits à forte teneur en AGT dorigine industrielle, puisquelle sappliquerait à tous les produits, aussi bien préemballés que ceux non emballés. De plus, les consommateurs se verraient systématiquement proposer des options alimentaires plus saines sans devoir rechercher les produits ayant des teneurs en AGT les plus faibles.
La Commission estime que lapplication pratique de cette solution devrait faire lobjet dun examen plus approfondi. Lors de la définition dune telle limite, il conviendrait également de prendre en considération les risques de conséquences imprévues et les incidences sur les producteurs et produits spécifiques afin de tenter de les réduire au minimum. Les coûts éventuels engendrés par une telle mesure à légard des consommateurs, des producteurs et des fournisseurs des différents types de denrées alimentaires devraient être pris en considération.
3) des accords volontaires visant à réduire la teneur en AGT dans les denrées alimentaires et les régimes alimentaires à léchelle de lUE : le cas des Pays-Bas est régulièrement cité comme un exemple de réussite en matière de réduction volontaire et autoréglementée des teneurs en AGT par les exploitants du secteur alimentaire. Le succès de cette mesure semble dépendre du pays et du degré de participation du public, de létendue de la participation du secteur industriel et de la couverture des produits alimentaires sur le marché.
4) des orientations de lUE concernant des limites légales nationales relatives à la teneur en AGT dans les denrées alimentaires : il est probable que les conséquences soient similaires à celles existant à lheure actuelle (à savoir en labsence de mesure supplémentaire à léchelle de lUE), sauf en ce qui concerne le risque dun marché intérieur toujours plus fragmenté, qui pourrait dans ce cas de figure être atténué.
Conclusion : à la lumière de ces points, le rapport note le besoin évident de poursuivre et daccélérer les travaux dans ce domaine en recueillant davantage dinformations et en analysant de façon plus complète lampleur du problème à traiter ainsi que les différentes solutions possibles, en particulier loption de limites légales pour les AGT dorigine industrielle.
En conséquence, conformément à ses principes de meilleure réglementation, la Commission a lintention de lancer rapidement une consultation publique et de procéder à une analyse dimpact complète. Cela lui permettra de prendre une décision sur la politique à mener en connaissance de cause dans un proche avenir.