Stratégie de l'aviation pour l'Europe
La commission des transports et du tourisme a adopté un rapport dinitiative de Pavel TELIČKA (ALDE, CZ) sur une stratégie de laviation pour lEurope.
La commission des affaires sociales et de lemploi, exerçant ses prérogatives de commission associée en vertu de larticle 54 du Règlement du Parlement européen, a également exprimé son avis sur ce rapport.
Les députés ont rappelé que l'absence d'une mise en uvre adéquate de la législation de l'Union et le manque de volonté politique au sein du Conseil empêchaient le secteur de l'aviation d'exprimer son plein potentiel, portaient atteinte à sa compétitivité et généraient des coûts supplémentaires pour les entreprises, les passagers et l'économie.
Une approche plus ambitieuse : les députés ont souligné qu'une nouvelle approche globale et plus ambitieuse devrait être adoptée afin de garantir le développement dynamique et durable d'un secteur européen de l'aviation compétitif. Ils ont également souligné que la sécurité, principe directeur de la stratégie européenne de l'aviation, devait être continuellement améliorée. À cet égard, ils ont salué la révision du règlement de base (CE) nº 216/2008 sur lAESA (Agence européenne de la sécurité aérienne) dont lobjectif est de se diriger vers une sécurité aérienne maximale. L'AESA devrait disposer de ressources et de personnel suffisants pour garantir des normes de sécurité élevées et renforcer son rôle sur la scène internationale.
Le Conseil et les États membres sont appelés à progresser rapidement sur d'autres dossiers essentiels tels que la refonte du règlement relatif à la mise en uvre du ciel unique européen et la révision du règlement sur les créneaux horaires et des règlements sur les droits des passagers. La Commission devrait pour sa part repenser les initiatives en cours et à proposer des solutions de substitution afin de combler les lacunes du secteur de laviation résultant de la mise en uvre tardive et incomplète de la législation de lUnion.
Dimension internationale : le rapport s'est félicité de linitiative visant à négocier à léchelle de lUnion des accords sur le transport aérien et des accords bilatéraux en matière de sécurité aérienne avec des pays tiers qui constituent des marchés émergents et stratégiques (la Chine, le Japon, lANASE, la Turquie, le Qatar, les Émirats arabes unis, lArménie, le Mexique, Bahreïn, le Koweït, Oman et lArabie saoudite).
Les nouveaux accords devraient inclure une clause de concurrence équitable et respecter les normes internationales de lOrganisation internationale du travail (OIT) et de lOrganisation de laviation civile internationale (OACI). Le Parlement devrait être tenu informé à chaque étape des négociations.
Marché unique et autoroute du ciel transeuropéenne : l'article 3 du règlement (CE) nº 551/2004, qui prévoit la création d'une région européenne supérieure d'information de vol, sans préjudice de la souveraineté des États membres, n'a pas encore été mis en uvre. Cette région d'information de vol permettrait d'ouvrir une autoroute du ciel transeuropéenne afin de réduire le morcellement actuel de l'espace aérien européen et les perturbations du système de transport aérien, qui portent gravement atteinte à la continuité du service aérien et nuisent à la compétitivité de l'Union. Pour pouvoir réaliser les objectifs de la stratégie de l'aviation pour l'Europe, les députés estiment urgent de donner vie à cette notion.
Améliorer la connectivité : les députés ont reconnu l'écart important de connectivité au sein de l'UE, caractérisé par un nombre plus faible de connexions aériennes dans certaines parties de l'Union et l'importance de la connectivité régionale (y compris les zones géographiques exclues du RTE-T). Le rapport a suggéré l'élaboration d'un indice de connectivité: l'objectif de l'indice de connectivité devrait être de présenter la véritable valeur ajoutée d'une liaison donnée.
Encourager la multimodalité : les députés ont souligné la nécessité d'établir des liaisons rapides, efficaces et conviviales entre les réseaux de transport public et les infrastructures aéroportuaires et, à cet égard, ont invité à accorder une plus grande priorité à lobjectif multimodal dans les corridors du RTE-T tout en éliminant les goulets détranglement. La Commission devrait présenter dans les meilleurs délais une proposition dapproche multimodale des transports qui prévoie la pleine intégration du secteur aérien.
Création d'un environnement favorable à l'investissement : les députés sont convaincus que lensemble de la chaîne de valeur de laviation a le potentiel nécessaire pour devenir un secteur dinvestissement stratégique, quil convient dexploiter en fixant des objectifs à long terme et en prévoyant des mesures incitatives en faveur des initiatives intelligentes qui les réalisent comme des aéroports et des avions plus écologiques, une réduction du bruit, des connexions entre les sites aéroportuaires et les transports publics.
La Commission et les États membres sont invités à examiner de nouvelles mesures visant à promouvoir de telles initiatives, notamment par l'utilisation efficace du Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI) et à continuer de promouvoir et de financer des projets tels que Clean Sky et SESAR.
Objectifs en matière d'environnement : les députés se sont félicités de l'intention de la Commission de réviser les mesures de l'UE visant à réduire les émissions de CO2 provenant de l'aviation.
Compte tenu du train de mesures sue léconomie circulaire présenté par la Commission, les députés ont préconisé d'encourager d'autres initiatives visant à accroître la capacité environnementale et à réduire les émissions et le bruit provenant des activités opérationnelles des aéroports, par exemple en développant des carburants de substitution, en promouvant les «aéroports verts» ou les «itinéraires à destination de l'aéroport vers» et en adoptant le système de gestion logistique le plus efficace.
Améliorer la sécurité : les députés ont souligné que les défis qui se posent au secteur aérien en matière de sécurité, notamment de cybersécurité, iront croissant à lavenir et quil est donc nécessaire de privilégier immédiatement un système de sécurité plus réactif, qui repose davantage sur le renseignement.
Enfin, les députés ont salué la proposition de la Commission de créer un système de certification pour les équipements de contrôle aérien et ont insisté sur la nécessité dappliquer les réglementations existantes en matière de recrutement et de formation du personnel de manière systématique. Ils ont invité la Commission à envisager la possibilité dapprofondir la notion de contrôle unique de sûreté et à développer un système de contrôle préalable européen qui permettrait aux voyageurs européens préalablement enregistrés de bénéficier dune procédure de contrôle allégée et plus rapide.