Résolution sur l’accès à l’énergie dans les pays en développement
Le Parlement européen a adopté une résolution, préparée par sa commission du développement, sur laccès à lénergie dans les pays en développement.
Les députés rappellent que près de 1,2 milliard de personnes nont pas accès à lélectricité et que la moitié des personnes privées de laccès à lélectricité vivent en Afrique. Ils indiquent également que, du point de vue de laccès à lélectricité, la situation de lAfrique subsaharienne est la pire au monde, mais quétant donné lévolution du secteur de lénergie de cette région, il est probable que dici 2040, celle-ci consommera autant délectricité que lInde et lAmérique latine réunies en 2010.
Parallèlement, les députés indiquent que plus de 70% de la consommation énergétique totale de lAfrique provient de sources renouvelables mais que celles-ci résultent en quasi-totalité dutilisations traditionnelles de la biomasse. Il reste de nombreuses possibilités dinclure dautres sources, notamment en matière dénergie solaire et éolienne.
Les députés rappellent par ailleurs que laccès à lénergie est un accélérateur de développement et que celle-ci ne peut intervenir sans un paramètre de gouvernance énergétique.
Ils appuient linitiative de la Commission européenne intitulée «De lénergie pour doper le développement», destinée à permettre laccès de 500 millions de personnes supplémentaires dans les pays en développement à une énergie durable dici 2030 à travers des éléments de programme tels que la création dun dispositif dassistance technique qui fera appel à des experts de lUnion pour promouvoir le renforcement des capacités et le transfert de technologies. Cette initiative devrait être entièrement conforme aux objectifs de lUnion en matière de politique de développement figurant dans le traité de Lisbonne.
Pour développer un tel projet, le règlement sur lICD constitue une base solide pour laide au développement de lUnion dans le domaine de lénergie. Le Parlement rappelle que ces dispositions sont centrées sur laccès à lénergie et mettent laccent sur la production locale et régionale des énergies renouvelables et sur leur accessibilité pour les personnes démunies vivant dans les régions enclavées.
Le Parlement demande à la Commission de rendre compte régulièrement, via son site internet, des progrès vers la réalisation de son initiative «De lénergie pour doper le développement», et indique la part des aides financières totales octroyées aux pays en développement dans le secteur de lénergie aux énergies renouvelables, aux régions enclavées, à la formation du personnel, à la création de savoir-faire et de compétences au niveau local.
Energies renouvelables en Afrique : les députés soulignent le potentiel élevé des ressources dénergie renouvelables en Afrique en matière de production solaire et éolienne pour assurer laccès à lénergie à tous, notamment dans les zones rurales. Ils prient lUnion et ses États membres de faciliter le transfert de technologies en faveur de leur déploiement dans les pays en développement.
Ils font observer quenviron 10% du potentiel mondial dénergie hydraulique se trouve en Afrique, non sans évoquer le fait que les générations futures devront probablement supporter une part disproportionnée des coûts sociaux et environnementaux des projets de grands barrages, sans bénéficier dune part correspondante des avantages économiques.
Le Parlement recommande aux agences de financement (agences daide bilatérales, banques multilatérales de développement, agences de crédit à lexportation et BEI) de veiller à ce que tout projet de construction dun barrage dont le financement est approuvé respecte les lignes directrices de la Commission mondiale des barrages. Il souligne notamment que la planification de tout barrage doit être évaluée selon 5 paramètres: équité, efficacité, caractère participatif du processus décisionnel, durabilité et responsabilité.
Le Parlement évoque par ailleurs la bioénergie qui influe sur les écosystèmes et la biodiversité (biomasse à des fins énergétiques qui fait apparaître de nouvelles menaces en matière de sécurité alimentaire, de sécurité du régime foncier, de déforestation et de dégradation des terres).
Le Parlement souhaite également que lUnion et ses États membres fournissent leur soutien et une assistance technique pour la mise en uvre du plan daction de linitiative intitulée «Couloir africain de lénergie propre», qui vise à répondre à la moitié de la demande totale en électricité à laide de ressources propres, indigènes, peu coûteuses et renouvelables dici 2030, réduisant ainsi les émissions de dioxyde de carbone. Il se dit favorable au recours aux instruments de financement mixte et demande à la Commission de veiller à éviter doctroyer des fonds à des projets qui peuvent être viables sans eux, en dépit des sollicitations des investisseurs privés.
En finir avec les subventions aux énergies fossiles : le Parlement demande expressément que les subventions en faveur des combustibles fossiles soient supprimées progressivement et recommande que les fonds ainsi dégagés soient consacrés à des politiques sociales efficaces et à des mesures destinées à éradiquer la pauvreté énergétique dans les pays en développement.
Il souligne enfin que lefficacité des interventions de lUnion européenne ne peut réellement se mesurer quà laune de leur contribution à la mise en place dun accès universel à lénergie, avec un minimum démissions de gaz à effet de serre.