Résolution sur Djibouti
Le Parlement européen a adopté une résolution sur Djibouti.
Le texte adopté en plénière avait été déposé en tant que résolution commune par les groupes PPE, S&D, ECR, ALDE, GUE/NGL, Verts/ALE et EFDD.
Élections davril 2016 : le Parlement a exprimé son inquiétude en ce qui concerne le processus de démocratisation qui est au point mort à Djibouti. Il a demandé une enquête approfondie sur la transparence du processus électoral et des élections davril 2016, élections remportées de manière écrasante avec 87,1% des suffrages par Ismaïl Omar Guelleh, président de Djibouti depuis 1999. Cette victoire a été dénoncée par les partis d'opposition et les groupes de défense des droits comme le fruit de la répression politique.
Dénonçant l'ingérence militaire et policière dans les processus démocratiques, les députés ont réitéré l'appel lancé par l'Union pour que les résultats de chaque bureau de vote dans les élections de 2013 et de 2016 soient publiés, tout en rappelant quaucune mission d'observation électorale de l'Union européenne n'avait été invitée à observer le scrutin et que les autorités de Djibouti ont décliné la proposition de l'Union d'envoyer une mission d'experts électoraux.
Viols contre des civils : le Parlement a également dénoncé les viols qui auraient été commis par des soldats djiboutiens contre des civils et qui ont été signalés par diverses ONG, ainsi que les ont mis en évidence les grèves de la faim entamées par dix femmes djiboutiennes à Paris et dix autres femmes à Bruxelles. Il a demandé aux autorités djiboutiennes de mener une enquête sur les actions de l'armée et invité les Nations unies à enquêter sur la situation des droits de l'homme à Djibouti, en particulier la situation des femmes dans ce pays.
Indépendance de la presse : la résolution a condamné l'absence d'une presse indépendante à Djibouti ainsi que la surveillance et la censure de sites internet critiques envers le gouvernement. Les députés ont condamné le harcèlement et l'emprisonnement sans aucune inculpation subis par des dirigeants de l'opposition, des journalistes et des militants indépendants des droits de l'homme au cours de la période précédant l'élection présidentielle.
Ils ont invité gouvernement de Djibouti à : i) accorder des licences de radiodiffusion FM à tout organisme de médias indépendants qui en fait la demande; ii) accorder aux journalistes étrangers un accès libre au pays pour leur permettre d'exercer leur métier en toute sécurité et de manière objective; iii) mettre en place la commission de communication nationale et à autoriser la radiodiffusion privée et indépendante.
Traite des êtres humains : le Parlement a invité le gouvernement à assurer la formation des policiers et autres agents aux fins de l'application de la loi relative à la prévention de la traite des êtres humains, à intensifier ses efforts pour traduire les trafiquants d'êtres humains en justice et à mener des actions de sensibilisation sur ce sujet. Il a exigé que les hommes et les femmes soient traités de manière égale devant la loi à Djibouti.
Enfin, les députés ont invité le Service européen pour l'action extérieure, la Commission, ainsi que leurs partenaires, à uvrer avec les Djiboutiens sur des réformes politiques à long terme, ce qui devrait être notamment facilité par le fait que Djibouti est un élément essentiel de la lutte contre le terrorisme et la piraterie dans la région.