Promotion de l’égalité des genres dans la santé mentale et la recherche clinique
La commission des droits de la femme et de légalité des genres a adopté le rapport dinitiative de Beatriz BECERRA BASTERRECHEA (ADLE, ES) sur la promotion de l'égalité des genres en matière de santé mentale et de recherche clinique.
Les députés rappellent que le droit au meilleur état de santé physique et mentale fait partie des droits fondamentaux de lhomme. A cet égard, ils indiquent quau sein de lUnion 27% des adultes, hommes et femmes confondus ont déjà été touchés par au moins une forme de maladie mentale. Cest la raison pour laquelle ils demandent aux États membres darrêter des mesures et de prévoir des ressources suffisantes permettant à toutes les femmes daccéder à des services de santé, notamment des services de santé mentale y compris des refuges pour femmes , quels que soient leur statut juridique, leur identité de genre, leurs caractéristiques sexuelles, leur origine ethnique ou leur religion.
Légalité des genres en matière de santé mentale : les députés invitent la Commission et les États membres à promouvoir des campagnes dinformation et de prévention et dautres initiatives sur les maladies psychiques, afin de mieux sensibiliser lopinion publique.
Ils demandent par ailleurs que des actions soient menées pour :
- modifier limage des personnes touchées par des maladies mentales : ils insistent notamment sur le fait quil existe un lien entre santé mentale et pauvreté et exclusion sociale. Reconnaissant linfluence des médias et particulièrement de linternet et des réseaux sociaux sur la santé mentale, les députés appellent à davantage de recherches sur ce sujet. Ils signalent que, dans certains cas, les femmes ont une perception déformée de leur image, causée par les médias, les stéréotypes véhiculés par la publicité et la pression sociale, et développent des troubles alimentaires et comportementaux, tels que lanorexie et la boulimie notamment. Ils invitent également la Commission, les États membres et les autorités locales à répondre aux défis de santé mentale que pourraient rencontrer les personnes LGBTI ;
- apporter une aide ciblée aux femmes précarisées et réfugiées : ils demandent aux États membres de protéger les demandeuses dasile détenues qui signalent des abus afin quelles puissent bénéficier dune protection adéquate. Dans la foulée, les députés invitent la Commission, les États membres et les autorités locales à développer des politiques spécifiques adaptées afin de fournir des prestations de santé mentale à des groupes de femmes vulnérables au sein de communautés marginalisées.
Légalité de genre dans les essais cliniques : les députés soulignent que les essais cliniques de produits pharmaceutiques menés tant sur les hommes que sur les femmes sont nécessaires et quils devraient être inclusifs, non discriminatoires et réalisés dans des conditions dégalité. En ce sens, ils exigent que létiquetage des produits pharmaceutiques indique clairement si des essais cliniques ont été menés sur des femmes et si lon peut sattendre à des effets secondaires différents entre hommes et femmes. De même, les députés demandent à la Commission de soutenir les projets qui, au niveau de lUnion, sont axés sur la manière dont les femmes sont traitées au cours de la recherche clinique.
Les députés mettent également en lumière la nécessité dune action urgente afin de combler linégalité de représentation des genres dans les essais cliniques dans les domaines de la santé où cette inégalité est particulièrement préjudiciable, tels que le traitement de la maladie dAlzheimer, du cancer, des accidents vasculaires cérébraux, les antidépresseurs, et les maladies cardiovasculaires.
Ils demandent enfin à la Commission et aux États membres de :
- promouvoir les soins de santé au moyen dun accès aisé aux services et grâce à des informations adéquates pour les hommes et les femmes en matière de santé mentale et de recherche clinique;
- faire linventaire des besoins spécifiques des femmes et des hommes en matière de santé;
- veiller à ce que les stratégies de prévention visent particulièrement les femmes susceptibles de faire lobjet de discriminations;
- reconnaître la violence de genre et la violence contre les femmes en tant que question de santé publique;
- encourager des programmes ayant pour objet les besoins spécifiques des femmes concernant des affections telles que l'ostéoporose, les troubles musculo-squelettiques, la maladie d'Alzheimer et lendométriose.