Transactions commerciales: lutte contre le retard de paiement. Refonte
La Commission a présenté un rapport sur la mise en uvre de directive 2011/7/UE concernant la lutte contre le retard de paiement dans les transactions commerciales.
Le rapport vise à déterminer si la directive permet datteindre les objectifs poursuivis et comporte des recommandations sur la façon daméliorer sa mise en uvre.
Évaluation de la directive : trois facteurs principaux ont rendu difficile la réalisation dune évaluation a posteriori précise : i) lentrée en vigueur récente de la directive; ii) la difficulté à cerner le rôle exact que la directive a joué dans les changements constatés sur le terrain; et iii) la conjoncture extérieure, liée notamment à la crise financière et à la situation économique dans certains États membres.
Lévaluation reposait sur cinq critères : lefficacité, lefficience, la cohérence, la pertinence et la valeur ajoutée européenne. Cette évaluation a révélé ce qui suit:
- la directive a permis de sensibiliser lopinion au problème du retard de paiement et de faire de ce problème une priorité politique. De ce fait, les gouvernements de plusieurs États membres adoptent actuellement des mesures structurelles et volontaires à lappui des dispositions de la directive ;
- même si dans plus de la moitié des États membres, les entités publiques ne respectent pas encore le délai de 30 jours imposé par la législation, le délai moyen de paiement dans lUnion se raccourcit peu à peu, tant dans le secteur public que dans le secteur privé ;
- de nombreuses PME continuent daccepter les longs délais de paiement imposés par de grandes entreprises et nexercent pas le droit qui leur est conféré par la directive de réclamer des intérêts pour retard de paiement, une indemnisation et des frais de recouvrement ;
- à lheure actuelle, rares sont les éléments qui indiquent que la directive a eu une incidence quantifiable sur les liquidités des entreprises et quelle a facilité les échanges transfrontaliers ;
- l'application efficace de la directive a été favorisée par plusieurs facteurs, notamment létablissement de codes de paiement rapide au niveau national, des forums permettant aux États membres déchanger des bonnes pratiques, et des mesures de sensibilisation.
Conclusions générales : le rapport conclut que :
- la directive est au début de son cycle de vie. À lheure actuelle, les améliorations au niveau des délais moyens de paiement restent modestes ;
- même si les entreprises sont conscientes des droits qui leur sont conférés par la directive, lexercice de ces droits nest pas encore généralisé ;
- plusieurs facteurs semblent entraver lapplication efficace de la directive, comme labsence dun système de surveillance commun, le manque de clarté sur certaines notions clés de la directive et le déséquilibre de marché entre les grandes et les petites entreprises.
Toutefois, la directive est considérée comme cohérente avec les autres législations et stratégies de lUnion; elle reste pertinente et elle a apporté une valeur ajoutée européenne.
Recommandations : sur la base de cette évaluation, il est recommandé de maintenir la directive dans sa forme actuelle et de laisser passer davantage de temps pour que tous ses effets se fassent ressentir.
Les mesures suivantes sont suggérées aux États membres :
- mettre en place un système ou une procédure permettant dassurer un suivi des progrès accomplis, détablir des rapports et de publier des informations concernant les délais moyens de paiement dans le secteur public comme privé ;
- continuer à considérer la question du retard de paiement comme une priorité politique en poursuivant les actions de sensibilisation nationales en la matière ;
- encourager le développement et la mise en uvre dinitiatives dappui, telles que les codes de paiement rapide, la médiation, et des mesures dincitation comme par exemple la publication dune liste des bons payeurs.
Pour sa part, la Commission entend :
- mener des études ciblées dans les États membres afin de recenser, dans différents secteurs, les bonnes pratiques qui contribuent à une application plus efficace de la directive, dresser un bilan des résultats obtenus et diffuser les informations ;
- continuer à fournir des orientations aux parties prenantes et poursuivre avec elles léchange de bonnes pratiques sous différentes formes (réunions du groupe dexperts, notes interprétatives);
- étudier la possibilité de recueillir des informations comparables sur le fonctionnement des systèmes judiciaires nationaux pour ce qui est de la mise en uvre de la procédure accélérée de recouvrement et présenter les résultats dans le tableau de bord de la justice dans lUnion européenne ;
- évaluer régulièrement les incidences de la directive en tenant compte du fait que certains effets sont susceptibles de prendre davantage de temps avant de se matérialiser pleinement.