Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: emploi et aspects sociaux dans le cadre de l'examen annuel de la croissance 2017
La commission de lemploi et des affaires sociales a adopté un rapport dinitiative de Yana TOOM (ADLE, EE) sur le semestre européen pour la coordination des politiques économiques: emploi et aspects sociaux dans le cadre de lexamen annuel de la croissance 2017.
Les députés notent que le chômage dans lUnion européenne diminue lentement depuis le deuxième semestre 2013, que 8 millions de nouveaux emplois ont été créés depuis 2013 et que le taux de chômage sélevait à 8,6% en septembre 2016, soit son niveau le plus bas depuis 2009. Ils notent toutefois que la part de jeunes ne travaillant pas et ne suivant pas détudes ou de formation (NEET) reste élevée et représente 14,8% des 15-29 ans.
Les députés se félicitent que dans lexamen annuel de la croissance 2017, laccent soit mis sur limportance dassurer une équité sociale en tant que moyen permettant de stimuler davantage de croissance inclusive, de créer des emplois inclusifs et de qualité et daccroître les compétences, ainsi que sur le besoin de renforcer la compétitivité, linnovation et la productivité. Ils déplorent toutefois que les taux dinvestissements publics restent faibles et que le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) nait pas engagé suffisamment dinvestissements dans linfrastructure sociale.
Dans ce contexte, le rapport a formulé les recommandations suivantes :
Réduction du chômage et conditions de travail : les députés se félicitent de la hausse du taux demploi mais notent que celle-ci sest accompagnée de lémergence croissante de formes demploi atypiques et non standards, notamment des contrats «zéro heure». Ils restent également préoccupés par la persistance dun fort taux de chômage, en particulier dans les pays qui souffrent toujours de la crise.
Le rapport souligne que la priorité devrait être accordée à la pérennité et à la qualité des emplois créés et quil convient de lutter contre la dégradation des salaires et des conditions de travail dans le cadre des mesures en faveur de lemploi et de la protection sociale. Il encourage les États membres à redoubler defforts et à rester ouverts à de nouvelles solutions et approches, afin datteindre lobjectif de 75% du taux demploi fixé dans la stratégie Europe 2020, notamment en se concentrant sur les groupes dont la participation au marché du travail est la plus faible, tels que les femmes, les travailleurs âgés, les travailleurs moins qualifiés et les personnes handicapées.
La migration pourrait jouer un rôle important en vue de réaliser des investissements à long terme sur afin dinsérer les travailleurs sur le marché du travail.
Emploi des jeunes : le rapport souligne que la mise en uvre de la garantie pour la jeunesse devrait être renforcée à léchelle nationale, régionale et locale, et prolongée au moins jusquà 2020, avec la participation active des partenaires sociaux et de services demploi publics, et met en avant son importance dans la transition entre lécole et le monde du travail. Il invite la Commission et les États membres à assurer un financement adéquat à la garantie pour la jeunesse afin quelle soit correctement appliquée dans tous les États membres.
Soulignant quun investissement insuffisant dans le système éducatif public peut ébranler la compétitivité de lEurope, les députés insistent sur la nécessité dinvestir dans les personnes dès que possible dans le cycle de vie afin de réduire les inégalités et de renforcer linclusion sociale dès le plus jeune âge.
Chômage de longue durée : les députés reconnaissent que lintégration des chômeurs longue durée dans des emplois de qualité à laide de mesures individuelles adaptées, notamment au moyen de politiques actives en matière demploi, est essentielle pour lutter contre la pauvreté et lexclusion sociale auxquelles ils sont confrontés, si suffisamment demplois décents sont proposés. Ils soulignent limportance des aptitudes et des compétences acquises lors dapprentissages non formels et informels, de leur validation et de leur certification et de laccès à lapprentissage tout au long de la vie.
Le rapport demande la création et le développement de partenariats entre les employeurs, les partenaires sociaux, les services de lemploi publics et privés, les pouvoirs publics, les services sociaux et les institutions denseignement et de formation, afin de fournir les instruments nécessaires pour mieux répondre aux besoins du marché du travail et prévenir le chômage de longue durée. Ils rappellent quun suivi personnalisé et individuel qui permet dapporter des réponses efficaces aux chômeurs de longue durée est indispensable.
Égalité hommes/femmes : les députés demandent à la Commission et au Conseil daméliorer la stratégie en faveur dun objectif primordial dégalité entre les hommes et les femmes. Ils soutiennent lutilisation des rapports annuels de la Commission sur légalité entre les femmes et les hommes dans le cadre du Semestre européen pour renforcer la prise en considération de la dimension de légalité entre les hommes et les femmes.
Les États membres devraient intégrer le principe de légalité entre les hommes et les femmes dans leurs programmes nationaux de réforme et dans leurs programmes de stabilité et de convergence en fixant des objectifs et en définissant des mesures visant à combler les écarts persistants en la matière.
Investir dans lenfance : les députés demandent la mise en place de programmes proposant un soutien et des perspectives dans le cadre dun plan européen intégré dinvestissement dans la petite enfance et de lutte contre la pauvreté des enfants, y compris la création dune garantie pour lenfance, afin que chaque enfant menacé de pauvreté en Europe (y compris les réfugiés) ait accès à des soins de santé gratuits, à une éducation gratuite, à des services de garde denfants gratuits, à un logement décent et à une alimentation appropriée.
Pauvreté et exclusion sociale : le rapport exhorte les États membres à accélérer le rythme des mesures prises pour atteindre lobjectif de la stratégie Europe 2020 visant à réduire de 20 millions le nombre de personnes menacées par la pauvreté. Il demande des politiques qui respectent et promeuvent la négociation collective et la couverture de celle-ci afin dassocier le plus possible de travailleurs, tout en visant de meilleurs planchers salariaux sous la forme de salaires minimaux fixés à des niveaux décents et avec la participation des partenaires sociaux.
Éducation : les députés insistent sur la nécessité de gommer les différences de disponibilité et de qualité de léducation afin de renforcer la scolarisation pour tous et de réduire labandon scolaire. En vue de combler le fossé existant en termes de pénuries et dinadéquations de compétences sur le marché du travail européen, les députés demande aux États membres de donner la priorité à une formation exhaustive en matière de compétences numériques, de programmation et de compétences très demandées par les employeurs, tout en maintenant des normes élevées dans lenseignement traditionnel. Ils préconisent également de créer une véritable culture de lentrepreneuriat qui motive les jeunes dès le plus jeune âge.
Vieillissement de la population : le rapport insiste sur laugmentation des besoins en soins formels et informels et sur la nécessité dinvestir dans la promotion de la santé publique et la prévention des maladies, tout en garantissant et en améliorant la viabilité, la sécurité, ladéquation et lefficacité des régimes de protection sociale ainsi que la fourniture de services sociaux à long terme de qualité au cours des décennies à venir. Il encourage donc les États membres à élaborer des stratégies afin dassurer que ces régimes et ces services sont correctement financés, pourvus en personnels et développés.