Fonds de solidarité de l'Union européenne: évaluation
Le Parlement européen a adopté par 589 voix pour, 13 contre et 42 abstentions, une résolution
sur le Fonds de solidarité de lUnion européenne: évaluation.
Utilité du Fonds : les députés ont rappelé que depuis sa création, le Fonds européen de solidarité (FSUE) avait été dune grande utilité, en mobilisant 3,8 milliards EUR au total en lien avec plus de 70 catastrophes au bénéfice de 24 États et pays candidats, et en répondant à un large éventail de phénomènes naturels, comme des tremblements de terre, des inondations, des incendies de forêt, des tempêtes et, plus récemment, des sécheresses.
Comme la demandé le Parlement à de nombreuses reprises, linstrument a subi une réforme importante en 2014 en vue daméliorer et de simplifier les procédures, et i) de raccourcir le délai de réponse à six semaines après le dépôt de la demande, ii) de redéfinir son champ dapplication, iii) de fixer des critères clairs pour la définition dune catastrophe régionale, et iv) de renforcer les stratégies de prévention des catastrophes et de gestion des risques.
La proposition de règlement Omnibus présentée par la Commission le 14 septembre 2016 prévoit une nouvelle révision du Fonds dans le but daméliorer la réactivité et lefficacité du financement durgence.
Améliorer la rapidité de réaction : le Parlement a salué limportance de la réforme de 2014 ainsi que ses principales composantes, à savoir :
- les paiements anticipés, en vertu desquels jusquà 10% du montant de la contribution prévue pourront être mis à disposition sur demande peu de temps après que la demande de contribution financière du Fonds aura été soumise à la Commission (plafonnés à 30 millions EUR) ;
- ladmissibilité des coûts relatifs à la préparation et à la mise en uvre des actions de secours et de sauvetage (une demande majeure du Parlement européen),
- lextension des délais pour la présentation de la demande par les États éligibles (12 semaines après que le premier dommage a été enregistré) et pour la mise en place du projet (18 mois) ;
- lintroduction dun délai de six semaines pour la réponse de la Commission aux demandes ;
- de nouvelles dispositions sur la prévention des catastrophes naturelles, et lamélioration des procédures eu égard à la bonne gestion financière.
La résolution a néanmoins souligné que, malgré lintroduction dun mécanisme de paiements anticipés en amont de la procédure normale, les bénéficiaires restent confrontés à des problèmes à cause de la longueur de lensemble du processus, du dépôt de la demande au versement de la contribution finale.
Les députés ont insisté, à cet égard, sur la nécessité de déposer la demande le plus tôt possible après une catastrophe, mais aussi dy apporter des améliorations dans la phase dévaluation et les phases ultérieures, afin de faciliter lexécution des paiements.
Transparence et coopération : les députés ont invité États membres et la Commission à :
- améliorer leur communication et coopération avec les pouvoirs locaux et régionaux, à la fois lors de lévaluation des dommages admissibles et lors de la préparation des demandes, mais aussi lors de la mise en place de projets visant à contrer les effets des catastrophes naturelles ;
- renforcer la transparence et à garantir une information accessible au public tout au long du processus de mobilisation de lassistance, depuis le dépôt dune demande jusquà la clôture du projet.
Prévention et complémentarité : le Parlement a invité les États membres à optimiser leur utilisation des fonds existants de lUnion, et notamment des cinq Fonds européens structurels et dinvestissement (Fonds ESI), pour les investissements destinés à prévenir les catastrophes naturelles. Il a souligné limportance de développer des synergies entre les différents fonds et politiques de lUnion en vue de prévenir les effets des catastrophes naturelles et, en cas de mobilisation du FSUE, de garantir la consolidation et le développement durable des projets de reconstruction.
Dès lactivation du FSUE, lÉtat membre devrait sengager officiellement à prendre toutes les mesures nécessaires pour la prévention des catastrophes et la reconstruction durable des zones touchées.
Les députés ont également préconisé de prendre des mesures préventives conformes à lapproche écosystémique dans le cadre de latténuation des conséquences dune catastrophe au titre du FSUE. Ils ont invité les États membres à mettre en place des stratégies de prévention et de gestion des risques.
Dans le cadre de futures réformes, la résolution a suggéré :
- dautoriser le dépôt de demandes uniques et conjointes par plusieurs États éligibles touchés par une catastrophe naturelle transfrontalière, dont lorigine est la même et qui coïncide dans le temps, et de prendre en compte les dommages indirects dans lévaluation des demandes ;
- denvisager i) la possibilité de relever le seuil des paiements anticipés de 10 à 15%, ainsi que de raccourcir les délais de traitement des demandes de six à quatre semaines; ii) de fixer le seuil dadmissibilité des catastrophes naturelles régionales à 1% du PIB régional, et de tenir compte, lors de lévaluation des demandes, du niveau de développement socioéconomique des régions touchées.
Enfin, le Parlement a regretté la longueur des procédures dévaluation des rapports de mise en uvre et de clôture sous lancien règlement. Il a demandé que, en vertu du règlement modifié, les clôtures de dossier soient effectuées de manière plus efficace et transparente, tout en garantissant que les intérêts financiers de lUnion soient protégés.