Transport routier: conditions à respecter pour exercer la profession de transporteur par route
Le présent rapport de la Commission au Parlement européen et au Conseil constitue le 2ème rapport de mise en uvre (entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2014) de certaines dispositions du règlement (CE) n° 1071/2009 établissant des règles communes sur les conditions à respecter pour exercer la profession de transporteur par route.
Objectif du rapport : le rapport vise plus spécifiquement à permettre un suivi plus étroit de lapplication du règlement (CE) n° 1071/2009. Ce dernier sapplique à toutes les entreprises établies dans lUE qui exercent, ou ont lintention dexercer, la profession de transporteur par route, ce qui englobe la profession de transporteur de marchandises par route et la profession de transporteur de voyageurs par route.
Pour rappel, certaines catégories dentreprises, telles que celles utilisant des véhicules à moteur dont la masse en charge est inférieure à 3,5 tonnes, sont exemptées de lapplication des dispositions du règlement.
Conformément au règlement, les entreprises qui exercent la profession de transporteur par route doivent être établies de façon stable et effective dans un État membre, et désigner un gestionnaire de transport titulaire dune attestation de capacité professionnelle confirmant quil possède les compétences et les connaissances nécessaires pour diriger effectivement et en permanence les activités de transport. C'est aux États membres qu'il incombe de vérifier que les entreprises de transport respectent les conditions fixées dans le règlement (CE) n° 1071/2009.
Par ailleurs, une coopération administrative bien organisée entre États membres joue un rôle essentiel dans l'amélioration de lefficacité de la surveillance des entreprises opérant dans l'Union européenne.
Principales conclusions :
- honorabilité, capacité financière et capacité professionnelle : le rapport indique que les pratiques varient fortement entre les États membres quant à leur mode de contrôle du respect des 4 exigences conditionnant l'accès à la profession de transporteur par route imposées par le règlement et quant au nombre de contrôles effectués. Quant aux difficultés posées par les contrôles de létablissement stable et effectif, considérés comme plus consommateurs de ressources que les autres types de contrôle, plusieurs autorités compétentes soulignent leur caractère exigeant et labsence de capacité administrative suffisante pour contrôler tous les transporteurs routiers enregistrés dans un État membre donné.
Le nombre de contrôles réalisés pour vérifier le respect des 4 exigences conditionnant laccès à la profession de transporteur par route varie grandement dun État membre à lautre. Ainsi, 5.640 entreprises ont fait lobjet dun contrôle détablissement stable et effectif en Bulgarie en 2014, contre 120 en Estonie sur la période 2013-2014.
En ce qui concerne le niveau de conformité aux exigences conditionnant laccès à la profession de transporteur par route, les données disponibles montrent que celui-ci est relativement élevé ;
- autorisations : larticle 2 du règlement (CE) n° 1071/2009 définit l«autorisation dexercer la profession de transporteur par route» comme «une décision administrative qui autorise une entreprise qui remplit les conditions prévues par ledit règlement à exercer la profession de transporteur par route». La nature juridique de cette «décision administrative» varie dun État membre à lautre. Il peut sagir dune condition préalable à lobtention dune licence de transport national et/ou dune licence communautaire permettant dexercer des activités de transport international, dun document équivalent à une licence de transport national uniquement ou encore dune licence de transport national et international octroyée au moyen dune autorisation unique.
Le rapport indique que la plupart des autorisations délivrées en 2013 et 2014 concernent des transporteurs de marchandises par route (89% au total) et seulement une petite proportion de transporteurs de voyageurs par route (11%) ;
- autorisations retirées ou suspendues : daprès les données communiquées, le nombre dautorisations retirées ou suspendues au cours de la période 2013-2014 sest élevé à 161.289 au total. On notera que cest lEspagne qui a déclaré le plus grand nombre de retraits et de suspensions dautorisations ;
- attestations de capacité professionnelle : une attestation de capacité professionnelle, montrant que le candidat conducteur a réussi lexamen écrit et lexamen oral prescrits, doit être délivrée par les autorités compétentes comme preuve de la capacité professionnelle. Sur le nombre total dattestations délivrées dans lUnion européenne durant la période de référence, la plus grande part revient à lEspagne (410.700), suivie de la Roumanie (25.597), de la Pologne (6.891), de la France (6.679) et de lAllemagne (6.226) ;
- gestionnaires de transport déclarés inaptes : conformément au règlement, lorsquun gestionnaire de transport perd son honorabilité, lautorité compétente devrait le déclarer inapte à gérer les activités de transport dune entreprise. Des déclarations dinaptitude ont été établies dans 7 des États membres déclarants: Italie (680), Royaume-Uni (493), Allemagne (62), Suède (52), Estonie (7), Finlande (5) et France (1) ;
- échange dinformations : chaque État membre devrait tenir un registre électronique national des entreprises de transport par route qui ont été autorisées à exercer la profession de transporteur par route. Les exigences minimales quant aux données à entrer dans ces registres, ainsi que des règles communes sur leur interconnexion via le registre européen des entreprises de transport routier (ERRU), sont définies dans le règlement dexécution (UE) 2016/480 de la Commission. Ces données concernent notamment lhonorabilité des transporteurs, les infractions graves commises et les licences communautaires. Mais au moment de la rédaction du rapport, 3 États membres navaient toujours pas connecté leur registre électronique national des entreprises de transport par route à lERRU. Ce système est généralement considéré comme utile, mais le fait que tous les États membres ny sont pas encore connectés nuit grandement à son efficacité et à son efficience.
De manière générale enfin, le rapport indique la relative variabilité des informations transmises par les États membres, ce qui a nui à la qualité globale du rapport. En raison de labsence de nombreuses données, la Commission na pas pu réaliser danalyse complète de la mise en uvre des dispositions du règlement (CE) n° 1071/2009. La Commission rappelle à cet égard aux États membres leur obligation de fournir un rapport complet, dans les délais prescrits, afin de lui permettre détablir elle-même un rapport exhaustif et déviter louverture de procédures dinfraction au titre de larticle 258 du traité sur le fonctionnement de lUnion européenne.