Application de la directive 2004/113/CE du Conseil mettant en œuvre le principe de l'égalité de traitement entre les femmes et les hommes dans l'accès à des biens et services et la fourniture de biens et services
Le Parlement européen a adopté par 499 voix pour, 104 contre et 81 abstentions, une résolution sur l'application de la directive 2004/113/CE du Conseil mettant en uvre le principe de l'égalité de traitement entre les femmes et les hommes dans l'accès à des biens et services et la fourniture de biens et services.
Pour rappel, la directive 2004/113/CE étend le principe de l'égalité de traitement entre les femmes et les hommes au domaine de l'accès à des biens et services et de la fourniture de biens et services. Elle interdit la discrimination fondée sur le sexe dans l'accès à des biens et services et la fourniture de biens et services offerts au public dans les secteurs public et privé.
Déplorant que la directive ne soit pas appliquée uniformément, les députés ont demandé déliminer les lacunes qui subsistent dans la mise en uvre de la directive dans certains États membres et certains secteurs. En particulier, ils ont suggéré de faire un travail de sensibilisation autour des dispositions de la directive et ont invité les États membres à fournir des recommandations au secteur industriel.
Secteurs des assurances, bancaire et financier : dans larrêt Test-Achats, la Cour de justice a conclu que larticle 5, paragraphe 2, de la directive était contraire à la réalisation de lobjectif dégalité de traitement entre les femmes et les hommes. Cette disposition ayant été jugée invalide avec effet au 21 décembre 2012, les primes et prestations unisexes sont en conséquence obligatoires dans tous les États membres.
Le Parlement a salué la mise en uvre de larrêt par les États membres et le fait que la législation nationale a été modifiée de manière juridiquement contraignante. Il a toutefois souligné la persistance de problèmes par exemple dans les régimes d'assurance maladie, et en lien avec l'élimination totale de la discrimination fondée sur la grossesse et la maternité.
Les députés ont demandé à la Commission de surveiller la mise en uvre correcte et complète de l'arrêt dans tous les États membres afin dassurer que les femmes enceintes ne soient pas confrontées à des coûts plus élevées au seul motif quelles sont enceintes.
Secteur des transports et espaces publics : le Parlement a insisté sur la nécessité de renforcer les mesures préventives contre le harcèlement que subissent fréquemment les femmes dans les moyens de transport. Il a invité la Commission à faciliter léchange de bonnes pratiques dans ce domaine et à faire progresser le processus dadhésion de lUnion européenne à la convention du Conseil de lEurope sur la prévention et la lutte contre la violence à légard des femmes et la violence domestique (convention dIstanbul).
Les députés ont également déploré que les parents et les personnes soccupant denfants en bas âge soient encore confrontés à des obstacles physiques à laccès et à dautres obstacles, tels que laccès insuffisant à des espaces pour changer les bébés dans les locaux des fournisseurs de services.
La Commission est invitée à étudier tous les obstacles et contraintes en matière daccessibilité auxquels sont confrontées les femmes, en tant que principales utilisatrices des transports publics, et en général les personnes soccupant denfants.
L'économie collaborative : la Commission devrait tenir compte des dispositions de la directive afin de garantir légalité de traitement entre les femmes et les hommes et de prévenir le harcèlement dans les services proposés dans le cadre de léconomie collaborative. La tolérance zéro devrait être renforcée dans ce secteur et les plateformes concernées devraient envisager de mettre en place des procédures claires pour permettre aux utilisateurs de signaler des abus.
Différences de traitement : la majeure partie des problèmes examinés et des plaintes reçues par les organismes de promotion de l'égalité dans les États membres concerne les différences de traitement principalement dans le secteur des loisirs et du divertissement. Ils portent notamment sur la justification de l'inégalité de traitement fondée sur la dérogation prévue à l'article 4, paragraphe 5, qui entraîne, par exemple, une tarification différenciée, le refus de fournir certains services et des conditions d'accès différentes pour les hommes et les femmes.
Les députés ont appelé à promouvoir des formes d'action positive dans ce domaine dans les États membres.
Améliorer l'application de la directive : la Commission a recommandé, entre autres :
- de donner la priorité aux problèmes de transposition qui se posent dans les États membres ;
- de garantir des compétences et une indépendance suffisantes ainsi que des ressources aux organismes nationaux de promotion de légalité ;
- daméliorer laccès à la justice pour les victimes de discriminations en donnant aux organismes de promotion de légalité la compétence de proposer une aide et le droit de représenter des individus dans des cas de discriminations présumées;
- daméliorer la collecte de données au sujet du harcèlement dans le domaine de légalité daccès aux biens et service ;
- dexaminer les possibilités de renforcer l'égalité de traitement des hommes et des femmes dans le secteur de la publicité et de promouvoir les meilleures pratiques dans ce domaine.