Création d'un mécanisme de l'Union pour la démocratie, l'état de droit et les droits fondamentaux
La commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures a adopté un rapport de Sophia in 't VELD (ADLE, NL) contenant des recommandations à la Commission sur la création d'un mécanisme de l'Union pour la démocratie, l'état de droit et les droits fondamentaux (Initiative - article 46 du règlement).
Les députés ont rappelé que lUnion européenne était fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, dégalité, détat de droit et de respect des droits fondamentaux, notamment ceux des personnes appartenant à des minorités, lesquels sont inscrits dans ses principes et objectifs fondamentaux dans les premiers articles du traité sur lUnion européenne (traité UE) et dans les critères dadhésion à lUnion.
En conséquence, la commission compétente a estimé que les institutions et organes de lUnion européenne et les États membres devraient montrer lexemple dans laccomplissement effectif de leurs obligations et semployer à bâtir une culture commune de létat de droit comme valeur universelle dans les 28 États membres et les institutions de lUnion afin quelle soit appliquée uniformément par tous les acteurs concernés.
Conclure un Pacte DEF : les députés ont invité la Commission à présenter, avant septembre 2017, au titre de larticle 295 du traité FUE, une proposition concernant la conclusion dun pacte de lUnion pour la démocratie, létat de droit et les droits fondamentaux (pacte DEF) sous la forme dun accord interinstitutionnel.
Le pacte DEF inclurait lensemble des acteurs pertinents et comprendrait :
- un rapport annuel sur la démocratie, létat de droit et les droits fondamentaux (rapport européen DEF) incluant des recommandations spécifiques par pays qui tiennent compte des rapports établis par lAgence européenne des droits fondamentaux (FRA), le Conseil de lEurope et toutes les autres autorités compétentes dans le domaine ;
- un débat interparlementaire annuel qui sappuierait sur ce rapport européen ;
- des modalités de traitement des risques potentiels ou violations telles que prévues par les traités, et des conditions dactivation du volet préventif ou correctif de larticle 7 du traité UE;
- un cycle de politiques DEF au sein des institutions de lUnion.
Le rapport européen DEF serait rédigé par la Commission après consultation dun panel dexperts indépendants (panel dexperts DEF) composé dun expert nommé par le parlement de chaque État membre et de dix autres experts nommés par le Parlement européen.
La Commission devrait transmettre le rapport européen DEF au Parlement, au Conseil et aux parlements nationaux. Ce rapport serait mis à la disposition du public.
Recommandations : les députés ont recommandé, en particulier, que le pacte DEF de lUnion comprenne des aspects préventifs et correctifs, et quil sapplique à tous les États membres ainsi quaux trois principales institutions de lUnion, dans le respect des principes de subsidiarité, de nécessité et de proportionnalité. Si le pacte DEF devrait viser principalement à prévenir les violations des valeurs de lUnion et à y remédier, il devrait aussi prévoir des sanctions qui peuvent avoir un effet de dissuasion effectif.
La Commission est invitée à rassembler, à partir de 2018, ses rapports thématiques annuel pertinents, ainsi que les résultats des mécanismes de suivi et des outils dévaluation périodique existants, pour les présenter simultanément afin dalimenter un cycle politique en faveur de la démocratie, de létat de droit et des droits fondamentaux.
Les députés ont mis laccent sur le rôle clé que le Parlement et les parlements nationaux devraient jouer pour analyser dans quelle mesure les valeurs communes à lUnion progressent et pour contrôler le respect de ces valeurs, consacrées par larticle 2 du traité sur lUnion européenne. Tout débat interparlementaire sur la DEF devrait inclure la société civile.
Les députés ont invité la Commission à :
- présenter, au plus tard en juin 2017, un nouveau projet daccord relatif à ladhésion de lUnion à la Convention européenne de sauvegarde des droits de lhomme et des libertés fondamentales (CEDH) ;
- agir pour garantir laccès de tous à lassistance juridique aux personnes et organisations engagées dans des litiges relatifs à des cas de violations en matière de DEF par les gouvernements nationaux ou les institutions de lUnion ;
- travailler en coopération avec la société civile à la mise en uvre dune campagne de sensibilisation, afin de permettre aux citoyens et résidents de lUnion de sapproprier leurs droits découlant des traités et de la Charte des droits fondamentaux.
Pour sa part, le Médiateur européen devrait mettre en exergue dans le cadre de son rapport annuel, des affaires, des recommandations et des décisions liées aux droits fondamentaux des citoyens, ainsi quaux principes de démocratie et détat de droit.
Panel dexperts DEF : les députés ont recommandé que le panel mène également à bien une évaluation de laccès à la justice au niveau européen, y compris les aspects tels que :
- lindépendance et limpartialité des juridictions et des juges,
- la durée et le coût des actions en justice,
- la pertinence et lefficacité du système daide juridique,
- la mise en uvre des décisions de justice,
- la portée du contrôle juridictionnel et les voies de recours dont peuvent se prévaloir les citoyens,
- les possibilités de recours collectif transfrontalier.
Fonds de dotation : les députés ont invité à mettre en place un fonds de dotation pour une organisation en faveur de la démocratie, en soutien aux acteurs locaux qui uvrent pour la démocratie, létat de droit et les droits fondamentaux au sein de lUnion.
Ils ont par ailleurs recommandé que le pacte envisage le suivi régulier de la compatibilité des accords internationaux ratifiés par les États membres et lUnion avec le droit primaire et secondaire de lUnion.