Santé: programme d'action communautaire 2008-2013
Conformément à la décision n° 1350/2007/CE, la Commission a présenté un rapport dévaluation ex post externe et indépendant sur la mise en uvre et les résultats du deuxième programme daction dans le domaine de la santé (2008-2013).
Le rapport présente le programme et résume les principales conclusions des évaluations à mi-parcours et ex post. Il expose aussi trois domaines où la mise en uvre du troisième programme daction dans le domaine de la santé pourrait être améliorée.
1) Les objectifs du programme : le deuxième programme avait pour objectif global de compléter et dappuyer les politiques des États membres, dy apporter une valeur ajoutée et de contribuer à renforcer la solidarité et la prospérité dans lUnion européenne par la protection et la promotion de la santé et de la sécurité des personnes et lamélioration de la santé publique.
Le programme a financé des actions visant à atteindre trois grands objectifs:
- améliorer la sécurité sanitaire des citoyens et protéger ceux-ci des menaces pour la santé et les états durgence tels que les pandémies ou les catastrophes naturelles;
- promouvoir la santé et réduire les inégalités en la matière dans toute lEurope, que ce soit en rapport avec le mode de vie, tel laccès aux possibilités dactivité physique, ou avec les soins de santé, tel laccès à lintervention médicale requise; et
- produire et diffuser des informations et des connaissances en matière de santé aux parties intéressées, du grand public aux professionnels de la santé en passant par les décideurs.
En plus des subventions destinées aux projets et soumissions, de nouveaux mécanismes de financement ont été introduits depuis le début du programme sous la forme dactions conjointes, de subventions de fonctionnement, de cofinancement de conférences et de subventions directes à des organisations internationales.
2) Évaluation du programme : des évaluations externes et indépendantes ont été effectuées à mi-parcours (en 2010-2011) et ex post (2014-2015). Ces deux évaluations ont conclu que le programme était positif, mais présentait des limites Elles ont :
- confirmé la pertinence des actions financées tout en soulignant que la conception du programme présentait des faiblesses (large champ dapplication et objectifs spécifiques non explicites) ;
- conclu que le programme avait une valeur ajoutée pour lUE qui sest manifestée principalement par le recensement des meilleures pratiques et lamélioration de la prise de décisions et du travail en réseau par létablissement de points de référence (benchmarking) ;
- conclu que seules les actions à valeur ajoutée européenne ont le potentiel dinfluencer les politiques des États membres dans le domaine de la santé et que linfluence dépendait de ladoption et de la mise en uvre des résultats par les États membres.
Appréciation globale : la Commission note que le deuxième programme a :
- mobilisé des acteurs pertinents dans les 28 États membres (le nombre dacteurs issus des États membres de lEU-15 étant supérieur à celui des États membres de lEU-12) et les trois pays de lAELE/EEE (Norvège, Islande et Liechtenstein) ;
- porté sur une série de préoccupations communes en matière de santé (à savoir les principales maladies chroniques, la santé dune population vieillissante, le développement des capacités de réaction aux menaces sanitaires transfrontières),
- fourni un large éventail doutils utiles (notamment le portail des maladies rares de lUE) et de meilleures pratiques (entre autres dans le domaine de la prévention de la propagation du VIH/SIDA, du traitement de lobésité ou du dépistage du cancer) à appliquer à léchelon national et régional ;
- promu la coopération et la coordination entre les autorités sanitaires des États membres pour que les questions de santé telles que les inégalités face à la santé, la santé mentale, le vieillissement, etc. restent des questions prioritaires.
Les deux évaluations ont toutefois souligné quen raison du manque dobjectifs explicites et dindicateurs de progrès dans la conception du programme, les priorités se sont multipliées et il est apparu difficile de définir les résultats globaux de manière sensée.
Évaluation à mi-parcours : lévaluation à mi-parcours a débouché sur la formulation de diverses recommandations: i) améliorer la hiérarchisation des besoins, ii) fixer des objectifs plus précis et plus ciblés, iii) cofinancer moins dactions, iv) surveiller les résultats sur la base des indicateurs SMART et v) améliorer la diffusion des réalisations. Les enseignements tirés de lévaluation ont été appliqués à lanalyse dimpact qui a été jointe à la proposition de troisième programme daction dans le domaine de la santé présentée par la Commission qui a abouti à ladoption du règlement (UE) n° 282/2014.
Évaluation ex post : cette évaluation a porté sur les principaux aspects de la mise en uvre du programme, notamment le suivi des recommandations de lévaluation à mi-parcours. Elle sest concentrée sur la gestion du programme, la diffusion de ses résultats, lefficacité du programme et les synergies avec dautres programmes de lUE.
Les enseignements tirés serviront à améliorer la mise en uvre du troisième programme daction. Ainsi au cours des années à venir, la Commission accomplira un effort particulier dans les trois domaines suivants :
- améliorer le contrôle, la notification et la diffusion des résultats : pour garantir la notoriété du programme et son utilité, il est essentiel que les actions et leurs résultats soient bien connus des principaux acteurs concernés. Les efforts accomplis jusquici ne peuvent compenser le fait que les résultats de certains projets naient pas été promus auprès des publics spécifiques pour lesquels ils présentent le plus dintérêt. Par conséquent, dans le cadre du troisième programme daction, une stratégie efficace de diffusion des résultats devrait être définie tôt pour toutes les actions ;
- encourager la participation au programme des États membres moins actifs : la situation économique difficile est considérée comme lune des raisons expliquant la faible participation de certains États membres. Pour y remédier, la Commission a établi, dans le troisième programme daction, le principe de l«utilité exceptionnelle» en tant quélément financier incitant tous les États membres à participer. Le but est que la moitié au moins des journées dinformation visant à promouvoir le programme se déroule dans les États membres sous-représentés pendant la précédente période du programme ;
- développer des synergies avec dautres programmes de lUE : le troisième programme daction offre des possibilités pour réaliser la coopération entre les programmes de lUnion en soutenant la santé dans des domaines tels que la migration, le traitement des maladies émergentes liées à des facteurs environnementaux tels que le changement climatique, linnovation dans le domaine de la santé, la réforme du secteur de la santé et la santé mondiale.
La Commission profitera de la fin du troisième programme daction, en 2020, pour déterminer dans quelle mesure les trois premiers programmes auront eu des effets positifs sur les politiques de la santé des États membres, garantissant une valeur ajoutée de lUE. Les mécanismes de suivi du troisième programme daction dans le domaine de la santé seront utilisés pour permettre cette évaluation plus large.