Programme général "Droits fondamentaux et justice": programme spécifique "Justice pénale", 2007-2013
Le présent rapport au Parlement européen et au Conseil porte sur lévaluation ex post du programme «Justice pénale» (2007-2013).
Cette évaluation a été réalisée par un évaluateur externe indépendant assisté par la Commission elle-même.
Lessentiel des éléments du programme évalués étaient :
- la pertinence,
- la cohérence et la complémentarité,
- lefficacité,
- la durabilité et le potentiel de transfert,
- lefficience et simplifications potentielles,
- la valeur ajoutée européenne.
Pour rappel, le programme poursuivait 5 objectifs généraux:
- promouvoir la coopération judiciaire afin de contribuer à la création d'un véritable espace européen de justice en matière pénale fondé sur la reconnaissance et la confiance mutuelles;
- favoriser, dans la mesure nécessaire, lamélioration de cette coopération et la compatibilité des règles applicables dans les États membres;
- favoriser lélimination des obstacles juridiques existants au bon fonctionnement de la coopération judiciaire en vue de renforcer la coordination des enquêtes, et améliorer la compatibilité entre les systèmes judiciaires existants des États membres et lUE;
- améliorer les contacts et léchange dinformations et des meilleures pratiques entre les autorités judiciaires et administratives et les professions juridiques et accroître la confiance mutuelle;
- assurer le respect des droits des victimes et des défendeurs.
Le budget total alloué au programme de janvier 2007 à décembre 2013 sélevait à 196 millions EUR.
Principales conclusions par éléments évalués :
1) Pertinence :
- les objectifs et priorités spécifiques du programme étaient dans une large mesure spécifiques, atteignables et réalistes, mais nétaient pas toujours mesurables ou circonscrits dans le temps ;
- les services acquis à laide de fonds du programme ont été extrêmement pertinents pour les objectifs du programme et ceux, plus larges, de lUnion européenne en ce quils ont en majorité servi à lélaboration doutils de-justice (spécialement le portail e-Justice et ses modules) ou à des recherches destinées à alimenter les travaux législatifs et politiques ;
- de nombreux bénéficiaires soit nont pas élaboré leurs projets sur la base dune évaluation des besoins, soit n'ont pas fourni de preuves suffisantes pour étayer lévaluation des besoins présentée dans leur formulaire de demande. Il en résulte un risque que des approches plus pertinentes ou plus utiles naient pas été utilisées pour atteindre les objectifs des projets ;
- les rapports présentés par les bénéficiaires de subventions indiquent malgré tout que les bénéficiaires finaux ont réagi positivement aux projets, donnant à penser quils ont jugé les actions pertinentes.
2) Cohérence et complémentarité :
- la complémentarité entre le programme et dautres programmes et interventions de lUnion a été pour ainsi dire parfaite, même si quelques projets présentaient véritablement un risque de double emploi avec les activités dautres mesures européennes ;
- au cours du cycle de programmation, la Commission na pas fait usage de mécanismes daugmentation de la complémentarité durant les phases de sélection, de suivi et de présentation des rapports sur les projets, excepté pour le partage de ressources (notamment le portail e-Justice) avec le programme «Justice civile».
3) Efficacité :
- les actions mises en uvre ont réalisé les objectifs du programme, en particulier les objectifs spécifiques relatifs à la formation des magistrats et à la coopération judiciaire ;
- les projets qui ont fait intervenir des décideurs politiques ont contribué à atteindre laboutissement souhaité, à savoir que les décideurs utilisent les résultats des projets pour façonner de nouvelles politiques ou législations ou les adapter ;
- il est difficile dévaluer dans quelle mesure les résultats des projets ont été atteints (par rapport aux prévisions). Daprès les renseignements fournis par les bénéficiaires des subventions eux-mêmes (dans les rapports finaux et les consultations menées aux fins de la présente évaluation), il semble toutefois que la majorité des projets (environ 70%) ont réussi à obtenir les résultats escomptés, mais que près dun tiers nont pas eu une telle efficacité et nont pas atteint tous leurs objectifs.
4) Durabilité :
- la Commission na déployé que peu defforts pour diffuser les résultats des projets, excepté les outils de formation, dont une partie ont été publiés sur le site web e-Justice ;
- sur les 219 subventions à laction et subventions de fonctionnement recensées pour lesquelles un rapport final a été publié, 121 (55%) ont démontré une certaine durabilité en ce quun financement supplémentaire a été obtenu pour le projet ;
- la proportion de projets (32%) qui ont décroché un autre financement pour prolonger leur travail est jugée particulièrement positive. Elle nest cependant pas nécessairement surprenante puisque les produits créés à lissue des projets sadressaient souvent aux autorités et aux services publics qui sont bien placés pour dénicher des financements.
5) Efficience :
- le financement mis à la disposition du programme était suffisant et, le cas échéant, il aurait pu être moindre tant pour les subventions à laction que pour les subventions de fonctionnement étant donné quil sagissait dun programme «nouveau», sadressant à un public pertinent «nouveau» et relativement inexpérimenté ;
- en ce qui concerne le potentiel de simplification, la gestion de la Commission a gagné en efficience au fil du temps et lexpérience de la coopération avec la Commission a été positive pour les bénéficiaires de subventions ;
- le degré de détail requis dans le formulaire de demande a été rehaussé à partir de lappel de 2010, profitant aussi bien à la Commission (en matière de qualité et dutilité des rapports) quaux demandeurs (en leur donnant les moyens de planifier et destimer leurs activités avec une précision accrue).
6) Valeur ajoutée européenne :
- la nature européenne du programme sest manifestée par une dimension transnationale forte, impliquant tous les États membres de lUnion ;
- les partenariats transnationaux ont également contribué à la réalisation des objectifs du programme, tels que lamélioration de la coopération transfrontalière et la contribution à lélaboration et à la diffusion de bonnes pratiques ;
- les bénéficiaires de subventions ont également perçu une valeur ajoutée européenne dans le programme en ce quil leur a donné accès à un financement qui les a aidés à sacquitter des obligations que leur impose le droit de lUnion.
Recommandations clés : parmi les principales recommandations faites par la Commission à lissue de lévaluation ex post du programme, on retiendra la nécessité de :
- mieux définir les priorités afin de garantir que les priorités ainsi fixées puissent être réalisées dans les limites du budget réservé ;
- évaluer avec réalisme les risques inhérents aux projets et améliorer les stratégies de réduction des risques en demandant des rapports davancement succincts qui mettent en lumière tout risque qui peut survenir au fil de la mise en uvre des projets ;
- accorder une plus grande attention à lévaluation des répercussions à tous les niveaux, et pas seulement aux produits, dans le suivi et lévaluation. Une attention accrue doit aussi être accordée à lanalyse des besoins auxquels chaque projet se propose de répondre ;
- accroître ladoption des produits, résultats et meilleures pratiques des projets par dautres organisations, y compris dans dautres États membres, notamment en allouant davantage de ressources aux traductions, à la communication et à la diffusion ;
- mieux affiner la logique dintervention du programme.