Mercure
Le Parlement européen a adopté par 663 voix pour, 8 contre et 28 abstentions, une résolution législative sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif au mercure et abrogeant le règlement (CE) nº 1102/2008.
La position du Parlement européen adoptée en première lecture suivant la procédure législative ordinaire a modifié la proposition de la Commission comme suit.
Objet : le règlement devrait garantir un niveau élevé de protection de la santé humaine et de lenvironnement contre les émissions et rejets de mercure et de composés du mercure. Il ne devrait pas empêcher les États membres dappliquer des exigences plus strictes que celles prévues dans le règlement.
Lutilisation de mercure et de composés du mercure dans les procédés de fabrication devrait être progressivement abandonnée et la recherche de produits de substitution devrait être encouragée.
Restrictions à lexportation et à limportation : le texte amendé prévoit linterdiction de lexportation des composés du mercure et des mélanges à base de mercure énumérés à lannexe I du règlement à partir du 1er janvier 2018 ou du 1er janvier 2020 selon les composés.
Serait également interdite, limportation de mercure et des mélanges à base de mercure provenant de sources importantes (comme par exemple, lindustrie du chlore et de la soude ou lépuration du gaz naturel) à des fins autres que leur élimination en tant que déchets. Limportation à des fins délimination en tant que déchets ne serait autorisée que si le pays exportateur ne dispose daucune capacité de conversion sur son propre territoire.
Par dérogation, limportation de mercure en vue dune utilisation autorisée dans un État membre serait permise lorsque lÉtat membre importateur a donné son consentement écrit à cette importation dans le cas où le pays exportateur est partie à la convention de Minamata et que le mercure exporté ne provient pas de lextraction minière primaire interdite en vertu de la convention.
Exigences relatives au mercure applicables aux procédés de fabrication : lutilisation de mercure ou de composés du mercure, soit purs, soit en mélange, serait interdite dans les procédés de fabrication dans lesquels i) le mercure ou les composés du mercure sont utilisés comme catalyseur (à partir du 1er janvier 2018) ; ii) le mercure est utilisé comme électrode (à partir du 1er janvier 2022).
Mercure ajouté : le texte amendé prévoit que lexportation, limportation et la fabrication dans lUnion de produits contenant du mercure ajouté figurant à lannexe II seront interdites à partir du 31 décembre 2018 ou du 31 décembre 2020 selon les produits. Linterdiction ne sappliquerait pas i) aux produits essentiels à des fins militaires et de protection civile; ii) aux produits utilisés pour la recherche, pour létalonnage dinstruments ou comme étalon de référence.
Les opérateurs économiques ne pourraient ni fabriquer ni mettre sur le marché de nouveaux produits contenant du mercure ajouté qui nétaient pas fabriqués avant le 1er janvier 2018 à moins dy être autorisés par une décision de la Commission.
Extraction minière artisanale et à petite échelle dor : lextraction minière et la transformation artisanales et à petite échelle dor utilisant lamalgamation au mercure pour extraire lor du minerai seraient interdites.
Amalgames dentaires : le texte amendé prévoit déliminer progressivement lutilisation du mercure en dentisterie, dabord en interdisant son utilisation pour les femmes enceintes et les enfants à partir du 1er juillet 2018, à moins que le praticien de lart dentaire ne le juge strictement nécessaire en raison des besoins médicaux spécifiques du patient. Lutilisation de mercure en vrac par les praticiens de lart dentaire serait interdite.
Au plus tard le 1er juillet 2019, chaque État membre devrait présenter un plan national relatif aux mesures quil entend appliquer afin déliminer progressivement lusage des amalgames dentaires.
Les séparateurs damalgames mis en service à partir du 1er janvier 2018 devraient assurer un taux de rétention dau moins 95% des particules damalgames. En aucun cas, les praticiens de lart dentaire ne devraient rejeter des déchets damalgame dans lenvironnement.
La Commission devrait évaluer la faisabilité dun abandon progressif de lutilisation des amalgames dentaires à long terme, et de préférence d'ici à 2030.
Stockage des déchets de mercure : la période maximale autorisée pour le stockage temporaire des déchets de mercure serait limitée à cinq ans (jusquau 1er janvier 2023), avec une prolongation possible de trois ans.
Avant dêtre définitivement éliminés, les déchets de mercure devraient subir une conversion et, sils sont destinés à être éliminés dans des sites de surface, une conversion et une solidification.
Traçabilité : il est prévu dinstaurer un système de traçabilité efficace tout au long de la chaîne de gestion des déchets de mercure. Les producteurs de déchets de mercure et les opérateurs de sites de traitement des déchets qui stockent ce type de déchets devraient tenir un registre comportant des informations détaillées, dans le cadre des obligations de tenue de registres définies par la directive 2008/98/CE du Parlement européen et du Conseil relative aux déchets.
Sites contaminés : la Commission devrait produire et publier un inventaire des sites contaminés au plus tard le 1er janvier 2021, sur la base des données fournies par les États membres.