Résolution sur les langues des signes et les interprètes professionnels en langues des signes
Le Parlement européen a adopté par 661 voix pour, 6 voix contre et 23 abstentions, une résolution sur les langues des signes et les interprètes professionnels en langues des signes, déposée par les groupes PPE, S&D, ECR, ALDE, Verts/ALE et EFDD.
Les députés rappellent que les personnes handicapées, notamment les personnes sourdes et malentendantes bénéficient toutes, en tant que citoyens à part entière, des mêmes droits et peuvent prétendre à la dignité inaliénable, à l'égalité de traitement, à l'indépendance, à l'autonomie et à la pleine participation à la vie sociale. Par ailleurs, le traité FUE exige de l'Union qu'elle combatte toute discrimination fondée sur un handicap dans la définition et la mise en uvre de ses politiques et actions. Or, lUnion européenne compte près dun million de sourds utilisant la langue des signes et 51 millions de citoyens malentendants qui sont également nombreux à lutiliser.
Cest dans ce contexte qua été adoptée une résolution qui insiste sur la nécessité de disposer dinterprètes en langues des signes qualifiés et professionnels. A cette fin, le Parlement préconise toute une série de mesures dont :
- la reconnaissance officielle des langues des signes nationales et régionales dans les États membres et au sein des institutions de lUnion,
- la formation officielle (universitaire ou équivalente, soit trois années détudes à temps plein) dans ce domaine,
- une reconnaissance officielle de la profession.
Conscients des contraintes budgétaires induites par la présence dinterprètes en langue des signes, les députés considèrent que la fourniture dune interprétation en langues des signes pourrait constituer une mesure daccessibilité ou une mesure daménagement raisonnable, selon la situation.
Accessibilité : les députés réaffirment leur attachement à rendre le processus politique aussi accessible que possible, notamment par la mise à disposition dinterprètes professionnels en langues des signes, non sans mesurer limportance des normes minimales pour laccessibilité, compte tenu notamment des nouvelles technologies émergentes, telles que les services dinterprétation en langues des signes et de sous-titrage en ligne.
Ils jugent essentiel que les services dinterprétation et de traduction soient corrects et précis, et insistent sur la nécessité de disposer dinterprètes en langue des signes spécialisés et très qualifiés.
Emploi, éducation et formation : les députés en appellent à la prise de mesures daménagement raisonnable, notamment la mise à disposition dinterprètes professionnels en langue des signes, pour garantir légalité daccès à lemploi, à léducation et à la formation. Il convient doffrir aux étudiants sourds, sourds-aveugles ou malentendants ainsi quà leurs parents des services préscolaires et scolaires afin quils puissent apprendre la langue des signes nationale ou régionale utilisée dans leur environnement.
Il convient également :
- dinclure la langue des signes dans les cursus éducatifs afin daméliorer la sensibilisation vis-à-vis de la langue des signes et de renforcer son utilisation;
- prendre des mesures de reconnaissance et de défense de lidentité linguistique des communautés de malentendants;
- encourager lapprentissage des langues des signes, au même titre que les langues étrangères.
Le Parlement demande en particulier que le principe de liberté de circulation des personnes sourdes, sourdes-aveugles ou malentendantes soit garanti dans lUnion, en particulier dans le contexte du programme Erasmus+ et des programmes de mobilité connexes.
Institutions de l'Union européenne : les députés estiment les institutions européennes devraient être des exemples de bonnes pratiques pour leur personnel, les fonctionnaires élus et les stagiaires ainsi que les citoyens de lUnion en matière daménagements raisonnables et daccessibilité, parmi lesquels figurent les services dinterprétation en langue des signes. Même sils reconnaissent que de nombreux efforts ont déjà été faits, ils invitent ces dernières à recourir à des systèmes daménagements raisonnables mis à la disposition du personnel ou des élus. Le Parlement demande également aux institutions daccorder officiellement aux interprètes en langue des signes le même statut que les interprètes en langues parlées eu égard aux services dinterprétation quils fournissent aux institutions ainsi quà leur personnel.
Enfin, le Parlement appelle son propre service des visiteurs à répondre aux besoins des visiteurs sourds, sourds-aveugles ou malentendants en leur accordant un accès direct dans une langue des signes nationale ou régionale et grâce à des services de reconnaissance vocale.