Crédits à l'exportation bénéficiant d'un soutien public: application de certaines lignes directrices
Conformément au règlement (UE) n° 1233/2011, la Commission a présenté son examen annuel des rapports annuels dactivité des États membres en matière de crédits à lexportation. Lexamen annuel couvre lannée civile 2014.
Dans son rapport, la Commission a pris en compte les recommandations formulées dans la résolution adoptée le 2 juillet 2013 par le Parlement européen en ce qui concerne le premier exercice de rapport dans le cadre du règlement (UE) nº 1233/2011.
Informations générales et financières: lexamen annuel est fondé sur les rapports annuels dactivité mis à jour de vingt et un États membres qui menaient des programmes de crédit à lexportation au sens du règlement en 2014.
Bien que la plupart des gouvernements européens aient mis en place un Organisme de crédit à lexportation (OCE), le champ dapplication et la nature des programmes de crédit à lexportation ainsi que les structures organisationnelles des OCE diffèrent selon les États membres.
Globalement, on constate toutefois une convergence accrue ces dernières années car larrangement de lOCDE sur les crédits à lexportation bénéficiant dun soutien public est venu à englober un large éventail de questions.
Dune manière générale, les États membres ont élargi leur palette de programmes de crédit à lexportation au cours des dernières années. Toutefois, la forme la plus fréquente daide au crédit à lexportation accordée par un OCE européen relève de la catégorie de la «garantie pure» (lopération dexportation concernée est en fait financée par un crédit obtenu auprès dune banque commerciale et couvert par une garantie ou assurance de lOCE).
La comparaison de lexposition globale aux risques nominaux fin 2014 donne une idée générale de lampleur des principaux systèmes de crédits à lexportation de type «garantie pure» (en milliards EUR):
- Allemagne : 88,5
- France : 65,3
- Suède : 31,6
- Italie : 26,7
- Pays-Bas : 20,2
Compte tenu de lexistence de conditions de financement spécifiques dans certains secteurs industriels, tels que la construction daéronefs et les chantiers navals, plusieurs États membres ont également mis en place des produits de crédit à lexportation spécifiques à des secteurs particuliers. Cela concerne essentiellement les activités de crédit à lexportation à moyen terme et à long terme.
Prise en compte des «risques environnementaux» pouvant entraîner dautres risques: la quasi-totalité des États membres déclarent quils respectent la recommandation de lOCDE sur des approches communes concernant les crédits à lexportation bénéficiant dun soutien public et le devoir de diligence environnementale et sociale concernant lenvironnement et les risques pour les droits de lhomme.
Plusieurs OCE indiquent également que lévaluation des risques sur les aspects liés à lenvironnement et aux droits de lhomme est souvent menée en étroite collaboration avec les exportateurs et les banques.
Les rapports annuels dactivité indiquent que les États membres ont généralement mis en place des politiques en matière de crédit à lexportation et denvironnement, de lutte contre la corruption et de pratiques de financement durable pour les pays à faible revenu. Dans plusieurs cas, les OCE ont mis en place des instruments pertinents (par exemple, une politique de responsabilité sociale des entreprises ou un code de conduite éthique).
Dans un souci de transparence, des dialogues réguliers avec les parties prenantes sur les transactions, les finances ainsi que les questions environnementales et sociales sont instaurés.
De nombreux États membres insistent sur limportance particulière accordée aux droits de lhomme et aux politiques de lutte contre la corruption.
Conformité des OCE aux objectifs et obligations de lUnion: la Commission constate que les États membres menant des actions de crédit à lexportation ont mis en place des politiques destinées à accompagner la gestion de leurs programmes de crédit à lexportation, lesquelles sont conformes aux objectifs de lUE.
En réponse à une demande formulée par le Parlement européen, les services de la Commission ont déjà recommandé dutiliser les travaux des institutions internationales de contrôle (y compris des Nations unies) à titre dorientation dans la poursuite de lélaboration des politiques. Les rapports des États membres utilisent déjà ces instruments internationaux à différents degrés.
Le Parlement européen a également demandé à la Commission de préciser si les États membres sont en conformité avec les objectifs et obligations de lUnion. Sur la base des informations contenues dans les rapports annuels dactivité présentés par les États membres, la Commission estime quils sont compatibles avec lobjectif de lUnion énoncé aux articles 3 et 21 du TUE.
En 2014, il ny a eu aucun litige au niveau de lOMC impliquant des programmes européens de crédits à lexportation et la Commission na reçu aucune plainte concernant déventuelles infractions au droit de lUE impliquant les organismes de crédit à lexportation.