Politique commerciale commune de l'Union européenne dans le cadre des impératifs en matière de préservation des espèces sauvages
La commission du commerce international a adopté un rapport dinitiative dEmma McCLARKIN (ECR, UK) sur la politique commerciale commune de l'Union européenne dans le cadre des impératifs en matière de préservation des espèces sauvages
Le trafic despèces sauvages connaît une progression sans précédent au niveau mondial. Selon les estimations, le commerce illégal de la faune et de la flore sauvages est la quatrième activité criminelle la plus lucrative, avec un chiffre daffaires pouvant atteindre 20 milliards EUR.
Les députés se sont félicités du plan daction de lUnion européenne contre le trafic despèces sauvages et ont déclaré que lUnion devait jouer un rôle moteur à légard non seulement de loffre, en lien notamment avec les questions de développement qui se posent sur le terrain dans les pays tiers, mais également de la demande de produits illicites sur les marchés nationaux, y compris sur les plateformes en ligne.
Le rapport a formulé les recommandations suivantes :
- au regard de la politique commerciale, lUnion devrait adopter une démarche qui ne soit pas exclusivement axée sur la lutte contre le commerce illégal despèces sauvages, mais qui prévoie linclusion, dans tous les futurs accords, i) de dispositions visant à endiguer et, à terme, à éliminer cette pratique, ainsi que ii) de mesures complémentaires au niveau de la formation, de la prévention et de lapplication de sanctions en matière de gestion forestière, sanitaire et douanière ;
- la politique commerciale de lUnion ne devrait empêcher celle-ci ou ses partenaires commerciaux de prendre les décisions nécessaires pour la protection des espèces sauvages et des ressources naturelles, à condition que ces mesures ne constituent pas une discrimination arbitraire ou injustifiable ;
- en labsence de solution uniforme aux problèmes de survie des espèces sauvages et de lutte contre le commerce illégal, il est nécessaire de garantir une marge de manuvre importante ainsi que de partager des informations, des données et des pratiques exemplaires en vue de renforcer la coopération, compte tenu du caractère transfrontalier de ce type dinfractions;
- les États membres devraient envisager des solutions qui permettent déliminer toutes les failles juridiques qui subsistent et qui sont susceptibles de faciliter le «blanchiment» despèces sauvages et de produits dérivés dorigine illégale ; une surveillance rigoureuse sappuyant sur les structures existantes devrait être assurée ;
- lUnion devrait envisager linterdiction au niveau européen du commerce, de lexportation ou de la réexportation, au sein et en dehors de lUnion, de livoire déléphant, conformément aux règles de lOrganisation mondiale du commerce (OMC);
- des ressources suffisantes devraient être allouées aux politiques visant à réaliser les objectifs de lUnion en matière de lutte contre le commerce illégal despèces sauvages, y compris au renforcement des capacités dans les pays en développement ;
- la Commission et les États membres devraient coopérer avec tous les acteurs concernés pour garantir une action coordonnée qui contribue également à faire reculer la demande et à sensibiliser les consommateurs;
- il est nécessaire de renforcer laction pour que les organisations et réseaux criminels soient la cible de mesures de désorganisation et délimination ainsi que de poursuites ; les peines et les condamnations devraient être proportionnées, dissuasives et conformes, sil y a lieu, aux engagements définis dans la convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée;
- l'Union devrait déterminer, dans le cadre de l'OMC, comment les régimes commerciaux et environnementaux mondiaux peuvent sétayer mutuellement ;
- enfin, dautres possibilités de coopération entre lOMC et la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) devraient être explorées en vue de faire bénéficier les fonctionnaires des pays en développement dune assistance technique et dun renforcement des capacités en matière de commerce et denvironnement.